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EELV : Daniel Cohn-Bendit s’interroge sur le bien-fondé d’une candidature en 2012

EELV : Daniel Cohn-Bendit s'interroge sur le bien-fondé d'une candidature en 2012
Daniel Cohn-Bendit considère que l'obtention d'un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale à l'issue des prochaines élections législatives doit prévaloir sur les élections présidentielles.

« Dany », qui briguait la direction du parti et qui depuis l’échec de sa motion fin mai a décidé de se cantonner à l’eurodéputation, n’en démord pas : à ses yeux, Europe Écologie-Les Verts (EELV) doit prendre ses distances avec les élections présidentielles.

Daniel Cohn-Bendit est au niveau national un observateur attentif, rarement discret – disons même qu’en bon ancien contestataire il ne renâcle jamais à donner son avis, quitte à passer pour le vilain petit canard – et il a repris à l’occasion des journées d’été de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ce qui est devenu une antienne. À tout le moins officiellement, il est le seul haut responsable du parti à douter de la pertinence de la participation d’un écologiste à la course à l’Élysée.

Le risque (il est vrai bien réel) d’un très faible score comme en 2007 mais néanmoins à même de compromettre les desseins socialistes doit selon lui faire réfléchir. Il l’a encore dit hier au micro de nos confrères d’i-Télé, donnant « rendez-vous à tout le monde en février prochain. On verra alors quelle sera la situation politique, quel espace nous avons su conquérir et puis on décidera ». Redoutant un chausse-trappe « façon 21 avril 2002 » et une érosion du vote utile aux conséquences désastreuses pour l’opposition, il considère que l’objectif prioritaire de la formation vert-orange doit être l’obtention d’un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale, ce qui passe nécessairement par un accord avec le Parti socialiste.

« S’il y a une nouvelle majorité, il faut un groupe conséquent. On ne peut pas avoir plus de ministres que de députés. Ça se négocie maintenant », a estimé « Dany », étant entendu que des discussions sont en cours depuis le printemps dernier et qu’une sortie progressive du nucléaire ainsi que l’abrogation de la réforme des retraites – une mesure dont on a cependant pu voir dans la capitale auvergnate qu’elle ne fait pas l’unanimité – seraient a priori deux des conditions indispensables à une entente entre les deux partis dans l’esprit de la direction d’EELV. Autant dire que, pour qu’il puisse y avoir une concorde, le ou la candidate socialiste va devoir mettre la barre à bâbord.

Le net succès d’Eva Joly aux primaires écologistes conjugué à celui d’un candidat plutôt marqué au centre-gauche lors des primaires socialistes pourraient en effet compliquer la donne, la première ayant été élue sur un programme très à gauche, d’aucuns diraient aux accents « mélenchoniens » au moins sur le plan économique.

« Le monde a besoin qu’on apporte des solutions différentes »

Les turbulences boursières et la crise de l’euro semblent toutefois faire le jeu de l’ancienne magistrate, en droit d’interpréter les allégations de M. Cohn-Bendit comme un coup de pied de l’âne, puisqu’elle est actuellement créditée d’environ 5 % des intentions de vote dans les sondages, soit assez pour obtenir le remboursement des frais de campagne. Dans le cas contraire, EELV, qui reste sur un score honorable lors des élections cantonales, se retrouverait dans une situation financière délicate.

La secrétaire nationale Cécile Duflot est néanmoins prête à prendre le risque. « Je ne doute pas de la nécessité d’une candidature écologiste. Si nous sommes absents, qui va répondre aux urgences climatiques et aux urgences socialistes ? Le monde a besoin qu’on apporte des solutions différentes », a-t-elle lancé hier sur France Info. Et d’ajouter : « si personne ne porte la voix des écologistes à l’élection présidentielle, ça signifie que la démocratie est très malade. On ne fait pas de la politique à partir des sondages, on fait de la politique par engagement ».

Des mots empreints de solennité et de passion mais qui échouent à masquer les divisions qui règnent actuellement au sein du parti. Le fait est qu’EELV avance en ordre dispersé, entre partisans et adversaires d’une candidature aux élections présidentielles, défenseurs d’un ratissage au centre et promoteurs d’une campagne à gauche toute. L’absence de Nicolas Hulot aux journées d’été prouve quant à elle que certains feux sont mal éteints, bien que l’intéressé jure n’éprouver aucun ressentiment.

Si le parti n’est pas encore une pétaudière, Eva Joly et ses troupes ont encore du pain sur la planche et vont devoir la jouer fine, avec pour objectifs de parvenir à exister politiquement sans pour autant être le boulet des socialistes. Une vraie gageure.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Heinrich-Böll-Stiftung / Marie-Lan Nguyen
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