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On ne donnait pas cher de sa peau il y a encore quelques semaines. La campagne présidentielle, qui fait la part belle aux considérations liées à l’emploi, a toutefois fait les affaires de Photowatt. Placé en redressement judiciaire en fin d’année dernière, de fait au bord de la faillite, l’ex-fleuron national de l’énergie solaire sera finalement repris par EDF.
Ainsi en a décidé le tribunal de commerce de Vienne (Isère), qui a donc confirmé l’annonce de Nicolas Sarkozy, lequel s’était rendu sur place il y a deux semaines, à la veille de l’annonce de sa candidature à la magistrature suprême. Un joli coup pour le président sortant, toujours devancé par François Hollande dans les sondages, et surtout une immense bouffée d’oxygène pour les 425 derniers salariés de l’entreprise. 355 d’entre eux vont en effet être repris par l’électricien, les 70 autres devant être reclassés après licenciement avec le statut d’agents électriciens dans l’une de ses deux filiales, EDF SA ou ERDF, dans un rayon de 60 kilomètres, a notifié le tribunal.
« C’est une très bonne nouvelle, tant au niveau social qu’économique », a commenté le président du tribunal Pierre Sibut, cité par l’AFP, et qui a également indiqué qu’EDF va investir 75 millions d’euros pour sécuriser le projet industriel, ce « à effet immédiat ». Le chef de l’Etat a-t-il en quelque sorte forcé la main de l’opérateur ? Peu avant son déplacement à Bourgoin-Jallieu (Isère), certains ne se sont en tout cas pas privés de rappeler que l’exploitant est en partie coupable des maux de Photowatt. Evoquons également les allégations de la députée socialiste Geneviève Fioraso, interrogée par nos confrères du Monde il y a une dizaine de jours, et à qui le PDG d’EDF Henri Proglio aurait auparavant assuré que son entreprise n’avait pas vocation à « racheter les canards boîteux ». « On impose à EDF de reprendre Photowatt à deux mois des élections », estime la parlementaire.

Un projet industriel solide reste à définir
Préalable à la mise en place d’un nouveau cadre de développement, jugé dévastateur pour les PME par l’ensemble des acteurs de la filière, et qui s’est effectivement traduit par de nombreuses suppressions d’emplois, le moratoire gouvernemental sur les projets de plus de trois kilowatts crête (KWc) a aussi causé beaucoup de tort à Photowatt, tant et si bien que des membres de l’opposition ont accusé l’Elysée de jouer les pompiers-pyromanes. « Nous avons perdu du jour au lendemain 3 gros clients (Véolia, Voltalia et la Compagnie nationale du Rhône). Cela représentait une commande de 40 mégawatts (MW). On pensait que les projets seraient seulement gelés, mais ils ont fini par être totalement annulés. Si EDF avait validé ces raccordements, on aurait eu du boulot jusqu’en septembre 2012 », déplorait quant à lui dans les colonnes du quotidien, le 10 février dernier, Philippe Miklou, magasinier-cariste et délégué FO de l’entreprise.
Si la décision du tribunal de Vienne augure évidemment d’un avenir moins sombre pour Photowatt, il reste tout de même à bâtir un projet industriel solide, alors que la concurrence chinoise, consistant en des panneaux bon marché, produits en quantités astronomiques mais qui sont loin d’être la panacée en matière d’empreinte écologique, continue de tout dévaster sur son passage. Aux dernières nouvelles, l’Etat souhaitait opposer à la standardisation de l’Empire du Milieu une « excellence technologique française ». Rome ne s’est pas faite en un jour. Il faudra également prendre son mal en patience avant d’assister au rétablissement, d’aucuns parleraient plutôt d’épanouissement, de la filière photovoltaïque hexagonale.

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