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Des restrictions de consommation sur des poissons d’eau douce à cause des PCB

Des restrictions de consommation sur des poissons d'eau douce à cause des PCB
2% des pêcheurs français auraient un taux trop élevé de PCB

Bien qu’interdits depuis 1987, les polychlorobiphényles (PCB) font toujours parler d’eux. Ces produits ont été principalement utilisés pour leurs propriétés d’isolants électriques et de conducteurs thermiques. On a pu les retrouver entre autres dans les micro-ondes, dans des produits de soudure et dans des peintures. Toutefois, un quart de siècle après leur proscription, les rivières sont encore fortement contaminées. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) vient ainsi de préconiser une consommation réduite de poissons d’eau douce fortement contaminés aux PCB.

En 2008, le ministère de la Santé a chargé l’ANSES, en collaboration avec l’Institut de Veille Sanitaire (INVS), de réaliser une enquête sur le taux d’imprégnation des consommateurs de poissons d’eaux douces aux PCB. Elle a porté sur 606 pêcheurs amateurs et 16 pêcheurs professionnels contactés grâce à la Fédération nationale de la pêche en France (FNPF) et au Comité national de la pêche professionnelle en eau douce (CONAPPED). Quatre des zones d’habitation évaluées étaient contaminées, à savoir la Seine, la Somme, le Rhône et le Rhin, la Loire et la Garonne étant de leur côté épargnées. Chaque pêcheur a dû détailler ses habitudes alimentaires et ses pratiques de pêche. Des prélèvements sanguins ont aussi été effectués.

Après plus de trois années de travail, l’étude a prouvé que la consommation de certaines espèces de poissons augmente l’imprégnation des consommateurs. Bien que les niveaux demeurent inférieurs à ce qui a pu être constaté dans les années 1980, l’ANSES a relevé chez 2% des personnes sondées un taux trop élevé de PCB, principalement dans la Somme. Il apparaît en outre que les poissons les plus porteurs de ces produits sont ceux qui l’emmagasinent dans leur gras. Ces espèces dites « bio-accumulatrices » sont les anguilles, les barbeaux, les brèmes, les carpes et les silures. Ce sont elles qui sont désormais principalement visées par les restrictions de consommation. L’Agence encourage même à ne pas manger ces poissons dans les zones les plus fortement contaminées, c’est-à-dire en aval de la Seine et du Rhône.

L’ANSES a aussi pu déterminer la quantité de poissons consommée à ne pas dépasser pour rester en bonne santé. Les femmes en âge de procréer, les femmes enceintes ou en train d’allaiter, les jeunes filles et les adolescents ne doivent ainsi pas en consommer plus d’un tous les deux mois, les autres pouvant en ingérer deux. Rappelons que chez l’enfant, l’exposition à des taux élevés peut entraîner des problèmes de développement neurologique. En général, elle augmente le risque de cancers, de fertilité et de croissance défaillantes.

Les scientifiques en charge de l’étude ont toutefois bon espoir que le taux de PCB diminue dans les années à venir. L’étude va cibler cette année les composés perfluorés et bromés, eux aussi persistants dans nos rivières. Et qui doivent également en disparaître au plus vite.

Crédits photos : flickr - Mondo del Gusto - EAT /Marc de Delley
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