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Des os de vaches pour filtrer les eaux souterraines

Des os de vaches pour filtrer les eaux souterraines
Contenu dans les os, l’hydroxyapatite permet de capter les polluants

En Argentine, des chercheurs de la Commission Nationale de l’Energie Atomique (CNEA) viennent de mettre au point un procédé pour filtrer l’eau à l’aide… d’os de vaches écrasés.

Conceptuelle mais surtout efficace, cette technique permet de débarrasser les eaux souterraines des métaux lourds qu’elles contiennent. Alors que des tests ont révélé que le cadmium, le zinc, le cobalt et l’arsenic pouvaient être capturés facilement, d’autres essais sont en cours pour déterminer la « réceptivité » du manganèse, du fluor et de l’uranium. « Cela ne fonctionne pas comme un tamis car les particules ne sont pas piégées mécaniquement, mais chimiquement », éclaire Javier Gómez del Río, docteur en ingénierie chimique et co-responsable du projet, cité par le site terra.com.ar.

La barrière filtrante est créée à partir d’os de vaches calcinés et broyés. Son principal composant est l’hydroxyapatite, un élément minéral essentiel des os et des dents que l’on obtient par combustion. « Nous avons choisi ce matériau minéral car il possède la propriété d’absorber les polluants. De plus, les os sont faciles à obtenir et sont naturels. Ainsi, nous n’introduisons aucun élément étranger dans l’environnement », assure M. Gómez del Río.


Lorsque la barrière, qui a retenu les polluants, atteint un point de saturation, elle doit être remplacée et est alors considérée comme un déchet dangereux. Mais comme l’explique M. Gómez del Río, elle peut dans certains cas être récupérée, notamment pour l’uranium, lequel « pourrait être extrait et utilisé comme matière première dans le secteur minier. »

Le projet n’en est pour l’heure qu’au stade des essais en laboratoire et nécessite d’être étudié davantage afin de mieux jauger le comportement de l’hydroxyapatite. Ce procédé de traitement des eaux a en tout cas d’ores et déjà deux avantages, étant à la fois très peu coûteux et totalement passif, dixit le co-responsable du projet. Son utilisation est aujourd’hui limitée aux cours d’eau souterrains, dont la lenteur de déplacement – quelques centimètres par jour – est compatible avec la méthode. L’étape suivante consistera en un essai en extérieur. En attendant peut-être un développement du projet à plus grande échelle…

Crédits photos: flickr / likeablerodent - Chris Corwin
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