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Des denrées insoupçonnées possèdent des qualités nutritives exceptionnelles qui en font d’elles véritables compléments alimentaires pouvant aider à lutter contre la malnutrition.
A Tooseng, un petit village implanté dans la province du Limpopo (Afrique du sud), l’ancienne institutrice Mavis Mathabatha possède quinze hectares de moringa oleifera. C’est en 2009 qu’elle commença à ramasser, sécher et moudre les feuilles des premiers arbres qu’elle avait planté pour en faire une poudre qu’elle saupoudra ensuite sur la nourriture de quatre cents enfants de la crèche où elle travaillait à l’époque.
« Les résultats furent immédiats. Certains enfants présentaient des signes de malnutrition, comme des plaies sur leur peau. Ils ont commencé à guérir dès qu’ils ont mangé les feuilles. Le système immunitaire et la concentration des enfants se sont renforcés avec une cuillerée de poudre par jour », a expliqué la directrice de la crèche Elizabeth Serogole. Grâce à cet « arbre miracle » et à une bourse délivrée par le Southern Africa Trust, Mme Mathabatha produit et emballe actuellement plus de 10 000 tonnes de feuilles par an. Celles-ci sont ensuite distribuées dans son village, en Afrique du sud et même dans les pays voisins.

Originaire du nord de l’Inde et utilisé en médecine ayurvédique, une méthode thérapeutique vieille de cinq mille ans, le moringa contient un grand nombre de nutriments. Ses feuilles renferment ainsi autant de calcium que quatre verres de lait, autant de vitamine C que sept oranges, l’équivalent en potassium de trois bananes, quatre fois plus de vitamine A que les carottes et trois fois plus de fer que les épinards.
Des qualités indéniables qui ont valu au moringa le surnom d’ « arbre supermarché ». « Chaque partie du moringa peut être utilisée. Il a des qualités médicinales, thérapeutiques, nutritives et pratiques. Les feuilles ont la réputation de soigner trois cents maladies », souligne Samson Testafy, chercheur au département de science horticole à l’université de Kwazulu Natal (Afrique du sud). Autres avantages : le moringa peut pousser jusqu’à trois mètres par an sans toutefois devenir une espèce invasive, et il s’adapte aux terres désertiques comme il en existe dans le Limpopo.
Au même titre que le moringa, la cabosse de cacao possède elle aussi des facultés remarquables si l’on en croit les travaux de l’Institut de nutrition, d’éducation et de développement (INED). « Les cabosses contiennent d’importantes quantités de vitamines C et A, ainsi que des minéraux essentiels comme le calcium et le magnésium », précise Mercedes Mendoza Albarracin, directrice de l’Institut. Elles peuvent en outre être intégrées à tous les plats grâce à leur goût neutre. Fort d’une production nationale de cacao d’environ quarante-deux milles tonnes, ce qui représente plus de cent mille tonnes de cabosses, le Pérou dispose d’un potentiel énorme de déchets à valoriser. L’utiliser comme complément nutritionnel pour résorber la malnutrition dans les milieux ruraux semble être une excellente voie à suivre.

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