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Déforestation : Greenpeace accable les conseils du cabinet McKinsey

Déforestation : Greenpeace accable les conseils du cabinet McKinsey
Grand drame environnemental de la République démocratique du Congo (RDC), la déforestation serait encouragée à travers les conseils éco-irresponsables du cabinet américain McKinsey

Ce cabinet prestigieux, fondé en 1926, qui compte quatre-vingt-quinze bureaux dans cinquante pays et qui surtout conseille plusieurs pays potentiellement concernés par le mécanisme REDD +, favoriserait en fait la dégradation forestière à l’échelle planétaire…

Louable sur le papier, le partenariat REDD + (Réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation forestière), outil international d’incitation créé pour endiguer le fléau de la déforestation et dont les destinées sont actuellement co-présidées par la France et le Brésil, n’est cependant pas la panacée espérée par les Nations Unies. Rémunérateur pour les pays en développement (PED) qui réussissent à préserver leurs surfaces boisées voire à en accroître la superficie, ce mécanisme pâtit en effet de failles juridiques pointées en fin d’année dernière par l’association Greenpeace dans le cadre d’un rapport sur la conjoncture forestière en Indonésie, failles susceptibles d’offrir aux grandes entreprises la possibilité d’« utiliser des définitions ambigües pour classer des forêts en terres « dégradées » et de les « réhabiliter » en y plantant des palmiers à huile ou des acacias ».

Des carences qui sèment le doute sur les efforts récemment déployés par le conglomérat indonésien Sinar Mas et auxquelles s’ajoute le diagnostic très imparfait établi par Djakarta. Rappelant que le sommet de Cancun (Mexique) s’est entre autres achevé sur « un accord visant à créer un et à alimenter un fonds pour les forêts », Greenpeace, encore elle, a par ailleurs mis en avant les mauvaises recommandations du cabinet McKinsey, le seul à avoir été démarché par la plupart des PED à même d’en bénéficier dans le cadre de la confection de leur dossier. De renommée internationale, ce cabinet « s’est positionné très rapidement comme un consultant de choix sur ce terrain », a décrypté l’ONG dans une étude à charge dans lequel elle déplore que ses conseils « ont tendance à justifier la destruction des forêts, afin de protéger les intérêts de l’industrie, au motif de sa contribution à la croissance économique ».

Un cabinet complètement à côté de la plaque

L’association en veut pour preuve le cas de la République Démocratique du Congo (RDC), objet d’une surveillance satellite depuis quelques mois mais à laquelle « McKinsey propose une augmentation significative de l’exploitation industrielle (!), avec l’octroi de dix millions d’hectares de concessions supplémentaires », le tout à partir d’« erreurs de calcul » et d’« approximations grossières dans la comptabilisation du carbone ». Circonstance aggravante : le cabinet refuserait de dévoiler certaines données essentielles au nom du secret commercial.

Et Greenpeace de tailler un costume à une approche qui « incite à surévaluer les scénarios prévisionnels de déforestation future pouvant conduire à l’attribution de crédits REDD + pour la prévention d’une destruction qui n’aurait probablement pas eu lieu » et qui ne ferait que « peu de cas des spécificités des nations en développement, tenant à peine compte de l’ampleur même des enjeux et difficultés en matière de contrôle, reporting et vérification, de renforcement de capacité et de gouvernance ». La « méthode » McKinsey, qui outre la RDC et l’Indonésie cible également Guyana et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, favoriserait même les acteurs et intérêts responsables de la déforestation : toujours en RDC, « pas moins d’un milliard d’euros seraient alloués à l’industrie de l’huile de palme pour la « relocalisation » de concessions qui n’ont pas encore été octroyées », révèle l’association. Les plans d’action proposés par le cabinet, de surcroît « critiqués par les organismes donateurs pour leur incapacité à répondre aux objectifs fixés », conduiraient enfin à « l’expansion de plantations de monoculture sur des terres agricoles et d’autres zones non-forestières », avec bien sûr des conséquences majeures sur la communauté forestière et la biodiversité.

Un autre élément de nature à souhaiter que McKinsey perde son monopole au plus vite.

Crédits photos : flickr – Wagner T. Cassimiro “Aranha” / Ben Sutherland
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