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Compostage : pour alléger notre poubelle, faisons confiance à la nature

Compostage : pour alléger notre poubelle, faisons confiance à la nature
Ces silos à compostage peuvent être d’un grand secours afin de mieux gérer nos déchets

Le constat est sans appel : nos sacs poubelles sont trop remplis. Alors bien sûr, trier c’est bien, recycler, c’est encore mieux, mais des solutions existent pour alléger considérablement notre volume d’ordures. Une retient tout particulièrement notre attention : le compostage. Simple, pratique, gratuite, cette méthode injustement peu répandue est à même d’améliorer notre vie de tous les jours tout en agissant pour l’environnement.

Les déchets ménagers sont un véritable fléau pour la préservation de la planète. En France, leur quantité a été multipliée par trois en 25 ans. A titre d’indication, une famille française rejette en moyenne 500 kilogrammes de déchets par an. Parmi cette masse colossale, les emballages représentent 30 % du poids total et près de la moitié du volume. Des gestes simples existent pourtant afin d’éviter l’encombrement nos poubelles. Par exemple, lorsqu’on fait ses courses, il est préférable d’avoir son propre panier ou sac en tissu afin d’éviter les sacs plastiques. De la même manière, mieux vaut ne pas acheter des articles à l’unité (comme le riz en sachet unique, les biscuits ou les barres chocolatées en paquet individuels…) : une boîte de café en petites doses utilise dix fois plus d’emballages qu’un paquet pesant 250 grammes ! Enfin, se désaltérer à l’eau du robinet conduit à se débarrasser des bouteilles plastiques. Mais toutes ces astuces concernent exclusivement les déchets non-organiques, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas biodégradables.

Un moyen existe pour à la fois rejeter moins de déchets et également chouchouter son petit potager : le compostage. Certes, le terme décourage, voire pire, effraie le premier venu. Pourtant, nul besoin d’avoir la main verte ; et comme l’indique si bien le fameux proverbe « C’est dans les vieux pots que l’on fait la meilleure confiture ». Remettre ce procédé de nos grands-mères à l’ordre du jour s’impose étant donnée l’urgence. Rendre à la nature ce qui lui appartient tout en contribuant à faire diminuer les montagnes d’ordures amoncelées dans les déchetteries de nos collectivités locales, tel est l’objectif de ce procédé simple comme bonjour qui peut permettre à chaque foyer de diminuer jusqu’à 50 % sa masse de déchets.

Un principe naturel et pétris d’avantage

Une petite leçon de biologie élémentaire, pour commencer. Le compostage, c’est la conversion et la valorisation des matières organiques en un produit stabilisé et réutilisable. Ces dernières sont composées essentiellement d’eau (90% pour les végétaux), de substances carboniques (glucose, amidon, cellulose, lignine, résines), de protéines, de matières grasses (graisses animales ou huiles végétales), de sels minéraux (calcium, magnésium, potassium, sodium, fer), de vitamines, de chlorophylle… Lors du compostage de ces matières nous assistons alors à deux phases : la dégradation puis la maturation.

Dans un premier temps, la dégradation est dite en « aérobie », c’est-à-dire qu’elle se produit à l’air libre dans un espace saturé d’oxygène. Les micro-organismes apparus grâce à l’air et à l’humidité (bactéries, champignons, actinomycètes) et les macro-organismes (vers de terre, larves, cloportes) se mettent alors à transformer lentement les matières organiques, ce qui conduit le compost à mûrir et à s’enrichir en humus (ou terre végétale). Au final, nous obtenons une sorte de terreau entièrement naturel.

Fabriquer son propre compost permet de réduire ses déchets considérablement (de 30 à 50 %) mais aussi de prendre soin de son jardin ou de ses plantes (ce qui évite par la même occasion les engrais pétrochimiques). Le saupoudrer sur les plantations, c’est leur garantir à la fois meilleure croissance et des racines plus fortes grâce aux oligo-éléments qu’il ajoute (fer, manganèse, cuivre, zinc et bore). De surcroît, il optimise la diffusion des éléments nutritifs essentiels pour que les plantes se nourrissent (mieux nourries, les plantes sont plus fortes et résistent considérablement mieux aux maladies). L’eau et les nutriments devenus plus accessibles aux racines, le risque d’érosion est par conséquent jugulé.

Enfin, le compost permet une meilleure qualité des sols. Il garantit leur porosité et leur fertilité et améliore leur rétention d’eau (la matière organique dans le compost absorbe l’eau et la retient : les végétaux sont donc capables de la puiser entre les périodes de pluies et les phases d’arrosage).

Le compostage est donc un procédé totalement écologique : seule la nature est au travail. Par ailleurs, le faire à l’air libre est encore plus responsable. Dans une décharge mal aérée, les matières organiques pourrissent au contact des autres matériaux et cela génère des émissions polluantes.

Quelles sont les matières compostables ?

Dans ma cuisine

La préparation du repas est une des activités qui génère le plus de déchets. Pour y remédier sans perdre de temps, mettez de côté les restes qui serviront à faire votre compost. En premier lieu : les épluchures de légumes, de fruits ou d’agrumes (mais ces dernières se décomposent difficilement). Les coquilles (noix, noisettes, marrons…) mettent un certain temps à se dégrader mais contribuent à l’aération du tas. L’huile et la graisse de fritures usagées, le marc de café dans son filtre, les miettes de pain, les restes de laitage, les croûtes de fromage, les sachets de thé : autant de déchets qu’il est préférable de rendre à la nature plutôt que de les jeter machinalement à la poubelle. Il est possible de rajouter des morceaux de viande mais avec parcimonie, et surtout bien dissimulés sous la masse en décomposition (afin d’éviter un envahissement massif de mouches et d’attirer rongeurs et charognards). Mais attention, certaines matières doivent être réduites en petits morceaux voire écrasées pour être utiles. Il s’agit des coquilles d’œuf, de moules (et d’autres crustacés) ou des os. Ils sont très utiles en raison de leur charge en minéraux.

Dans mon jardin

En plus des bouquets de fleurs fanées, il est tout à fait recommandé d’incorporer les déchets issus du jardinage dans votre mixture. Il est également possible d’y ajouter les tontes de gazon (à condition de les mettre à sécher parce que la pelouse humide ne se décompose pas), les feuilles mortes (si possible broyées à l’aide d’une tondeuse et recouverte avec du compost déjà parvenu à maturité) et les branches coupées (haie, buisson : une nouvelle fois coupées en morceaux si vous en avez la possibilité). Paille, foin, fumier, litières biodégradables d’animaux domestiques, sciure, copeaux de bois : toutes ces matières sont idéales pour parfaire votre préparation à la fin de vos activités de jardinage et de bricolage.

A l’intérieur de la maison

Là encore, les matières compostables foisonnent dans notre intérieur. Cendres du bois utilisé pour la cheminée, papiers essuie-tout, plantes d’intérieur, vieux journaux, serviettes, mouchoirs jetables, cartons, cheveux, poils, plumes : les possibilités sont une nouvelle fois d’une grande variété.

Ce qui est à proscrire formellement

Tout n’est évidemment pas bon à jeter dans votre tas. Votre compostage risque même d’échouer en cas d’introduction de certaines matières qui perturberaient son aération. C’est le cas des résidus de taille de haies ou d’arbres malades, des litières d’animaux qui ne sont pas biodégradables, des sacs d’aspirateur et de leur lot de poussières, des cendres de charbon, des métaux, des matériaux synthétiques, des bouchons de liège. Evidemment, le plastique et le verre sont à bannir tout comme les produits chimiques.

Les différentes manières de composter et quelques conseils

La méthode la plus utilisée et la plus simple est celle dite du « tas ». Il suffit d’aménager un petit coin dans son jardin (à l’ombre), de mettre quelques broyas sur une superficie d’un mètre ou deux (afin d’éviter le pourrissement mais tout en facilitant l’accès des macro-organismes) et de déposer au jour le jour ses déchets organiques (jusqu’à environ un mètre et demi de hauteur). Il faut juste aller le surveiller de temps en temps et le retourner à l’aide d’une fourche pour bien faire circuler l’air, environ tous les mois. Seuls inconvénients : ce n’est pas très esthétique, en cas de gros vents ou de forte pluie cela devient problématique. De surcroît, cela attire les rongeurs.

Sinon, il existe le composteur. Composé de deux silos d’environ un mètre cube, conçu en bois (de préférence) ou en métal, il doit impérativement comporter des ouvertures sur les côtés afin d’aérer les déchets accumulés de manière homogène. C’est d’ailleurs son principal avantage par rapport à la méthode en « tas » : le pourrissement du bas ou l’assèchement du haut de la pile sont évités. Au bout du troisième mois, il faut transvaser le premier bac dans le deuxième.

Si vous vivez en appartement et que par conséquent vous n’avez pas de jardin à votre disposition, il suffit d’acheter un composteur (plusieurs tailles et volumes disponibles) dans une quincaillerie ou dans un magasin de jardinage (seulement ceux labellisés NF-Environnement). Si vous n’avez pas de potager, répartissez-le sur les pots de fleurs ou donnez-le à vos voisins, c’est toujours utile !

Pour réussir son compost, il faut faire de bons mélanges en mêlant des déchets de nature opposée et en les mélangeant à la fréquence indiquée ci-dessus. Par exemple, les déchets carbonés (branches, herbes séchées, sciure, copeaux de bois, écorces, pailles, feuilles…) qui se décomposent très lentement doivent être mélangés avec des matières organiques azotées (résidus de tonte de gazon, restes de cuisine) qui elles se dégradent rapidement. De même pour les déchets humides et les déchets secs : les premiers s’asphyxient à cause de leur trop forte concentration en eau et les seconds ne peuvent se composter sans apport humide.

Enfin, le tout est de savoir quand son compost est fin prêt. Pour ce faire, trois choses basiques à retenir. Un compost arrivé à maturation a une couleur très foncée voire noire (cela dépend en fin de compte des matières organiques utilisées au préalable). Lorsqu’il est encore trop « pâle » ou verdâtre, mieux vaut le laisser reposer encore une semaine ou deux.

De surcroît, c’est bien souvent l’odeur qui indique la fin du processus de compostage. Un petit parfum de forêt se dégage alors du tas confectionné par vos soins. A l’inverse, si vous sentez encore une odeur de légume ou autre, patience, ce n’est pas encore fini. Puis, il ne doit plus rester aucun petit morceau : tout doit être dégradé.

Si nous nous évertuions donc en faisant nos courses à ne pas acheter de produits suremballés ni trop d’articles en portions individuelles, tout en nous initiant aux joies du compostage, notre volume de déchets domestiques annuel serait en chute libre. De gigantesques économies seraient alors réalisées, au niveau du transport des ordures, mais aussi de leur traitement et de leur recyclage.

Redonner de la force à la terre en lui rendant ce que nous lui avons emprunté pour subsister, voilà un bien bel hommage que nous pouvons lui rendre.

Si l’Homme veut bien se comporter, il doit bien composter.

Crédit photo : flickr – solylunafamilia
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