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Cancun, ce temple de l’éco-irresponsabilité

Cancun, ce temple de l'éco-irresponsabilité
A Cancun comme dans nombre de stations touristiques, la carte postale vend du rêve mais la réalité environnementale est nettement moins reluisante

La désignation de la station mexicaine ville-hôte d’une conférence internationale sur le réchauffement climatique est un choix pour le moins discutable. Explications.

Faute de goût ? Erreur de casting ? Ce n’est certes pas comparable avec l’organisation d’un colloque sur le nucléaire à Tchernobyl – jusqu’à présent personne n’a officiellement été assez tordu pour avoir une idée pareille – mais quand même.

Et si on ne pouvait bien sûr pas demander aux dirigeants de la planète de se donner rendez-vous dans le Larzac ou au fin fond d’une forêt costaricienne labellisée FSC (Forest Stewartship Council), il y avait sans aucun doute bien mieux que Cancun (Mexique) pour accueillir un sommet international sur le climat. Pour la symbolique les Nations Unies repasseront.

Bien que cette conférence-ci se soit achevée dans l’incompréhension générale, on préférait le choix de Copenhague (Danemark), plus « propre » avec ses toits green et capitale d’un pays où le développement durable fait depuis longtemps partie du quotidien. Alors certes l’histoire récente a prouvé que le choix du lieu ne fait pas tout, et qui sait si le grand rendez-vous qui s’ouvrira dans dix jours n’accouchera pas d’un ouf de soulagement mondial, mais le fait est que la station balnéaire la plus prisée du Mexique est à l’écologie ce que Benidorm (Espagne) est à la quiétude.

Une situation environnementale désastreuse

Idéalement située, elle est cependant l’une des grandes antres de béton du pays des tortillas, le royaume des méga-hôtels construits au mépris des considérations environnementales et plus largement l’un des hauts-lieux planétaires de ce tourisme de masse qui, par définition, induit le piétinement zélé de tout ce qui ressemble de près ou de loin à du vert.

Bon d’accord, le tableau n’est pas non plus tout noir dans la mesure où le Secrétariat à l’Environnement et aux Ressources naturelles imposera bientôt – il était plus que temps – une nouvelle réglementation destinée à promouvoir le développement durable au sein de l’industrie hôtelière. Il reste néanmoins énormément à faire pour que les autorités locales puissent se permettre de se frotter les mains. La gestion des décharges publiques est par exemple une véritable catastrophe.

À leur corps défendant le passage des ouragans Wilma en 2005 et Ida l’an passé ont réduit à peau de chagrin le volume de sable des plages, passé en deux gros coups de vent de neuf millions de mètres cubes à seulement sept cent mille (!) De fait il a fallu faire venir du grain de plages épargnées, ce qui a évidemment généré d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES), en plus de représenter un investissement total de quelque quatre-vingt millions de dollars (environ cinquante-huit millions cinq cent mille euros).

Quant aux mangroves, qui jouent un rôle crucial dans la protection des côtes contre les ouragans et l’érosion, elles sont quasiment portées disparues. Leur retour passe à la fois par une meilleure gestion des eaux usées, un coup de pouce aux énergies renouvelables et surtout une interdiction de construire dans les zones où elles tenaient jadis le haut du pavé qui ne sont en tout état de cause pas encore arrivés jusqu’au cerveau des pouvoirs publics. Ces considérations purement locales seront balayées dès l’arrivée des délégations internationales sur les côtes caribéennes. Reste que débattre de la hausse mondiale des températures dans une ville qui lui accorde une importance modérée, pour ne pas dire plus, fait franchement tâche.

Crédits photos : flickr / PriceTravel Mexico – Olivier Bruchez
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