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Brésil : Chevron sur le banc des accusés à la suite d’une marée noire

Brésil : Chevron sur le banc des accusés à la suite d'une marée noire
Une marée noire dont la gravité reste à déterminer touche actuellement la baie de Campos, à trois cent soixante-dix kilomètres au large des côtes de l'État de Rio (Brésil)

Il en est un qui bombait le torse et qui fait sans doute profil bas désormais. (Trop) sûr de son fait, le vice-président de Chevron pour la zone Atlantique Mark McLeod avait, en juin 2010, cru bon d’affirmer « que tous les puits pétroliers peuvent être forés sans risque ». Il s’exprimait au sujet d’un puits d’exploration situé à près de deux mille six-cents mètres de profondeur dans le bassin Orphan, au large de Terre-Neuve (Canada), et assurait que l’entreprise américaine « (n’avait) pas besoin d’aide », opposant ainsi une fin de non-recevoir aux régulateurs canadiens qui plaidaient pour l’adoption de nouvelles mesures de sécurité autour des opérations de prospection dans la région.

Dix-sept mois plus tard, on peut se demander si Chevron a fait de ce cas précis une généralité, alors qu’une importante fuite est survenue début novembre sur un puits en cours de perforation dans la baie de Campos, à trois cent soixante-dix kilomètres des côtes de l’État de Rio (Brésil). Il en a découlé une marée noire qui pourrait avoir été grandement sous-estimée par les responsables de la société, lesquels ont parlé d’une propagation d’hydrocarbures équivalant à trois cent-trente barils par jour tandis que l’organisation environnementale Skytruth a, sur la base d’images satellites, évoqué un déversement quotidien dix fois plus conséquent de cent cinquante-sept mille gallons (environ cinq cent quatre-vingt-quinze mille litres).

Un écart considérable et dommageable pour l’image déjà écornée d’une entreprise qui soutient que l’écoulement a été provoqué par une fracture du processus de stabilisation du puits et à laquelle les pouvoirs publics brésiliens n’entendent faire aucun cadeau. La Police fédérale a en effet lancé une enquête pour déterminer les causes et la taille de cette pollution, le ministre de l’Énergie Edison Lobao ayant quant à lui prévenu que des sanctions sévères seront prises si celle-ci révèle que Chevron a failli à ses responsabilités.

« Nous allons demander une compensation pour (les dégâts perpétrés sur) les oiseaux, les dauphins et les pêcheurs », a de son côté indiqué le secrétaire à l’Environnement de l’État de Rio Carlos Minc, sachant que l’Institut brésilien de l’environnement (IBAMA) a déjà infligé une amende de cinquante millions de reis (vingt-millions d’euros) au pétrolier. S’achemine-t-on vers un nouveau Deepwater Horizon, celui-ci dans l’Atlantique sud ? Les populations concernées ne sont en tout cas pas moins indignées. Leur colère est il vrai tout ce qu’il y a de plus légitime. Dans la mesure où la quasi-totalité de la production pétrolière nationale est offshore et où le nombre d’incidents sur les plate-formes est en augmentation, leurs inquiétudes, elles, sont on ne peut plus fondées.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Agência Brasil
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