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BP compte bien faire abstraction de la situation politique en Libye

BP compte bien faire abstraction de la situation politique en Libye
Kadhafi ou non, BP n'interrompra pas les travaux d'exploration entamés le mois dernier au large des côtes libyennes

Le vote hier soir d’une résolution onusienne autorisant une intervention militaire internationale pour protéger la population des attaques du régime du colonel Kadhafi, une position défendue bec et ongle par la France et la Grande-Bretagne, va faire des heureux : les rebelles, qui ne cessent de perdre du terrain depuis une dizaine de jours. Le dictateur libyen a promis « l’enfer » à ceux qui s’attaqueraient à son pays mais devra se battre comme jamais il n’avait eu à le faire jusqu’ici pour en conserver la mainmise. Les très fortes tensions en Libye ne changent cependant absolument rien pour le groupe pétrolier BP.

La multinationale la plus détestée du monde depuis l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon en avril dernier a obtenu l’autorisation de forer au large des côtes libyennes dans des circonstances troubles. De fortes présomptions demeurent en effet sur son rôle dans la libération très controversée du terroriste Abdelbaset al-Megrahi, commanditaire de l’attentat de Lockerbie. Un coup de pouce qui pourrait expliquer l’obtention des contrats pétroliers, particulièrement juteux.

Ceux-ci sont bien sûr mal accueillis par les écologistes, qui rappellent régulièrement et à juste titre que la Méditerranée est l’une des mers les plus polluées au monde. Une mer perpétuellement souillée à cause du tourisme de masse, et qui est déjà potentiellement menacée au nord par les velléités exploratrices de la société britannique Melrose Resources - velléités approuvées par l’ex-ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo – et à l’est par la découverte récente d’importants gisements de gaz.

Des sites protégés pourraient être menacés

Quand bien même BP a assuré avoir tiré des enseignements de la dramatique marée noire de l’an dernier, cette implantation fracassante en Méditerranée méridionale est un autre mauvais signal, d’autant que les forages (qui ont pris du retard par rapport au  calendrier originel) s’effectueront deux cents mètres plus en profondeur que ceux réalisés dans le Golfe du Mexique. Ils seront par ailleurs menés non loin de la cité portuaire d’Apollonia, située à cinq mètres en-dessous du niveau de la mer, et de deux sites inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Qu’à cela ne tienne : décidément fort peu soucieuse de son image, l’entreprise britannique a tenu à rappeler hier que l’accord scellé avec la Libya’s National Oil Corporation (NOC) n’était pas remis en cause, pas plus que les travaux d’exploration qui ont débuté le mois dernier. « Pour le moment, nous n’avons qu’à attendre et à regarder. Nous avons un contrat et jusqu’à preuve du contraire il est toujours d’actualité », a déclaré l’un de ses porte-parole.

De son côté, le président de la NOC Shokri Ghanem avait fait savoir mercredi que les contrats signés par Tripoli avec les groupes pétroliers occidentaux allaient être respectés. Business as usual. Déboulonnement ou non de la statue d’un tyran.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Maher27777 / Jona Lendering
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  • fredred

    Voilà une belle société sans foi ni loi !