Barack Obama et le changement climatique, une histoire tourmentée

Présenté par Allianz
Barack Obama et le changement climatique, une histoire tourmentée
Barack Obama n'a pas renoncé au projet de pipeline Keystone XL, sur lequel il statuera après son éventuelle réélection

La hausse du thermomètre mondial est une vue de l’esprit du point de vue des républicains, qui envers et contre tout bon sens écologique et même économique persistent à écarter les énergies renouvelables de leur réflexion. Le chef de l’exécutif américain, qui a vu sa marge de manoeuvre fortement réduite à la suite des élections de mi-mandat et est candidat à sa propre succession, a tenté pour sa part de justifier l’exclusion du dérèglement climatique du champ politique dans une interview accordée à nos confrères du magazine Rolling Stone.

Tenter d’imposer ses vues écologiques dans un pays qui n’a pas de vraie tradition en matière de respect de l’environnement n’est pas chose aisée. Barack Obama a pu le constater à maintes reprises durant son quadriennat et plus particulièrement au cours de la seconde partie de sa présidence. Redevenus majoritaires à la Chambre des Représentants à l’issue des élections de mi-mandat, fin 2010, les républicains se sont en effet attachés depuis à court-circuiter tous ses plans « verts ».

Loi énergie-climat, subventions accordées à l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA), marché carbone : tout ou presque a été broyé ou a minima « réduit à la cuisson », tandis que les thèses climato-sceptiques progressaient au sein de l’opinion publique et que les conséquences de la crise économique mondiale se faisaient de plus en plus sentir. Le locataire de la Maison Blanche s’est résolu à faire de la lutte contre cette maudite crise la priorité absolue de son action politique, quitte à renoncer à ses objectifs environnementaux originels (lesquels avaient il est vrai peu de chances d’être atteints à partir du moment où les dogmes républicains retrouvaient grâce aux yeux des électeurs). Et pour cause : en ces temps difficiles, et tandis que le chômage a atteint des proportions très inhabituelles outre-Atlantique, « la priorité numéro un des gens est de trouver un emploi [...] Dans ce contexte, il a été facile de l’autre côté d’investir des millions de dollars dans une campagne visant à discréditer la science du changement climatique ».

Le chef de l’exécutif américain n’est cependant pas exempt de tous reproches sur ce dossier, lui qui n’a par exemple daigné aborder ni l’augmentation des températures, ni celle des émissions de gaz à effet de serre lors de son dernier discours sur l’État de l’Union. Moyennant quoi, il s’est en quelque sorte « aligné » sur ses rivaux – même si, pour des raisons d’abord économiques, les emplois verts ont eu droit à ses faveurs officielles.

Les mutations climatiques sont aujourd’hui exclues des discours présidentiels, mais cette situation serait fort heureusement temporaire si l’on en croit les propos que l’intéressé a tenus à nos confrères. D’après Barack Obama, le changement climatique pourrait en effet être davantage évoqué au fil de la campagne, ce malgré le peu de considération – pour ne pas dire plus – que lui accordent des millions de ses concitoyens. « Je prédis que, durant les six prochains mois, il deviendra un thème de la campagne. Je serai alors très clair en affirmant ma conviction selon laquelle nous aurons à prendre de nouvelles dispositions pour faire face au réchauffement climatique de façon sérieuse », a-t-il précisé.

Quel avenir pour le projet de pipeline Keystone XL ?

Le président américain est par ailleurs revenu sur le projet de pipeline Keystone XL, ardemment soutenu par le parti républicain, auquel les écologistes se sont a contrario opposés et sur lequel il a choisi de statuer après son éventuelle réélection. Celui-ci n’est pas encore enterré, comme il l’a sous-entendu en affirmant que son hypothétique adoption ne serait pas nécessairement synonyme de « game over » pour la planète.

La reprise des forages offshore dans le Golfe du Mexique l’avait déjà montré : quoi qu’il advienne, Barack Obama aura peiné tout au long de son mandat à se défaire du joug des énergies fossiles, indépendamment du soutien financier accordé à leurs homologues renouvelables, le solaire en particulier. Si d’aventure il devait être reconduit à la tête des États-Unis, aura-t-il le courage politique de renoncer à ce projet synonyme de milliers d’emplois, mais dont l’impact environnemental reste flou à l’heure où nous écrivons ces lignes ?

De même, quelle position l’Oncle Sam adoptera-t-il durant le sommet Rio+20, sachant que le successeur de George W. Bush s’était attiré les foudres de pléthore de défenseurs de l’environnement à l’issue du sommet de Copenhague (Danemark) fin 2009, pour avoir en quelque sorte « monnayé » sa réforme du système de santé en échange d’un manque d’audace climatique criant ? Deuxième pollueur de la planète, les États-Unis prendront-ils enfin leurs responsabilités écologiques à l’échelle mondiale, eux qui n’ont jamais signé le protocole de Kyoto et n’ont pas institué nationalement le principe de « pollueur-payeur » ?

Malgré un slogan de campagne porteur d’immenses attentes, il est des éléments contre lesquels la Maison Blanche n’a pu lutter, l’indifférence de millions d’Américains aux thématiques environnementales et l’opiniâtreté des républicains à torpiller ses velléités écologiques en particulier. Un peu plus de trois ans après son investiture, le chef de l’exécutif américain n’a pas été le fer de lance de la lutte contre le réchauffement climatique que ses compatriotes sensibilisés étaient en droit d’espérer. Il lui reste quelques mois pour essayer de rectifier le tir et soigner sa place dans l’Histoire.

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Cet article vous a été proposé par Allianz, leader européen de l’assurance et des services financiers, en partenariat avec zegreenweb. Pour en savoir davantage sur les engagements d’Allianz en matière de développement durable, nous vous invitons à visiter le site http://www.allianz-nos-engagements-durables.fr.

Crédits photos : Wikimedia Commons / Pete Souza - chesapeakeclimate
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