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Aux Etats-Unis, la fracturation hydraulique commence à être montrée du doigt

Aux Etats-Unis, la fracturation hydraulique commence à être montrée du doigt
L’exploitation des gaz de schiste doit être mieux encadrée, estiment certains experts américains

Interdite en France depuis l’an dernier, objet d’un moratoire en Bulgarie, à chaque fois au nom de la protection de l’environnement et des populations, la fracturation hydraulique, toujours autorisée de l’autre côté de l’Atlantique, est dans le viseur de certains scientifiques américains.

Quels sont les produits chimiques et autres substances toxiques qui entrent dans le processus de fabrication de ce liquide explosif dans tous les sens du terme ? Quelles sont les proportions ? Les industriels se sont employés à garder le secret, sans doute parce que connaître le fin mot de l’histoire déclencherait une polémique sans précédent, mais ont petit à petit dû se résoudre à révéler certains ingrédients. Impossible toutefois d’empêcher le doute de s’instiller et l’attribution de multiples dommages environnementaux à l’exploitation des gaz de schiste.

Pollution des nappes phréatiques et des cours d’eau, augmentation des niveaux de radioactivité en Pennsylvanie, contamination au méthane de puits artésiens au nord des Etats-Unis et au Canada, où la méthode fait de plus en plus jaser, regain de l’activité tellurique dans l’Arkansas. Liste non-exhaustive mais déjà accablante. Assez pour que des spécialistes tapent du poing sur la table, opposant aux appétences des pétroliers et aux velléités de rentabilité et d’indépendance énergétiques des pouvoirs publics des arguments écologiques et sanitaires couchés sur la pellicule dans le documentaire Gasland mais qui n’ont cependant pas fait mouche jusqu’ici.

Leur appel à une réglementation plus stricte pour réduire les risques peut-il être entendu ? Probablement pas si un républicain succède à Barack Obama à la Maison Blanche. Peut-être si le successeur de George W. Bush reste aux manettes, même si le chef de l’exécutif américain n’a jusqu’ici pas bougé le petit doigt sur ce dossier, la faute sans doute aux pressions exercées par les lobbies de l’énergie fossile, qui disposent d’un immense pouvoir de nuisance aux Etats-Unis.

Accumulation de médias et de reportages à charge

Appelant les régulateurs à constater par eux-mêmes la pollution de certaines nappes aquifères et à un encadrement plus rigoureux pour prévenir les accidents, déversements de substances toxiques, fuites souterraines et autres explosions de gaz, l’Institut de l’Energie de l’Université d’Austin (Texas), tout en concédant un manque de preuves, a financé une étude d’impacts indépendante. Celle-ci a été rédigée par des experts universitaires spécialisés dans plusieurs disciplines (communication, droit de l’environnement, géologie etc.) et a surtout consisté en des évaluations sur le terrain en Louisiane, en Pennsylvanie et au Texas. Autant d’Etats où des évolutions au minimum suspectes ont été constatées.

Si les hydrocarbures de roche-mère sont « essentielles pour la sécurité énergétique des Etats-Unis et du monde », la finalité est claire : concevoir une base solide pour élaborer des règles et des réglementations adaptées, sachant que nombre d’entre elles ont été écrites avant que l’exploitation des gaz de schiste ait atteint son degré actuel de développement (NDLR : la production a quintuplé aux Etats-Unis entre 2006 et 2010 et l’exploitation des gaz de schiste devrait représenter près de la moitié du gaz naturel américain d’ici 2035). Certains Etats ont depuis procédé à des réajustements, modifiant par exemple le cadre législatif entourant la gestion des eaux usées, mais il reste des lacunes en ce qui concerne la régulation de tubage de puits et la cimentation ou encore le stockage et l’élimination des déchets.

Les chercheurs se sont enfin intéressés à la perception médiatique et ont constaté que près des deux tiers des médias nationaux et locaux jugent négativement le développement des gaz de schiste. Les télévisions locales sont encore plus sévères, avec 70 % de reportages à charge et… 3 % de jugements positifs.

Des pourcentages que les pouvoirs publics devront bien prendre en considération, surtout si certaines suspicions deviennent des preuves irréfutables. Ce qui est tout à fait possible…

Crédits photos : flickr – Marcellus Protest
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