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Antarctique : un accord mondial “historique” permet la création d’un sanctuaire marin

Les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) ont trouvé, vendredi 28 octobre, un consensus rendant possible la création d’un immense sanctuaire marin dans les eaux de l’Antarctique. Cet accord historique, rendu possible grâce à la levée du veto de la Russie, a été conclu en Australie, à Hobart en Tasmanie, après des années de négociations.

Le projet, porté par les États-Unis et la Nouvelle Zélande, vise à créer le plus grand sanctuaire marin du monde dans les eaux immaculées de l’Antarctique. Cette zone maritime protégée de 1,55 million de kilomètres carrés se trouve en mer de Ross, une baie profonde de l’océan austral située entre la terre Marie Byrd et la terre de Victoria, en bordure du continent Antarctique. 1,12 million de kilomètres carrés d’eaux vont notamment être interdis à la pêche.

“Notre proposition impliquait certaines modifications pour obtenir le soutien unanime des 25 membres de la CCAMLR et l’accord final est un compromis entre la protection marine, la pêche durable et les intérêts scientifiques”, a expliqué Murray McCully, ministre néo-zélandais des Affaires étrangères.

Le choix de la mer de Ross n’est pas anodin et s’avère des plus symbolique face à enjeux environnementaux actuels : il s’agit en effet d’une aire surnommée “le dernier océan”. Cette baie est en effet considérée par les scientifiques comme le dernier écosystème marin intact de la planète. La surpêche, les espèces invasives et la pollution n’auraient pas encore touchés cette zone marine.

La CCAMLR, qui est entrée en vigueur en 1982 dans le cadre du Système du traité sur l’Antarctique, a pour objectif de favoriser la conservation des ressources marines qui vivent dans les eaux du continent blanc. Les négociations relatives à la création de gigantesques aires marines protégées étaient cependant au point mort depuis 2011. L’intérêt de Pékin au projet de sanctuaire marin en 2015 et l’élan donné par la politique de Barack Obama, qui a annoncé le quadruplement de la superficie de la réserve marine de Papahanaumokuakea à Hawaï, ont cependant permis aux États membres de débuter la réunion annuelle avec optimisme.

Il ne restait plus qu’à convaincre le gouvernement russe, notamment réticent en raison des restrictions de pêche qu’implique le projet du CCAMLR. La mobilisation du secrétaire d’État américain John Kerry ainsi que l’intérêt croissant de la Russie pour l’environnement ont finalement permis d’atteindre un consensus.

“Cette décision est historique car c’est la première fois que des nations acceptent de protéger une gigantesque portion d’océan au-delà des juridictions nationales”, s’est félicité Andrea Kavanagh, chargée de l’Antarctique au sein de la puissante organisation américaine de lobbying Pew Charitable Trusts.

“La famille Ross est euphorique à l’idée que l’héritage familial soit ainsi honoré l’année qui marque le 175ème anniversaire de la découverte de la mer de Ross par James 1er, grâce aux individus et organisations qui ont donné leur cœur et leur âme à la campagne pour sa protection“, s’est de son côté réjouit Phillipa Ross, descendante directe de l’explorateur.

La CCAMLR n’est en revanche pas parvenue à trouver un terrain d’entente sur un deuxième projet porté par la France et l’Australie, et qui vise à protéger une zone maritime d’un million de kilomètres carrés dans les eaux de la partie est de l’Antarctique.

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