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Salon de l’Agriculture : McDonald’s envoie la sauce verte

Salon de l'Agriculture : McDonald's envoie la sauce verte
Les vaches et autres animaux de basse-cour n'ont pas le monopole du Salon de l'Agriculture. McDonald's y représente la restauration rapide depuis 2001, avec l'ambition d'être une référence en matière d'éco-responsabilité

Au royaume de la bonne bouffe, la chaîne de restauration rapide est la reine.

Situé Hall 1, son stand est l’une des grandes attractions de cette édition 2011, marquée par la campagne polémique de France Nature Environnement, lancée quelques jours avant l’inauguration du Salon mais qui fait beaucoup parler d’elle dans les allées. L’initiative a embarrassé la RATP et a surtout  incommodé Nicolas Sarkozy, lequel a emboîté le pas du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire en la condamnant fermement. Un an après son retentissant « l’environnement, ça commence à bien faire », véritable coup de poignard pour les écologistes, force est de reconnaître que le chef de l’État n’a pas son pareil pour se muer en défenseur zélé du secteur primaire une fois celui-ci revenu (et ses controverses avec lui) sous le feu des projecteurs médiatiques.

Producteur de fraises et de tomates, Franck Figuet garde le sourire mais n’en est pas moins indigné lui aussi : « ces gens-là ne sont manifestement pas allés sur le terrain voir les efforts que nous avons fait. Ne leur en déplaise nous avons réalisé de réels progrès depuis cinq ou dix ans. Cette campagne nous a également choqués ». Et sa femme de conclure : « la filière n’avait pas besoin de ça ».

La Confédération paysanne est plus nuancée, l’un de ses portes-parole Philippe Collin nous ayant confié ne pas comprendre que cette campagne soit ressentie par les paysans comme « une agression personnelle » dans la mesure où « ce sont des modes de production qui sont en cause ». « C’est une perception, c’est un thermomètre. Faut-il le casser parce que la température ne nous convient pas ? », s’interroge-t-il. La question mérite en effet d’être posée, et le débat d’exister.

« Nous agissons au quotidien depuis longtemps »

À distance respectable de cette bataille, la direction de McDonald’s France a profité du Salon pour déclencher une redoutable opération com’ destinée à tordre le cou à cette idée reçue selon laquelle le géant du hamburger est l’un des cancres de la classe verte. Comme pléthore de multinationales, et malgré la quantité phénoménale de rejets carbone que génère le transport des produits (NDLR : la moitié environ de la viande proposée dans les restaurants français est importée de l’étranger et les jouets vendus dans les Happy Meals sont made in China), il nourrit des ambitions en matière de politique environnementale, l’ensemble de ses fournisseurs soutiennent sa démarche et il était temps de le faire savoir au grand public. « Environ cent cinquante « bonnes pratiques » pour un mieux-disant environnemental ont été définies », précise son PDG Jean-Pierre Petit dans les colonnes du supplément communication du JDD que la chaîne a préparé pour l’occasion (l’histoire ne dit pas s’il a été imprimé sur du papier recyclé).

La majorité des consommateurs l’ignoraient sans doute, mais McDonald’s France « (réalise) un bilan carbone dans l’ensemble de (ses) restaurants depuis 2005 ». Qu’il s’agisse d’économies d’énergie, de recyclage des déchets, de transformation des huiles de cuisson, (le groupe agit) au quotidien depuis longtemps, et dans (sa) démarche globale de développement durable, (il vise) une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur l’ensemble de (son) périmètre (NDLR : 60 % au niveau des restaurants) », conclut M. Petit.

Ainsi la chaîne s’est-elle fixée, à l’image d’autres piliers du secteur de l’alimentation, des défis « grenelliens » qui, si l’on s’en réfère aux nombreuses bornes explicatives installées sur son stand, ont de fortes chances d’être atteints. Réduction de l’utilisation des engrais, diminution de la consommation énergétique, traçabilité sur l’alimentation des poulets : tout a été décrypté pour que chaque public soit sensibilisé aux enjeux.

Les fournisseurs dans la boucle

Les partenaires aussi font leur « coming out green », en particulier McKey, fournisseur des steaks hachés, qui a réduit sa consommation d’eau de 12 % entre 2000 et 2010 et sa consommation d’énergie par tonne de produit fabriqué de 31 % lors de la décennie écoulée, en plus de recycler et de valoriser la quasi-totalité des déchets produits à l’usine. L’entreprise Cargill, à qui l’on doit les fameux Chicken McNuggets, n’est pas en reste, elle qui a diminué sa consommation d’eau fraîche de plus de 45 % par tonne de produit fini entre 2006 et 2010.

Le groupe McDonald’s et ses séides sont-ils des résistants de la dernière heure aux fléaux écologiques ? Si l’accusation de greenwashing est a priori tentante et qu’on peut regretter son silence sur l’huile de palme, la référence du burger a tout de même jeté les bases de sa stratégie de réduction des emballages et d’utilisation de matériaux recyclages et recyclés dès 1992, deux ans avant de mettre en place son plan de ramassage des déchets autour des restaurants et huit ans avant d’instaurer une filière de collecte des cartons. Le plan Énergie, lui, a été initié en 2007. Le logiciel EcoProgress, qui mesure les émissions mensuelles d’un restaurant et les progrès accomplis, est sa clef de voûte. « Il est le coeur du système pour mieux gérer nos consommations », corrobore Delphine Smagghe, directrice Environnement et Développement durable de McDonald’s France, selon laquelle EcoProgress a permis d’impliquer la totalité des points de vente.

Du tri des déchets à l’installation de pompes à chaleur et de panneaux photovoltaïques en passant par la généralisation des ampoules basse consommation et urinoirs sans eau, le groupe a consenti de réels efforts, à défaut d’avoir franchi le pas du sandwich bio et de pouvoir incarner un jour une alimentation saine et locale. Toute la chaîne de production est aujourd’hui fédérée autour de trois constantes qui apparaissent comme d’impérieuses nécessités : « identifier des pratiques plus respectueuses de l’environnement », « tester des pratiques agricoles nouvelles et innovantes sur des fermes et des parcelles pilotes » et « promouvoir les bonnes pratiques auprès d’autres agriculteurs ».

Même si le modèle agricole actuel est loin d’offrir toutes les garanties nécessaires sur le plan écologique, comme est venu judicieusement le rappeler le WWF, ces objectifs-ci sont loin d’être inaccessibles. Présent au Salon de l’Agriculture depuis 2001, McDonald’s a voulu frapper fort cette année et démontrer son implication croissante dans le développement durable. Pour redorer son image et parce que la conjoncture agricole est telle que l’inaction dans ce domaine n’a plus lieu d’être.

Crédits photos : flickr - Damouns / Maarten Dirkse – Wikimedia Commons - Mckroes
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  • vtourisme

    On commence à s’éloigner d’un comportement 100% greenwashing !

  • pierre d

    C’est vrai qu’on s’en éloigne, mais on sen t quand même que c’est pas encore ça…