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L’Inra dessine le nouveau visage des cultures et des forêts

L’Inra dessine le nouveau visage des cultures et des forêts
Le changement climatique a déjà perturbé le calendrier agricole. Les arbres fruitiers fleurissent en effet de plus en plus tôt

Fruit d’une étude menée durant trois ans, les premiers résultats du projet Climator ont été présentés par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) lors d’un colloque qui s’est tenu jeudi et vendredi dernier. Synthétisés dans un Livre vert édité en collaboration avec l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), ils établissent des projections sur l’évolution des systèmes agricoles et forestiers en fonction des bouleversements climatiques.

Dépérissement des forêts, vins de moins bonne qualité, baisse des rendements de maïs alors que le blé poussera abondamment dans le nord : le changement climatique est en train de bouleverser le paysage agricole français.

Selon les premiers résultats de l’étude, « la hausse des températures, la modification de la pluviométrie et l’augmentation de la concentration de C02 dans l’atmosphère, autant de phénomènes au cœur des variations climatiques, sont susceptibles de modifier la productivité des cultures et des forêts, et par la suite l’occupation des sols ». Le tableau peint par l’INRA n’est cependant pas tout noir dans la mesure où il n’évoque ni dégradation ni amélioration généralisée à l’ensemble du territoire de l’Hexagone.

« Des évolutions déjà perceptibles dans les calendriers agricoles »

Le changement climatique a cependant déjà commencé à se faire sentir. L’INRA mentionne en effet « des évolutions déjà perceptibles dans les calendriers agricoles ». Les arbres fruitiers fleurissent par exemple plus tôt, les vendanges arrivent elle aussi en avance et les rendements du blé stagnent.

Tous les sols français ne sont toutefois pas logés à la même enseigne et les premiers résultats de Climator dévoilent « une grande spécificité des sites (NDLR : 13 ont été étudiés) dans leur réponse au climat ». Ainsi « le changement climatique se traduira […] par une diminution des précipitations surtout au printemps et en été, et dans le Sud-ouest ». Les cultures estivales comme le maïs, le sorgho ou le tournesol risqueraient à terme de déserter le sud de la France pour gagner des terres plus propices dans le nord et en moyenne montagne. De même les variations du climat pourraient étendre la zone de production des vignes tout en modifiant les cépages. Reste qu’indépendamment de ces évolutions ciblées toutes les régions de France devront faire face ensemble aux évolutions de facteurs essentiels pour la culture et la santé des systèmes agricole et forestier comme la diminution des ressources en eau (NDLR : baisse de l’alimentation des nappes phréatiques) ou de la modification de la croissance des plantes.

Un avenir en demi-teinte

Contrairement aux idées reçues, le changement climatique ne détruira cependant pas ces écosystèmes. Il pourrait même favoriser la culture de certaines plantations d’hiver et des céréales en leur permettant « d’échapper, en partie, aux stress hydrique et thermique », précise le rapport. La hausse de la quantité de carbone contenu dans l’atmosphère pourrait également s’imposer comme un excellent engrais pour le blé et les prairies alors que les épisodes de gel automnal seront de moins en moins fréquents. De quoi rendre certaines cultures, notamment le colza, encore plus abondantes qu’aujourd’hui.

« La situation la plus préoccupante est sans doute celle du maïs […] dans le Sud-ouest qui, même avec une augmentation de l’irrigation, verra son rendement diminuer à cause du raccourcissement de son cycle », tempère l’INRA. Ce manque pourra être compensé par le recours à d’autres variétés plus gourmandes en eau mais aux dépens des nappes phréatiques dont le niveau baisse inéluctablement. Les fourragers estivaux, le sorgho mais aussi le pin maritime souffriront aussi de la hausse des températures et verront leur productivité décliner. L’INRA redoute par ailleurs un renforcement de la « vulnérabilité de l’ensemble de nos forêts (feuillus et conifères) voire même un dépérissement » ainsi qu’un impact du réchauffement climatique sur le raisin qui devrait altérer la qualité des vins français.

Une étude, empreinte d’incertitudes

Pour mener à bien le projet Climator, les scientifiques ont dû appréhender la diversité du climat français tout en développant des perceptives d’avenir. Treize sites répartis sur le territoire de l’Hexagone, dont un en moyenne montagne et un autre dans les DOM-TOM (NDLR : Avignon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Colmar, Dijon, Lusignan, Mirecourt, Mons, Rennes, Saint-Etienne, Toulouse, Versailles et la Guadeloupe) ont fait l’objet de simulations climatiques inspirées du dernier rapport d’évaluation du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) et qui ont été couplées à des évolutions démographiques et économiques. Si l’après 2050 demeure incertain, les prévisions à court et moyen terme sont a priori beaucoup sûres et doivent être prises en compte « pour adapter les systèmes agricoles », estime l’INRA.

Grâce à cette étude, l’institut souhaite inciter les acteurs agricoles et forestiers à faire face à ces changements. Reste à tous ceux qui sont en position de le faire de s’attaquer aussi aux causes de la hausse des températures.

Crédit photo : Flickr – ken Lund
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