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A la suite d’une campagne de Greenpeace dénonçant l’utilisation par Nestlé d’huile de palme issue de la déforestation dans des produits comme Kit Kat, le géant de l’agro-alimentaire a annoncé le 17 mai qu’il n’utiliserait plus de denrées issues de la destruction de la forêt tropicale.
Un revirement soudain provoqué par la mise en ligne, le 17 mars sur You Tube, d’une parodie d’une publicité Kit Kat réalisée par l’ONG. Elle montre un employé de bureau mangeant à sa pause un doigt d’Orang-outan, une espèce menacée par la déforestation massive de la forêt primaire en Indonésie. Le slogan a en outre été détourné - « Give the Orang-outan a break » – , de même que le logo blanc sur fond rouge, rebaptisé « Killer ».
Greenpeace n’a cessé depuis mi-mars demander aux internautes de faire pression sur le groupe agroalimentaire pour qu’il n’utilise plus l’huile de palme de ses sous-traitants qui pratiquent la déforestation illégale, à l’image du géant indonésien Sinar Mas.
Rappelons que l’huile de palme, particulièrement bon marché, est la plus consommée au monde et que la demande est en forte augmentation. On la retrouve dans les cosmétiques ou encore dans l’alimentaire et elle serait même, d’après une étude britannique, présente dans un produit sur dix. L’exploitation des palmiers à huile demande beaucoup d’espace mais elle est très rentable, ce qui a incité les investisseurs de l’agroalimentaire à remplacer la forêt primaire nourricière par la monoculture palmière. Une évolution qui a de lourdes conséquences sur le réchauffement climatique, la biodiversité et le mode de vie des populations locales.
L’activisme écologiste 2.0
La vidéo de Greenpeace a été vue un million cinq cent mille fois en l’espace de quelques jours  et la réaction des internautes sur les blogs et les réseaux sociaux a été immédiate. La page Facebook de Nestlé a ainsi été prise d’assaut par des consommateurs soudain mécontents voire insultants. La réaction jugée « cynique et juvénile » du responsable de la page a fini de mettre le feu aux poudres, et puis le groupe est resté muet, devenu incapable de faire face à l’ampleur de l’événement. Pendant les 2 jours qui ont suivi la mise en ligne de la vidéo, le topic « Nestlé » figurait même dans 40% des tweets (!), et Greenpeace affirme avoir reçu plus de 200 000 lettres de soutien.
Au total sa stratégie axée sur le prosélytisme virtuel aura été payante, l’association ayant pu compter sur le renfort de millions d’internautes qui ont achevé de discréditer la communication de la marque. Gageons maintenant que cette dernière, dont l’image a été passablement écornée, renonce maintenant – et pour de bon – à ses mauvaises habitudes.
Lors de l’assemblée générale de Nestlé à Lausanne mi-avril, deux militants de l’ONG ont enfoncé le clou en faisant irruption par le toit à coups de tronçonneuse avant de descendre sous les yeux d’actionnaires médusés, lestés d’une banderole qui reprenait le slogan de la campagne anti Kit Kat.
Et maintenant HSBC
Littéralement harcelé, le groupe Nestlé a finalement annoncé le 17 mai des engagements concrets pour proposer à ses clients des produits « sans empreinte de déforestation ». Nestlé a donc mis au point un programme qui vise à identifier et à supprimer toutes les sociétés qui ont un rapport avec la déforestation dans sa chaîne d’approvisionnement. L’objectif est d’acheter 50% d’huile de palme labellisée RSPO en 2011 puis 100% d’ici à 2015. Il ne fait cependant pas l’unanimité dans la mesure où ce label autorise l’utilisation de certains herbicides et la destruction de forêts secondaires. « Nous nous réjouissons que Nestlé s’engage à cesser de contribuer à la déforestation »,  a néanmoins commenté Jérôme Frignet, chargé de campagne Forêt pour Greenpeace, lequel a aussi prévenu que l’ONG allait « suivre ce processus de près et faire pression pour que le plan de Nestlé soit mis en Å“uvre rapidement ». Elle envisage parallèlement de s’attaquer à un autre acteur majeur de l’industrie de l’huile de palme, la banque HSBC qui malgré sa politique de crédit jurant les grands dieux de décliner tout ce qui pourrait menacer les forêts tropicale finance indirectement la déforestation en investissant dans Sinar Mas.
Au vu des résultats obtenus par son action contre Nestlé, l’association a de bonnes raisons de penser être capable de faire plier la banque.

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