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Bisphénol A : une tétine dans le pied

Bisphénol A : une tétine dans le pied
Gamme de biberons sans bisphénol A, sans risques et donc encore plus mignons...

Malheur pour les bébés et, par ricochet, pour les centaines de millions de personnes qu’ils ne laissent pas insensibles : en 2008, il est apparu que 90 % des biberons mis sur le marché contiennent du bisphénol A.

Le bisphénol A, ou plus commodément « BPA », est un composé chimique issu de la réaction entre deux équivalents de phénol et un équivalent d’acétone. Le lecteur lambda sans progéniture et pas spécialement au courant des dernières révélations scientifiques n’est pas beaucoup plus avancé, même si on lui signifie que ledit composé est omniprésent dans l’environnement, dans le corps humain et même dans les plastiques alimentaires (biberons, récipients en plastique, revêtements de boîtes de conserve).

De possibles risques pour la santé

Alors il faut lui dire, il faut lui dire en tâchant d’y mettre les formes et en dramatisant le moins possible que des rapports très sérieux de spécialistes qui le sont tout autant ont révélé qu’un taux urinaire élevé de ce xenoestrogène peut provoquer chez l’homme, entre autres conséquences sympathiques, l’obésité, le diabète, des anomalies de fonctionnement du pancréas et de la thyroïde ou encore une diminution du taux et de la qualité des spermatozoïdes. Plus troublant encore, le Réseau environnement santé (RES) a établi des liens entre « BPA » et cancer du sein, cancer de la prostate et troubles du comportement. Enfin, d’autres études a priori tout aussi recevables ont démontré les risques du bisphénol A sur le développement des foetus et des nouveaux-nés. Comme on le dit familièrement, ça calme.

La majorité des rapports publiés ces dernières décennies se prononçaient pour l’innocuité, et après avoir financé quelques études ça et là l’industrie du plastique a longtemps nié, mais aujourd’hui il est devenu impossible d’écarter formellement l’hypothèse d’un « BPA » dangereux pour la santé. Aussi les biberons « traditionnels » font-ils désormais l’objet de vives inquiétudes, eux qui en contiennent significativement.

2008 restera une année noire pour les fabricants de biberons, celle où le bisphénol A a fait l’objet de l’abondant traitement médiatique que la suspicion qu’il engendre justifiait. Certaines marques, dont Dodi et Avent, se sont résolues à commercialiser des biberons sans le composé incriminé, forcément plus chers. Pour soigner encore un peu plus leur image de nouveaux bienfaiteurs sensibles aux préoccupations relatives à la santé publique, ils ont également ouvert les colonnes de leur site Internet aux parents-clients inquiets et en ont profité pour faire part de recommandations que tous n’approuvent pas (encore ?).

L’AFSSA rouvre le dossier

En effet, si le Canada a frappé un grand coup, y compris sur la tête des fabricants, en devenant le premier pays du monde à interdire les biberons « bisphénol Aisés », l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) a officiellement approuvé en novembre 2008 l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA), qui continue à jurer les grands dieux que l’exposition des nourrissons au « BPA » reste très raisonnable, même en cas de chauffage au micro-ondes. Détail intéressant : le Canard Enchaîné, passé maître dans l’art de révéler tout ce qui peut fâcher, a rapporté que de nombreux membres du comité d’experts de l’Agence cumulent cette fonction avec un emploi dans l’industrie du plastique.

C’est peut-être l’une des raisons qui a poussé l’AFSSA à rouvrir cet épineux dossier fin octobre. Un groupe de travail à l’intégrité moins contestable a ainsi été créé, et les travaux du Réseau environnement santé, partisan de l’interdiction formelle du bisphénol A dans les plastiques alimentaires, ont été examinés *.

En attendant, conscients que ces conclusions ne sauraient totalement rassurer les plus fervents défenseurs du principe de précaution, les fabricants sont de plus en plus nombreux à proposer des biberons garantis sans bisphénol A. Sur la Toile comme dans les rayons de supermarché, l’heure est à la mention qui écarte tout risque et les jours du biberon vintage égoïstement insouciant semblent compter. De quoi nous faire boire du petit lait.

* Les conclusions de l’AFSSA sont attendues début 2010

Crédit photo : Flickr - thesoftlanding
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