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Air France et Airbus haussent le ton contre la taxe carbone européenne dans l’aviation

Air France et Airbus haussent le ton contre la taxe carbone européenne dans l'aviation

La missive envoyée par six compagnies aériennes européennes, deux équipementiers et Airbus pourrait être un coup dur pour Bruxelles. L’élargissement du Système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre (SDEQE) au secteur aérien tourne au psychodrame.

C’est l’un des grands feuilletons de ce début d’année. Un peu plus de deux mois après son entrée en vigueur, les acteurs concernés se déchaînent contre l’intégration du secteur aérien au SDEQE. Destinée à renforcer la protection de l’environnement au travers de la lutte contre le réchauffement climatique, soutenue très fermement jusqu’ici par la Commission européenne, qui vu les menaces de ripostes commerciales brandies par la Chine et les États-Unis, entre autres, aurait largement eu de quoi lâcher du lest, la mesure est désormais officiellement critiquée par plusieurs compagnies aériennes continentales majeures.

Six d’entre elles – Air France donc, mais aussi Air Berlin, Lufthansa (Allemagne), Iberia (Espagne), British Airways et Virgin Atlantic (Grande-Bretagne) -, associées à Airbus et à deux équipementiers (dont le français Safran), ont adressé une lettre aux chefs des gouvernements français, allemand, britannique et espagnol dans laquelle elles ont mis l’accent sur les « conséquences économiques » de la nouvelle contribution. Et pour cause : imposée à toutes les compagnies opérant dans l’Union Européenne (UE), indépendamment de leur nationalité, elle concerne au total quelque quatre mille trois cents sociétés et « coûterait sept cent-cinq millions d’euros au titre de 2012 aux acteurs de l’aérien du monde entier », rapportent nos confrères du Figaro. L’avionneur européen, lui, est dans le viseur de l’Empire du Milieu, qui en plus d’avoir interdit aux compagnies chinoises de s’acquitter de la taxe  [via l'Administration chinoise de l'aviation civile (CAAC) ]  a évoqué à plusieurs reprises l’hypothèse d’un boycott. Quarante-cinq commandes (trente-cinq A 330 et dix A 380) représentant la bagatelle de douze milliards de dollars (environ neuf milliards d’euros) pourraient ainsi être annulées.

Une menace « inadmissible »

Tandis que Washington travaille sur un projet de loi infligeant des sanctions aux compagnies qui se conformeraient aux desiderata européens, on conviendra que l’étau ne cesse de se resserrer autour de Bruxelles. Les États « frondeurs » réunis à Moscou (Russie) fin février ont cependant été incapables d’accorder leurs violons en vue d’une déclaration commune les autorisant à interdire à leurs compagnies aériennes d’intégrer le SDEQE. De même, le texte final de la conférence russe a été délesté de la notion capitale de « contrainte », tant et si bien qu’aucun des deux camps n’a aujourd’hui pris un ascendant décisif sur l’autre.

Ça n’empêche : Air France, Airbus et consorts considèrent que la taxe carbone constitue une menace « inadmissible » pour le secteur, et un prélude à une guerre commerciale désastreuse. Et de s’insurger contre le « caractère unilatéral de cette mesure » - un grief déjà formulé par la Chine, les États-Unis et la Russie auparavant -, réclamant à la place « une discussion générale avec tous les acteurs concernés au sein de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) », a confié une source proche du dossier à l’AFP. L’Union Européenne (UE) a de son côté maintenu le cap en fin de semaine dernière, indiquant vouloir laisser les choses en l’état tant qu’une solution internationale ne sera pas trouvée.

Suite au prochain épisode. Il est clair qu’il y en aura beaucoup d’autres.

Crédits photos : flickr / Simon_sees – Joe Jones
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  • daniel d

    Nous voilà au coeur du débat : Nos vies valent-elles plus que leurs profits ?

  • Briscard

    « Alors que le réchauffement climatique n’est qu’un
    leurre pour justifier de nouveaux impôts. » Professeur Paul Deheuvels de
    l’Institut.

  • Jean Marc

    Est-ce que cela va changer quoi que ce soit pour l’environnement, à part engranger des impôts pour on ne sait qui. Un grand débat, doit on continuer à faire payer des impôts aux pollueurs ou tout simplement faire en sorte de limiter la pollution….

  • Jay

     alors, si c’est un professeur de l’institut qui l’a dit… :D
    au fait, qui est cette personne et de quel institut s’agit-il ?

  • Jay

    c’est justement l’objectif de cet “impôt”, de changer les comportements pour limiter la pollution…

    cela dit, cela revient à 3 euros par billet d’avion… et même pour si peu les pollueurs se roulent par terre comme un joueur de foot de mauvaise foi…

  • daniel d

    Peut-être, n’empêche qu’il y a bel et bien un réchauffement climatique dont on pense qu’il est d’origine anthropique…Et le réchauffement climatique, eh bien ce n’est pas bon, tout simplement !