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Ainsi pourrait fondre l’Himalaya

Ainsi pourrait fondre l’Himalaya
La fonte des glaciers de l’Himalaya aura des conséquences sur l’habitat humain de toute l’Asie du Sud certes moins importantes que prévues jusque là mais toujours considérables.

S’oriente-t-on vers une prochaine catastrophe humanitaire en Asie ? Près d’1,5 milliard d’individus sont en tout cas potentiellement vulnérables à cause de la fonte des glaciers de l’Himalaya. Une étude publiée par des chercheurs néerlandais a tenté de dresser un panorama détaillé de la situation.

Une équipe de l’université d’Utrecht (Pays-Bas) dirigée par l’hydrologue Walter Immerzeel a étudié l’impact du changement climatique sur le flux de cinq grands cours d’eau asiatiques situées en contrebas de l’Himalaya et qui donc sont directement concernées par la question de la fonte des glaces. Ces fleuves sont l’Indus (Tibet et Pakistan), le Brahmapoutre (Tibet, Inde et Bangladesh), le Gange (Inde), le Yangtsé et le Fleuve Jaune (Chine). 1,4 milliard d’habitants vivent le long de ces rives et cette population est  en constante augmentation.

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne

Avec la fragilisation des glaciers himalayens, de nombreuses recherches avaient déjà été effectuées au sujet de l’impact de la hausse des températures sur l’écosystème de la région. L’ONU a par exemple étudié cette question mais pas d’une manière aussi détaillée. Les principales conclusions tirées par les scientifiques bataves laissent à penser que l’effet de la fonte des glaces sera moins important que prévu mais que bien des dangers subsistent. Parmi eux l’insuffisance de la production agricole dont les conséquences varieraient selon les pays mais qui pourrait dégrader les conditions de vie de soixante millions de personnes.

Walter Immerzeel a évalué la quantité d’eau fondue dans le cours des cinq fleuves étudiés et dispose donc de nouveaux éléments de réponse quant à son évolution future. Elle serait actuellement « extrêmement importante pour le bassin de l’Indus, importance pour celui du Brahmapoutre, mais ne jouerait qu’un rôle modeste pour les rivières du Gange, du Yangtsé et du Fleuve Jaune ». En termes chiffrés, l’eau fondue représenterait 60% du cours de l’Indus, 20 % de celui du Brahmapoutre et moins de 10% du débit des trois autres fleuves.

Autre statistique relativement rassurante : l’eau issue de la fonte des glaciers ne représenterait que 40% du total de cette eau fondue, le reste provenant des neiges saisonnières. Ce pourcentage serait même inférieur en ce qui concerne les deux fleuves chinois et le Brahmapoutre. Membre de l’université de Boulder (Colorado), le climatologue Richard Armstrong pense même que « les glaciers ne représentent pas grand-chose à côté de la mousson » et l’évolution de la situation hydrologique pourrait enfin améliorer les rendements agricoles du bassin du Fleuve Jaune.

Inquiétudes à Islamabad

Ce n’est toutefois pas l’heure des réjouissances, loin de là. Les bassins de l’Indus et du Brahmapoutre seraient en effet plus sujets à des réductions de leurs cours à cause du réchauffement climatique. « Les répercussions dans les bassins de l’Indus et du Brahmapoutre devraient être majeures étant donné la densité de la population et son fort degré de dépendance vis-à-vis de l’agriculture irriguée et de cette eau fondue », confirme le rapport.

Cumulant les facteurs de risque, l’Indus fait l’objet de vives inquiétudes. Son assèchement aurait des conséquences particulièrement dramatiques pour le Pakistan, très dépendant de son cours et dont la croissance démographique est l’une des plus élevées du continent asiatique.

Walter Immerzeel propose néanmoins des pistes pour limiter les effets du fléau redouté. Selon lui « l’accent doit être mis sur l’agriculture parce que c’est, et de loin, le plus gros consommateur d’eau. (Les autorités pourraient aussi) songer à développer des variétés de cultures moins gourmandes en eau, œuvrer pour une gestion différente des ressources hydrauliques ou encore initier des incitations économiques pour que les fermiers utilisent moins d’eau ».

Egalement traversée par l’Indus, l’Inde entretient des relations exécrables avec son voisin, notamment à cause de la souveraineté sur le Jammu-Cachemire. Les deux pays auraient néanmoins intérêt à dépasser ce contentieux de plus d’un demi-siècle et à discuter de solutions communes. Pour que les riverains de l’Indus ne deviennent pas à leur tour des réfugiés climatiques.

Crédit photo : Flickr – a natural thing
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