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Affichage environnemental : l’expérimentation part sur de bonnes bases

Affichage environnemental : l'expérimentation part sur de bonnes bases

La ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a effectué un point hier sur l’expérimentation nationale de l’affichage environnemental des produits. Le processus se met petit à petit en place.

Officiellement lancée le 1er juillet dernier en application de la deuxième loi du Grenelle, la phase de tests « poursuit deux objectifs », a rappelé le ministère dans le conséquent dossier de presse qu’il a consacré à l’« updating » d’hier : d’une part « permettre aux consommateurs d’intégrer le critère environnemental dans leurs choix d’achats et les sensibiliser au fait que tout produit, qu’il soit manufacturé ou agricole, exerce une pression sur l’environnement », et d’autre part « donner l’opportunité aux entreprises de valoriser l’amélioration des caractéristiques environnementales de leurs produits ».

Cette expérimentation multi-critères, dont il faut souligner qu’il s’agit d’une première mondiale, concerne actuellement cent soixante-huit entreprises, toutes volontaires pour fournir davantage d’informations aux consommateurs quant aux caractéristiques écologiques d’une partie de leurs produits.

Trente-neuf ont choisi dans un premier temps d’afficher en magasin, cinquante-trois directement sur les produits, les autres ayant opté pour une exposition desdites caractéristiques sur leur site Internet et/ou via smartphone. Il n’y a pour l’heure « pas de choix arrêtés », a indiqué « NKM », convaincue à juste titre qu’un affichage exclusivement sur la Toile « ciblerait un public moins large ».

« Une dynamique est en train de se créer. On entre dans le très concret », s’est-elle réjouie, insistant également sur le fait que les critères affichés dépendent « du secteur et du type de produit ». L’affichage environnemental peut de fait revêtir plusieurs formes, aussi bien dans la présentation et la mise à disposition du public que dans le contenu. « Note unique, valeurs chiffrées brutes, graphiques, échelles : tous les types d’affichage sont expérimentés dans le cadre de ce test grandeur nature » qui doit durer au moins un an, a précisé l’Hôtel de Roquelaure, selon lequel « l’intérêt de cette phase de test sera notamment de mesurer la complémentarité entre ces différents modes d’affichage » et qui s’est félicité que « certaines entreprises impliquées (aient) d’ores et déjà revu à la hausse le nombre de produits qu’elles expérimentent, tandis que d’autres émettent le souhait de rejoindre ce test ». Un engouement croissant donc et qui a parfois donné lieu à des partenariats inter-sociétés en vue de « travailler sur des vecteurs de communication partagés » ou encore à des collaborations avec des ONG de protection de l’environnement ou de consommateurs pour mettre au point un affichage concerté.

« Un mouvement profond »

À l’heure où nous écrivons ces lignes, neuf référentiels sectoriels ont été adoptés par la plate-forme AFNOR-ADEME (NDLR : chaussures de ville, literie, meubles en bois, papier toilette, raquette, sac à dos, shampooing, sièges rembourrés et téléviseurs) – il n’y en avait qu’un seul fin 2010 -, qui aide les entreprises participantes à concevoir leur propre « étiquette ». D’autres suivront évidemment dans les mois à venir, étant entendu que selon un sondage évoqué par la ministre les deux tiers de nos concitoyens souhaitent davantage d’informations sur les critères environnementaux des produits qu’ils achètent et que beaucoup d’autres sociétés se sont engagées à devenir partie prenante à compter de décembre prochain.

Assorti d’un dispositif d’évaluation, décortiqué a posteriori de manière autonome ainsi que par des associations de consommateurs et objet de tests de faisabilité et de contrôle réalisés par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), « l’affichage énergétique peut bousculer la façon dont les Français consomment et les entreprises produisent », soutient Mme Kosciusko-Morizet. Et de saluer « un mouvement profond, qui touche ici les produits du quotidien mais doit toucher toute notre économie ». « Nous pouvons devenir acteurs, nous ne sommes pas obligés d’être manipulés ou victimes d’un système économique qui nous dépasse », a aussi estimé la ministre, de surcroît persuadée que « l’affichage environnemental peut être bénéfique pour l’emploi et l’économie en France vu la volatilité des prix des matières premières ». Prévue par la loi et originellement envisagée pour l’automne 2012, la remise du bilan de l’expérimentation interviendra quant à elle début 2013.

Entretemps la Commission européenne, qui « s’intéresse de très près à ce qu’on fait », assure « NKM », pourrait imposer une directive. « Auquel cas, il y aura nécessairement un contrôle continental », a-elle précisé, ne faisant par ailleurs pas mystère que la France éprouve en la matière « le désir d’entraîner les autres et, en prenant les devants, de se donner les moyens d’augmenter les choix pour la mise en place du dispositif ». « Des préférences ressortiront, alors nous essaierons d’en faire une règle européenne plutôt que de s’en faire imposer une », a ajouté la ministre.

« Le processus doit être contrôlé et contrôlable »

Les autorités et les entreprises volontaires le savent : l’expérimentation tend sur le papier à favoriser les circuits courts et de proximité, donc l’économie française. « C’est une façon pour le consommateur d’accompagner la transformation de la production en France. Réduire son impact sur l’environnement et sa consommation de matières premières est un moyen de doter les entreprises d’une compétitivité renouvelée », a  poursuivi « NKM », qui n’ignore pas non plus que les desseins gouvernementaux seront assouvis à condition que « les Français croient ce qu’il y a sur les étiquettes ». « Il faut non seulement qu’ils comprennent mais aussi que la démarche ait du sens, et pour cela il faut que ce soit contrôlé mais il faut aussi que ce soit contrôlable », a-t-elle estimé non sans raison.

D’où la nécessité pour les sociétés concernées d’élaborer un affichage à la fois clair, concis et précis et de soigner leur communication en amont comme en aval. Alors qu’un groupe de pilotage issu du comité de suivi du Grenelle de l’environnement va être constitué (NDLR : il se composera de représentants des cinq collèges du Grenelle), le grand public sera de son côté sollicité par le biais d’une consultation Internet. Celle-ci consistera en un test pour connaître l’opinion des consommateurs sur les différents supports et critères et en un quizz destiné à jauger les connaissances citoyennes sur le dispositif.

Parmi les grands noms aujourd’hui dans la boucle, citons notamment les groupes Picard, Carrefour et Casino – pionnier en la matière dans la mesure où il a créé sa propre « étiquette carbone » dès 2008 et qui fournit des données environnementales sur des produits variés, des jus de fruit aux yaourts en passant par les biscuits et les oeufs. Conforama, qui a sélectionné trois indicateurs « verts » (à savoir l’effet de serre, l’épuisement des ressources non-renouvelables et la qualité de l’eau), Garnierdont la gamme de shampooings doux sera à terme intégralement « éco-expertisée » à travers des informations relatives à son impact sur le climat, les ressources en eau, la faune et la flore – ou encore Leroy Merlin (qui a retenu « quatre à cinq indicateurs environnementaux par catégorie de produits parmi les suivants : changement climatique, épuisement des ressources, pollution de l’air, pollution de l’eau, consommation en eau et consommation en énergie non-renouvelable »), Lesieur, Nestlé et les opérateurs téléphoniques Orange et SFR sont également de la partie.

Trois mois à peine après le coup d’envoi de l’expérimentation, il y a déjà du beau monde.  Tout comme Rome, l’affichage environnemental ne se fera assurément pas en un jour. Force est toutefois d’admettre que les débuts sont très encourageants et qu’ils sont nombreux à avoir fait l’effort. Il irait de l’intérêt de nos compatriotes et accessoirement de la planète qu’il soit récompensé à sa juste valeur.

Crédits photos : Ministère de l'écologie
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  • visiteur

    Je ne sais pas si les consommateurs vont tenir compte réellement de l’affichage environnemental, la plupart préfère privilégier un prix plus attractif qu’un produit bio, eco-responsable…

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