Ma photo avec le professeur Muhamad YUNUS, ainsi que le titre de mon billet en date du 23 mai 2011 "EYE 2 EYE AVEC YUNUS" ont mystérieusement disparus...je republie donc cette photo, avec le titre du billet. Ainsi vous pourrez retourner le lire dans le feed du mois de mai!

DEPENSER MOINS, VIVRE MIEUX, AGIR MAINTENANT!...

Ainsi pourrait-on résumer les ambitions derrière l'ECOFRUGAL PROJECT, initiative d'un de mes très bon amis acteurs de changements positifs pour un monde plus vivable et durable.

Vous souhaitez vous impliquer de façon concrète et en vous amusant dans la protection de l'environnement et l'avènement d'une société solidaire et plus équitable...tout en faisant des économies dans votre budget personnel?

Alors découvrez ECOFRUGAL PROJECT et rejoignez la communauté. Tout un programme et des surprises en perspectives!

En guise de "sortie" du samedi (!!), je me suis rendu aux rencontres nationales annuelles du réseau des étudiants engagés pour le développement durable (REFEED). 2 jours à la Cité Universitaire, un programme d'ateliers et de conférences très riche, le tout pour montrer que chez les jeunes générations, "ça bouge énormément". Voilà qui augure quelque chose de bon pour l'avenir! Dialoguer avec ces étudiants et partager valeurs et expériences liées à leurs engagements responsables, voilà qui est passionnant!

je reviendrais juste en quelques lignes sur la conférence principale de ces journées : "ils ont mis en adéquation leurs actes avec leurs valeurs...et vous"?:

En introduction, les intervenants ont préféré parler "d'engagement pour une évolution durable" (à la place de DD), où associations (dans des rôles de pressions et de coopérations), collectivités locales, élus politiques, entreprises, individus ont tous un rôle actif à jouer en local ou en national pour changer le logiciel de nos sociétés. Et les champs d'actions ne manquent pas eu égard des enjeux (sanitaires, environnementaux, socio-économiques, sociétaux). C'est toute notre vision de la croissance et du développement qui est à revoir.

mais déjà, beaucoup de choses évoluent : des modèles hybrides apparaissent (ESS, social business, RSE, collaboration ONG-entreprises, économie circulaire et de fonctionalité, etc.). L'économie de partage et les modèles coopératifs se développent (systèmes d'échanges locaux, monaies alternatives, sites webs communautaires, de prêts de matériels ou d'échanges de services, etc.). On est en train de passer de l'économie de la rareté (on consomme toujours plus à partir de ressources finies) à celle de l'abondance frugale (on consomme mieux, en valorisant les richesses humaines et le recyclage). Si on y pense vraiment, cette nouvelle économie est vraiment révolutionnaire...et surtout durable! Mais n'est-ce pas là tout simplement du bon sens et un "retour aux sources"?. Il fut ajouté que les outils numériques et les médias sociaux sont des outils essentiels en matière de DD, de lobbying et de démocratie.

Une partie importante du débat fut consacrée aux niveaux d'engagement des grandes et petites entreprises en matière de DD. Les grandes entreprises, on en parle tout le temps, et leurs actions "exemplaires" ne sont souvent que des actions répondant à des contraintes réglementaires. Pas seulement heureusement, le greenwashing ou le socialwashing ayant tendance à disparaître. Et les grandes entreprises ont les moyens pour des budgets de R&D conséquents, ce qui tire les innovations "durables" ou "green" vers le haut et irrigue le tissu économique. Il est pourtant regretable que ces mêmes grandes entreprises ne bougent souvent que par opportunité économique à court terme, en lieu et place d'une vraie stratégie RSE intégrée au business case. Et c'est là que les PME/TPE sont souvent les plus actives et les plus exemplaires! Mais on en parle moins (elles ne font pas de rapports RSE, communiquent moins, etc.).

En conclusion, souhaitons en tous cas à tous les acteurs de s'unir et de s'engager encore plus fort et de manière sincère en matière de DD, au service de changements positifs créateurs de valeur durable. L'union fait la force, 1+1=3...

23/05/2011

Dans le cadre de ma participation en tant qu’activiste du cercle de progression « social money » au sein de Danone Communities, j’ai pu assister aujourd’hui à une rencontre vraiment exceptionnelle à la Cantine à Paris (lieu de coworking centré autour des nouvelles technologies du web). Je remercie donc chaleureusement l’équipe de Danone Communities d’avoir pu organiser cette rencontre avec le professeur Muhamad Yunus. Si j’avais déjà eu l’occasion de lui parler lors du General Community Meeting à l’AG de Danone le 28 avril dernier, c’est la première fois que l’occasion était donnée à tout les activistes et acteurs du social business de Paris d’échanger en direct et en petit cercle avec lui (nous étions une centaine) autour de la thématique du social business.

Comme à son « habitude », le professeur Yunus était plein d’humour, de joie et d’énergie…malgré tous ses déboires actuels résultant de son limogeage à la tête de la Grameen Bank au Bangladesh. Mais cela ne devrait plus me surprendre ! En effet, pour le professeur et prix Nobel de la Paix, le social business (SB) « ça donne de la pêche, de la joie, de l’amusement, de l’excitation. Cela permet même de rajeunir » en cherchant au quotidien la réponse à des problèmes de société. Car s’il y a bien une chose qu’il faille retenir de cette séance passionnante, c’est bien celle-ci : « le pouvoir est dans notre capacité de poser des questions, puis de chercher, seul ou à plusieurs, des solutions innovantes et durables aux maux de nos sociétés, sans chercher dès le départ à faire du profit »…

Le décor était planté pour plus d’une heure trente de discussions, centrées d’abord autour de quelques témoignages d’acteurs déjà engagés dans le social business, puis autour de réponses apportées par Yunus à des questions de l’auditoire. Il va sans dire qu’à la fin de cet événement, le networking avait bien démarré, les idées et les échanges fusaient, le tout, évidemment dans la bonne humeur pour faire avancer le social business, autour d’un déjeuner « sushis » délicieux offert par nos hôtes de Danone Communities. Voilà en tous cas de quoi booster les énergies de chacun et renforcer les collaborations concrètes. Comme l’a répété le professeur Yunus, 1+1=3.

Donc, en guise de démarrage de la rencontre, 5 acteurs du SB ont témoigné de leurs engagements respectifs, notamment mon ami Christian Vanizette de Make Sense (plateforme web qui permet aux acteurs du SB de se rencontrer, d’échanger, de faire naître de nouvelles idées de business) ou le responsable du projet Isomir , Alain Audubert, (amélioration des revenus des petits producteurs français grâce à la mutualisation de moyens techniques avec le soutien de l’Adie comme pourvoyeur de microcrédit). Toutes ces personnes ont souligné comment les ouvrages du professeur Yunus (« Vers un nouveau capitalisme » et « building social business/pour une économie plus humaine ») les avaient inspirés et poussés à s’engager activement en faveur de la cause du SB, et ainsi « changer le monde et la vie des gens ». Je ne peux qu’être en accord avec cela, puisque c’est pour les mêmes raisons que je suis aussi engagé à mon niveau. Emmanuel Marchant a conclu cette première partie, en rappelant que Danone Communities était avant tout un « incubateur de personnes et de mouvements ».

Ensuite, le professeur Yunus a pris la parole pour réagir « à chaud » aux témoignages précédents. On pouvait distinguer sa joie de voir ses idées se déployer dans le monde entier, créant une vague dont l’impact n’est pas encore mesurable, mais cela ne saurait tarder ! En effet, pour le professeur, l’essentiel  est bien de « remettre le système à l’endroit et de trouver de nouvelles façons de faire du business ». En 1996, Yunus a commencé son patient cheminement pour  « remettre le système financier sur ses pieds au lieu de le laisser marcher sur la tête » en montrant au monde entier que les banques devraient appartenir à leur clients et qu’elles devaient les servir au lieu de servir de lieux de spéculation et d’accaparement de profits et de pouvoirs. Le résultat ? La Grameen Bank et ses multiples filiales. Tout un système où le pauvre devient maître de sa destinée, où l’argent est mis au service de l’homme et de projets permettant un jour à l’humanité de mettre « la pauvreté au musée ». Et les initiatives de SB se multiplient actuellement dans le monde entier : Grameen Danone, évidemment, avec son yaourt enrichi en nutriments, et qui réfléchit à rendre son pot de yaourt mangeable en le fabricant avec de l’amidon et des déchets de canne à sucre. Cette idée n’est pas une lubie pour Yunus, et la R&D de Danone planche dessus : « pourquoi dépenser de l’argent et de l’énergie pour ensuite jeter un emballage ? ». Autre lieu, autre initiative, Haïti : au lieu de déverser des millions de dollars d’aide dans un pays corrompu et sans infrastructures efficaces, mieux vaut créer des fonds de social business et ainsi permettre aux haïtiens de reconstruire seuls leur pays. Enfin, Addidas, qui a réussi à fabriquer une chaussure à bas coûts, afin que chaque être humain ait le droit de marcher chaussé et non pieds-nus. Est-ce le business des multinationales de s’occuper de ces questions ? Pour Yunus, c’est « oui » sans hésiter, rejoignant ainsi les initiateurs du concept « base of pyramid ».

Si le professeur Yunus a démissionné du siège de directeur de la Grameen Bank, il va se consacrer encore plus sur les projets de SB, notamment ceux liés à l’éducation, la santé et surtout les nouvelles technologies auxquelles il croit beaucoup (médecine à distance par ex.). Et qu’on ne vienne pas lui dire que « ça coûtera cher » ou « que cela ne sera pas rentable » ou « que personne voudra y aller » ! Yunus nous a donné une vraie leçon d’entreprenariat à ce niveau : d’abord lister tous les problèmes que l’on peut trouver eu égard des dysfonctionnements de nos sociétés (santé, éducation, nutrition, dépendance, etc.), puis en choisir quelques-uns qui nous tiennent le plus à cœur et imaginer une idée de business pour remédier au problème trouvé. Pour cela, on peut utiliser toutes les méthodes de créativité, ce qui permettra d’arriver à des résultats extraordinaires en termes de business models. On peut aussi voir ce qui a déjà marché ailleurs, le dupliquer, l’améliorer, l’adapter au contexte local. Avancer par petites touches, en acceptant les échecs. Oser se lancer, essayer, apprendre en faisant, rebondir…et avancer pour créer de la valeur sociale et économique. Car Yunus en est convaincu : le succès des projets existants en matière de SB va permettre l’éclosion d’une immense demande pour des fonds dédiés au SB ou autres fonds ISR. Investisseurs institutionnels et épargnants particuliers peuvent déjà accepter d’investir 10% de leur épargne sur des fonds SB où le retour sur investissement sera social ou environnemental, mais pas financier. Le résultat de voir les sommes investies avoir un impact sur la vie de millions de gens, seront source d’histoires incroyables de réussites et de développement humain et économique.

Cette foi chevillée au corps qu’il y a une autre voie pour créer de la richesse, et ce, de façon durable, globale et responsable, en réformant le capitalisme pour n’en prendre que les « bons éléments » et en les mettant au service du Collectif et de la Société, me ravit, me donne de l’énergie. Et je ne suis pas le seul à penser que l’optimisme de la volonté est plus fort que le pessimisme de la raison. Edgar Morin est lui aussi promoteur de « la 3ème Voie » (après le collectivisme planifié et le capitalisme financier) : une voie appelée « politique d’humanité », avec une vision holistique et intégrale de notre monde. En changeant petit à petit la « mauvaise architecture » sur laquelle notre monde s’est construit depuis le 19ème siècle, il est possible de refaire vivre le côté multidimensionnel de l’Homme et son sens inné pour l’altruisme et la solidarité.

Le mouvement du Social Business est encore jeune, mais en pleine croissance. Universités et  grandes écoles lancent des programmes d’enseignements au SB. Villes, gouvernements, collectivités, entrepreneurs lancent ou favorisent des projets. Colloques et forums se multiplient (Asia Forum for SB au Japon en juillet 2011 pour élaborer des solutions SB aux défis futurs du Japon marqué par Fukushima ; Global Social Business Summit à Vienne en Autriche en novembre 2011 ; Ashoka Changemakers week à Paris en juin 2011, etc…). Chacun peut s’impliquer dans le SB. C’est un choix individuel parmi une multitude d’autres possibilités pour faire évoluer notre planète. Mais un choix d’avenir pour le Bien Commun de Tous. Bon vent au Social Business !

P.S : je lance l’initiative de lister tous les problèmes que nous pourrions résoudre en France via des solutions de social business, dans le cadre des social business days en juin à Paris (voir ceux du mois d'avril ici).

J’ai pu assister vendredi 20 mai au matin au colloque organisé par la fondation Good Planet à l’auditorium du MEDEF sur le thème : « Changement Climatique : quels sont les leviers du changement ? Incitation, adhésion, adoption ».

J’avoue que les 2 heures de témoignages concrets venus du terrain faits par les représentants respectifs de Vinci, Deret, Danone et l’Agence Parisienne du Climat furent très riches et surtout « encourageantes » dans le sens où, même s’il ne faut pas nier les difficultés, « ça bouge » dans tous les types d’entreprises. Le développement durable (DD) est de plus en plus vu comme une opportunité source d’innovations et de création de valeur tant économique que sociale, sociétale et environnementale. Christian Caye de Vinci est même allé jusqu’à dire que le DD « c’est simple, drôle, il faut y croire », Jean-Luc Fournier de Deret le tempérant un peu en parlant plutôt de « bon sens » et « d’en faire tous les jours sans le savoir ». Une chose est certaine, comme l’a rappelé un auditeur d’une agence de communication présent dans la salle ainsi que Myriam Cohen-Weilgryn de Danone Nature, le DD pousse à des challenges et à des changements très importants prenant leurs sources dans la vision des dirigeants, l’engagement des équipes et la mobilisation de toutes les parties prenantes. Finalement, j’ajouterais que le DD « c’est passionnant », et, pour citer Marc Twain, « ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ». D’ailleurs, comme le résume bien le slogan de la campagne 10 :10, « Agir rend heureux » ! Ecartons-nous alors surtout des discours culpabilisants…

Bénédicte  Faivre-Tavignot, responsable du programme environnement et de la chaire social business/entreprise et pauvreté à HEC, a animé le débat. En introduction, il a été souligné « qu’aimer son siècle » en osant s’attaquer aux défis liés au changement climatique est « utile et rentable » tant humainement que financièrement, et surtout, porteur de sens. Il y a beaucoup de façons différentes pour mobiliser les salariés en interne autour du changement climatique et des changements de société qui en découlent. Tous les services sont d’ailleurs touchés par des transformations pratiques et mentales qui prennent bien entendu du temps à s’instaurer. Le tout étant de savoir susciter le désir et de le faire d’une façon « fun » ou la plus « naturelle » qui soit en oubliant de temps en temps les jargons et les chiffres liés au reporting…

L’expérience de Vinci :

Dès la loi NRE, Vinci a commencé à mesurer ses émissions de GES liées à ses activités. D’où des réductions qui sont apparues très rapidement. Ont suivis bilan carbone et certifications Iso 14000, qui ont été utiles pour questionner le groupe sur sa position sur la chaine de valeur. D’où des innovations avec notamment l’accent mis sur les phases « conception » et surtout « exploitation » des chantiers du groupe. Autrement dit, le business model s’en est retrouvé modifié, et c’est un gain de compétitivité et de part de marché majeur qui prend sa source dans l’anticipation des réglementations et le suivi des actions. Le DD demande beaucoup d’implication, de dialogue, d’écoute avec les gens. Il n’y a pas de « petits gestes », et c’est en les additionnant, en « changeant la roue en roulant » comme le dit mon ami Patrick d’Humières de l'Institut RSE Management, qu’on « pousse le marché » et qu’on peut donc se différencier. Et le client finit par suivre…Il y a également de moins en moins de réfractaires ou de timides eu égard des enjeux liés au changement climatique. La RSE est vue comme un vrai projet humain autour de valeurs fortes pour être « meilleur demain » ; elle est un choix économique et politique (car devant être intégrée, je le rappelle ici, au business case de l’entreprise). « Sans planète, pas de profits », alors agissons pour elle….et avant tout pour nous-mêmes car la planète nous survivra quoi qu’il nous arrive !

Vinci, qui a lancé un autodiagnostic interne sur 15 axes majeurs de la RSE et qui forme chaque métier aux enjeux du DD, constate que les degrés d’exigence environnementaux varient beaucoup selon les pays, les plus stricts se trouvant parfois là où on ne les attendait pas (ex. le Tchad !). Quant à la France, malgré le Grenelle, elle prend du retard…

L’expérience de Deret :

Deret est un groupe de transport et logistique familial qui a très tôt pris le virage du management participatif, afin de décider de son avenir avec ses salariés. Ses dirigeants soignent l’environnement de travail, et les décisions sont rapides, partagées avec une vision long-terme. Voilà pour le « décor », mais il a son importance : Deret est le seul transporteur qui a dénoncé l’abandon de la taxe carbone et a décidé de poursuivre son intention de réduire de 20% ses émissions de GES en 3 ans. Deret a devancé toutes les normes européennes de limitation d’émissions de particules fines et a investi dans une flotte de camionnettes électriques pour les livraisons en ville. L’entreprise se projette donc aussi dans l’avenir, en y mettant les moyens (financiers, humains, communication, formation) ! Cette attitude fidélise et responsabilise les salariés comme les clients. Chaque camion étant nominatif, le suivi des comportements permet de réaliser des économies et donc d’augmenter les rémunérations tout en limitant le turn-over. Un « flicage positif » en quelque sorte, car il valorise le salarié. C’est source de confiance, pas de défiance. Toute « dérive » est analysée lors d’entretiens, afin de la corriger et de s’améliorer. Et oui, le DD, c’est de l’amélioration continue, on n’est jamais « au top ».

L’expérience de Danone Nature :

Le respect de l’environnement est lié à la qualité du produit, et, chez Danone, c’est même inscrit dans ses gènes puisqu’il s’agit « d’apporter la santé au plus grand nombre ». Depuis 2008, Danone a encore accéléré ses démarches de réduction de GES, avec pour objectif fou de les réduire de -30% encore d’ici 2012. Fin 2010, on en est déjà à -22%. Mais il en va de la survie de l’entreprise et la transformation est donc obligatoire. Plutôt que subir, agissons de façon proactive ! Tenir des objectifs si forts force à innover et est source de fierté. Et si on mobilise moins de ressources, alors on « paye » moins, et donc ça rapporte à tous les niveaux, même si le ROI a été porté à 5 ans au lieu des 2-3 ans habituels…En tous cas, le fait de valoriser le carbone a révolutionné les mentalités et les façons de faire. Et lier ces investissements aux rémunérations des managers compte pour beaucoup dans la mobilisation et l’acceptation en interne.  Cette stratégie permet de lancer de nombreux projets (ex. valorisation de la biomasse), même ceux qui peuvent apparaître pour le moment comme « chers » (ex. utilisation de biomatériaux pour les emballages eaux et yaourts) mais rentables à moyen-terme. Car pour le moment, le client ne veut pas encore « payer » pour le « plus » environnemental » ; Mais en valorisant ses pratiques auprès de toutes les parties prenantes, Danone y gagne certainement. Certes, tout n’est pas parfait, il y a de nombreux obstacles sur le chemin de l’excellence et de l’exemplarité, notamment  des enjeux éthiques (utilisation et compétition entre matières premières). Il faut traiter, comme je l’ai déjà rappelé, l’environnement et le DD en général, comme un vrai « business », tout en y rajoutant du cœur (Danone a ainsi interrogé les enfants de ses managers sur ce qu’ils pensaient du changement climatique et de l’avenir de la planète : édifiant de réalisme !). Pour Danone, ce qui compte, c’est de dialoguer et ainsi de reconnecter le consommateur avec la nature et lui faire ainsi comprendre qu’il a un impact sur elle, qu’il doit en payer le prix, mais qu’il peut aussi agir. Tout le monde est sur le même bateau !

L’expérience de l’Agence Parisienne du Climat :

Les collectivités locales et les villes ont un rôle majeur à jouer en matière de changement climatique, d’où la mise en place de plans climats territoriaux et d’agendas 21 locaux. La ville de Paris a d’ailleurs pris des engagements très ambitieux : « 3 fois 25 jusqu’en 2020 » (-25% de GES, 25% d’efficacité énergétique, 25% d’énergies renouvelables)…il faut donc prendre son bâton de pèlerin pour convaincre particuliers, syndics, copropriétés, entreprises, associations, etc. de s’attaquer vite au changement climatique (d’où les partenariats avec par exemple Good Planet). C’est le « je fais si tu fais si nous faisons tous »…Tout les acteurs doivent être guidés dans l’accompagnement du changement, mais aussi il faut faire en sorte qu’ils deviennent demandeurs puis moteurs du changement ! Pour cela, l’Agence Parisienne pour le Climat va créer très prochainement une « bibliothèque de bonnes pratiques », sensibiliser et collaborer avec les grands comptes du patrimoine immobilier parisien (Sncf, Ap-Hp, etc.), les syndics de copropriétés et les particuliers. Vaste chantier, si l’on voit d’où l’on part et que d’ici 2050 90% du parc immobilier parisien devra « être aux normes »…Agir sur le patrimoine bâti, les transports, les comportements, les mentalités : pour tout cela, l’Agence va se doter de « coachs habitats » pour accompagner tous ces acteurs dans leurs engagements, depuis les phases initiales du « passage à l’acte » (sensibilisation, audit énergétique par ex.) jusqu’à la phase finale (réception des travaux par ex.). L’agence veut jouer le rôle d’effet de levier, afin notamment d’agir sur le point le plus délicat de tout ce processus : l’argent ! Et oui, le plus difficile, c’est de trouver et de mobiliser des financements pour toutes ces transformations, avec des retours sur investissements forcément longs. L’Agence aura là un très fort rôle à jouer auprès de l’Etat et des banques, afin de se doter des moyens nécessaires…

Conclusion :

Pour engager des démarches liées aux problématiques du changement climatique, il faut travailler avec toutes ses parties prenantes, en cohérence avec la stratégie et les spécificités sectorielles de l’entreprise. En interne, l’identité, les valeurs, la culture de l’entreprise, l’engagement et la vision des dirigeants sont essentiels. Se fixer des objectifs déraisonnables (par ex. avoir des impacts positifs) permet de créer une dynamique excitante. Il faut savoir reconnaître les petits pas, les phases d’apprentissages, les déceptions et les échecs. Il faut toujours se reposer des questions et savoir se remettre en cause. Et surtout, savoir s’entourer et partager les expériences positives ou négatives (réseau de professionnels comme le CJD ou Entrepreneurs d’Avenir par ex., cci, etc.), afin de dupliquer les actions réussies. Autres facteurs important, mobiliser l’organisation en « top-down et bottom-up » et en transversalité. Lier les rémunérations aux performances atteintes en matière d’objectifs environnementaux.  Les RH ont naturellement un rôle-clé du fait de la dimension humaine du changement. Le sujet du changement climatique doit être partagé par tous, pas seulement par des « techniciens » ou des « experts », même s’il est fondamental de s’entourer des bonnes compétences tant en interne qu’en externe. Les plateformes d’innovation ou autres « trophées verts » sont aussi des éléments de mobilisation. Des voyages d’études et des visites de cas exemplaires permettent de mobiliser au-delà des chiffres, autour du sens…et de la réalité ! Les salariés sont ainsi interpelés  et valorisés.

Le plus grand problème finalement, c’est le scepticisme du grand public eu égard des engagements pris par les entreprises (accusations de « greenweshing »). Il faut donc veiller à entamer une phase d’apprentissage réciproque (d’où d’ailleurs l’intérêt d’une entreprise collaborative qui utilise les médias sociaux, les approches sociocratiques, etc.), en ayant une vision systémique de toutes les parties prenantes. Les contenus des messages « verts » et moments choisis pour communiquer sont aussi cruciaux et à adapter en fonction des destinataires. L’important est d’être humble et transparent. Ne pas vendre « du rêve » (ça ne marche plus), mais montrer qu’on expérimente, qu’on avance, qu’on ose y aller et qu’on n’est pas parfait. Sans compter que les indicateurs de mesure pour évaluer ses actions restent encore souvent trop flous et disparates (ex. ceux liés à la biodiversité). Lesquels choisir ? Comment les utiliser ? Logiciels de pilotages de la RSE (ex. Enablon), évaluations (ex. Afaq 26000), etc. pourront aider à structurer les démarches en s’appuyant sur la norme iso 26000. Au travail, et avec la bonne humeur !

Le Forum d’Action Modernités est une fondation sous l'égide de la Fondation de France présidée par Philippe Lemoine, dont Edgar Morin est le président d'honneur.


Son objectif
est de contribuer à faire émerger des représentations collectives qui soient à la fois positives et crédibles.
Un horizon qui s’exprime dans le projet de « Se transformer les uns les autres ».
Un principe guide son travail sur le Sens et les actions menées : les alliances. Alliances innovantes, alliances entre les différents acteurs de la société (entreprises, entrepreneurs sociaux, intellectuels, artistes, etc.), alliances intergénérationnelles.
Son action se déploie à différents niveaux : structuration de la réflexion à travers des groupes de travail; présence dans le débat public avec l’organisation des soirées-débats Modernité On/Off au Théâtre du Rond-Point et la publication de livres ; incitation à l'innovation sociale et culturelle autour des entreprises avec une pépinière d'initiatives et d'alliances.
Même si les inscriptions pour le prochain débat du 23 mai sont close eu égard au grand nombre d'inscrits, je tenais à vous en signaler l'organisation et le contenu, d'autant plus que les débats seront ensuite disponibles sur le site en vidéo.
J'ai hâte d'en entendre les retours!

 

l'Institut IRSE Management dont l'expertise en matière d'accompagnement des entreprises sur leurs enjeux RSE n'est plus à faire, a lancé hier, 19 mai, une initiative très intéressante : il s'agit de la création d'un groupe de travail (appelé R3 pour Réseau des Responsables de Reporting RSE) dont l'objet est de promouvoir, suivre et faire évoluer les pratiques en matière de RSE au niveau français (Grenelle 2), européen et mondial (GRI-4). Le but sera aussi de partager réflexions et bonnes pratiques, afin de faire de la RSE un levier de performances pour toutes les tailles d'entreprises et secteurs d'activité. c'est bien connu, en commun, on avance mieux, plus vite et plus fort!

Et même en Malaisie, l'autorité boursière pousse les entreprises à réaliser leur reporting RSE!

A la suite de Convergences 2015, La Croix et Finansol publient leur baromètre annuel de la finance solidaire en France. Les encours progressent, mais la rentabilité des fonds est à améliorer afin de séduire les épargnants. Reste que la finance solidaire est une goutte d'eau (1/1000) dans les placements des français. Principaux enseignements sur le site de Novéthic et rapport complet de 8 pages ici.

 

Comme annoncé au début de ce mois sur ce même blog, j’ai participé au 2ème Parlement des Entrepreneurs d’Avenir à Nantes les 12 et 13 mai derniers dans les locaux d’Advencia. Evidemment, il m’est impossible de vous résumer in extenso l’ensemble des plénières et commissions de travail puisqu’elles avaient lieu en même temps. Je ne vous parlerai donc que de celles auxquelles j’ai assisté, sachant que le site des Entrepreneurs d’Avenir en présentera les synthèses et vidéos.

Alors, que faut-il retenir de ces 2 jours intensifs de travaux entre entrepreneurs engagés dans la RSE et entre acteurs institutionnels et associatifs ? L’objet de ce 2ème parlement était de partager les bonnes pratiques expérimentées par les acteurs ainsi que leurs  idées pour le futur, pour ensuite faire des propositions concrètes pour faire avancer la RSE dans notre pays.  

Le résultat est, à mon avis, largement positif ! Que d’idées et de pratiques (souvent très) innovantes n’ai-je pas entendues au cours de ces 2 jours ! Je reviens de Nantes rempli d’idées opérationnelles à mettre en œuvre. J’ai pu constater que si tous ces entrepreneurs ont au départ des idées utopiques,  ils ne perdent pas pour autant le sens des réalités. Loin de tout prosélytisme, ils ont montré de façon claire que la RSE était source de valeur et de performance durables. S’il faut évidemment que les dirigeants croient dès le départ dans le potentiel d’une démarche DD et qu’ils la partagent avec leurs parties prenantes, tous les acteurs ont leur place pour enrichir et développer les pratiques au fil du temps, dans un esprit d’amélioration continue (on n’est jamais « au top » dans une démarche DD), pour en maximiser les opportunités. Dès lors qu’une comptabilité extra-financière se développera en lien avec la valorisation du capital immatériel des entreprises, le « pourquoi » d’une démarche DD ne se posera même plus : l’entreprise et la Société seront plus riches et l’écosystème autour de l’entreprise sain et durable. Et pour faire avancer les choses, rien de mieux que l’exemplarité et l’innovation. Faire ce qu’on dit, être transparent, curieux. Oser prendre des risques pour être en tête demain, plus compétitif, plus collectif, plus coopératif et plus agile. Amis entrepreneurs, n’attendez-plus ! Regardez autour de vous, entourez-vous, écoutez ceux qui sont déjà en marche, adaptez-vous, innovez, osez ! Bref soyez les vrais entrepreneurs de demain !

J’en viens maintenant au détail des sessions de travail auxquelles j’ai participé.

Plénière d’ouverture :

Après une introduction faite par Frédéric Vidal, directeur d’Audencia et créateur de l’institut de la responsabilité globale, Claude Tendil, président de Générali France (Entrepreneurs d’Avenir a été créé grâce à son soutien), a justifié le rôle pris par Générali en matière de RSE : les assureurs sont des bâtisseurs d’avenir et s’inscrivent par essence dans le long-terme. L’environnement global pèse sur les conditions d’exercice du métier d’assureur. Si Générali s’engage au côté des entreprise en matière de RSE, c’est que les entreprises engagées dans le DD présentent un meilleur profil de risque ! Dans un monde nouveau en pleines mutations, les entreprises ont un rôle de plus en plus vital à jouer en tant qu’institutions au cœur de la société. Dans un monde d’incertitudes, le métier de chef d’entreprise a changé. Les stratégies collectives seront gagnantes (rassemblement,  coopération, voire coopétition entre les parties prenantes) pour créer les innovations citoyennes, sociales, économiques et sociétales durables. Ce début d’une nouvelle Société (cf. les cahiers de l’espérance pour l’économie sociale et solidaire) remet l’humain au cœur de l’activité, recrée du sens, de la confiance, de l’optimisme et du collectif. Pourquoi s’en priver ?

1.Table ronde « ré-inventer l’entreprise, quels modèles, quelle mesure, pour quels progrès ? »

Patrick Viveret nous a fait une introduction….solide ! Au moins, le décor fut planté ! La marginalisation du politique depuis 30 ans au profit du secteur privé est à l’origine des crises que nous traversons.  Pourtant, le « cycle du salut par l’économie » (cf.Max Weber) se termine, avec les questions éthiques, environnementales et sociales qui reviennent sur le devant de la scène, comme pour recréer un équilibre…naturel. Car l’humanité est menacée par sa propre inhumanité et barbarie. Elle a un rendez-vous critique avec elle-même. Aussi, l’économie doit redevenir une science morale, alors qu’il y a eu absence de discernement dans l’activité économique. La question de la « comptabilité du salut » se pose : que voulons-nous ? Des bénéfices (faire le bien, privilégier la force de la vie) ou des pertes (empêcher la vie) ? Il faut ralentir, remédier au dérèglement de la vitesse et de la précipitation. Il faut prendre conscience de notre propre finitude (regarder la « mort » en face) et accepter que notre monde est lui aussi fini. Une croissance infinie n’est donc pas possible. Par contre, on peut vivre plus sobrement, ré-equilibrer les valeurs masculines et féminines, respecter la Nature. Le capitalisme n’est pas un système dont il faut attendre une morale, par contre notre propre morale et éthique individuelles doivent  jouer leur rôle. (rappel : la morale vient de l’extérieur, l’éthique de l’intérieur)…

Un nouveau modèle d’entreprise

Robin Cornelius de Switcher, Marcel Grignard de la Cfdt, François Marty de Chênelet, yann Rolland de Bel’m, ont partagé leurs pratiques et leur vision d’une entreprise plus durable et responsable. Et notamment sur la thématique de l’employabilité de tous. Ils ont mis l’accent sur la vigilance dont il faut faire preuve en la matière, car la recherche de la performance à tout prix est source d’exclusions. Il faut créer un contexte de bienveillance. Le social n’est pas une variable d’ajustement, l’entreprise doit être au service de l’homme. Le chef d’entreprise doit savoir écouter et rendre compte aux salariés. L’employabilité doit s’inscrire dans la lettre de mission des managers. Et à chaque salarié, un parcours. Ainsi, de grands projets peuvent se réaliser : Vivre ensemble, donner envie de faire (plutôt que de « contraindre à faire »), réfléchir à ce qui fait sens. Se poser la question « quels objectifs de progrès partagés ? » pour créer une performance collective, source de fidélisation, de bien-être, de motivation, de fierté au travail. Oui, c’est une révolution : l’entreprise doit servir à épanouir l’homme ! L’appartenance, l’intérêt commun et la cohésion sont à bâtir tous les jours, mettant ainsi fin aux logiques d’affrontements et d’exploitation pour aller vers des logiques de collaboration. Même s’il ne faut pas nier les confrontations naturelles. L’entreprise ne doit plus être « polluée par l’argent », les écarts de salaires doivent se réduire.   

Intervention de Nicolas Hulot :

Evidemment, ce fut la surprise de ce parlement ! A un an des présidentielles de 2012, quel message allait-il délivrer ? Et bien je dois dire que j’ai été séduit : aux questions des entrepreneurs, Nicolas Hulot a répondu « nouveau projet de société », à contre-courant des dérives et remèdes actuels. Dans un monde interconnecté, les demandes d’équité, de droits et de richesses s’accroient (cf. Chine, pays arabes). Or les inégalités et la pauvreté augmentent. On ne peut plus ajouter l’humiliation à l’exclusion. Il faut donc mieux répartir les richesses et mieux partager et préserver les ressources. La demande de sens augmente partout, et le DD doit tenter de résoudre l’équation délicate entre croissance et un monde fini. Mais, selon les termes même de Nicolas Hulot, «  l’homme n’a jamais été aussi grand que sous la contrainte, et, c’est jubilatoire, la créativité humaine est déjà en marche pour réinventer le modèle » ! Alors, que faire ?

L’enjeu écologique est lié à l’enjeu social. Les entreprises préfèrent souvent d’abord s’engager « pour l’environnement » car les économies sont assez rapidement visibles. Par contre, les investissements dans le capital humain ne se voient pas tout de suite. Aussi faudrait-il changer toute la fiscalité qui pèse sur l’entreprise et tenir enfin compte des externalités négatives. Alléger le coût du travail, taxer les atteintes à l’environnement. L’efficacité énergétique sera source d’économies et d’emplois non délocalisables. Il faut investir massivement dans les énergies renouvelables et favoriser un mix énergétique plus local. Réduire les flux et l’utilisation de matières (éco-conception, économie circulaire et de la fonctionnalité, etc.), mieux gérer nos déplacements (télétravail, visioconférence, auto partage, etc.). Arrêter la « civilisation du gâchis »…et favoriser le partage, la sobriété. Il y avait du Edgar Morin (« la Voie ») dans l’air ! Quant à l’économie sociale et solidaire, elle doit être favorisée. Associer les salariés aux décisions et au pouvoir dans l’entreprise leur permettrait aussi de mieux comprendre la complexité de notre monde et ainsi de ne pas se réfugier dans des extrêmes aux contours dangereux. Vive le modèle coopératif où la pression des actionnaires extérieurs disparaît !

 

2. Table ronde « comment évaluer et mesurer autrement la richesse dans nos entreprises » ?

Alan Fustec, de Goodwill  Management et président du label Lucie, est revenu sur la valorisation indispensable du capital immatériel.  Je ne reviendrais pas sur sa présentation, puisque c’était la même que celle qu’il m’avait présentée lors de ma matinée à l’Afnor le 4 mai dernier (voir mon article sur ce même blog à ce sujet). Toujours est-il que cette valorisation, très rationnelle, permet d’élargir le spectre…et de vraiment parler de performance globale ! C’est certain, procéder de la sorte, c’est « plus compliqué » que de piloter qu’avec seulement les éléments financiers traditionnels. Il faut se remettre en cause, y croire à fond, mais cela crédibilise sa démarche DD  auprès de toutes les parties prenantes. Couplée à une évaluation Vigéo, Afaq 26000, performance Globale du CJD, ce capital immatériel va prendre tout son sens et son évaluation permettre de mettre en place des plans d’actions pour progresser vers encore plus de responsabilité globale.

Michel Veillard, du Club DD du Conseil de l’ordre Supérieur des Experts Comptables, a soutenu son projet de comptabilité universelle pour un développement soutenable (changer les Ifrs). Il nous faut une comptabilité pour évaluer les biens publics mondiaux, même si l’on ne peut réduire la nature en une logique purement financière. On revient là aussi à la thématique des « autres indicateurs de richesses » que j’avais traitée sur ce même blog au mois de mars 2011. Mais pour l’entreprise, modéliser les gains et les pertes ainsi que celles de ses parties prenantes avec des indicateurs ESG, cela lui permet d’analyser ses impacts sur son écosystème, d’en voir les causes et de remédier aux externalités négatives. Cette comptabilité universelle, en même temps que la création d’un droit spécifique à l’entreprise, négociés avec toutes les parties prenantes, permettraient de créer une comptabilité basée sur le « goodwill » et les amortissements, alors qu’aujourd’hui seuls comptent les profits boursiers comptabilisés selon la « valeur réelle » (les PME ont gardé l’évaluation historique, mais pour combien de temps ?). Au-delà des explications passionnantes entendues, ce qui compte ici, c’est de valoriser l’action d’aujourd’hui, de façon à communiquer sur ses engagements DD. Le choix des indicateurs et de leurs buts est évidemment primordial, à adapter selon les secteurs d’activité. De nombreux travaux sont d’ailleurs en cours à ce sujet (cf. Grenelle 2), sans compter la pression des investisseurs ISR.  Ingénieurs, économistes, scientifiques, auditeurs, etc…devront continuer à travailler ensemble sur ces vastes chantiers si nécessaires à la prise en compte et à la reconnaissance des initiatives RSE de nos entreprises. Et en changeant les compteurs, on changera les méthodes de management ainsi que les façons de construire les richesses.

 

Cérémonie de remise des prix de la responsabilité globale : (par l’institut de responsabilité globale)

La délivrance de ces 5èmes  trophées dans le cadre du Parlement avait bien entendu une résonnance particulière. Le but était de montrer que même des entreprises de moins de 5 salariés peuvent avoir des démarches RSE exemplaires ! Valoriser ces démarches permet de développer des échanges et servir d’inspiration. Vous trouverez bientôt tout le détail de ces projets récompensés avec leurs entrepreneurs sur le site de l’Institut de la Responsabilité Globale. Mais vous pourrez déjà voir les prix des années précédentes…

 

3. Table ronde « faire ses premiers pas dans la RSE, comment s’engager ? »

Comment faire de la RSE un levier stratégique et innovant, source de création de valeur durable ?

Il est ressorti de cette table ronde des propositions très concrètes  dont le parlement se saisira et que vous pourrez retrouver, comme toutes les autres synthèses et propositions d’actions, sur le site des Entrepreneurs d’Avenir d’ici fin mai 2011. Toujours est-il que ce qui est ressorti ici, c’est que l’entreprise était un acteur- clé pour faire bouger les choses. Le DD, c’est « planter des graines » sur 5 axes (cf. piliers du DD) et se poser des questions pour aller plus loin. Il faut adopter une démarche transversale et systémique « gagnant-gagnant » avec toutes les parties prenantes, développer « l’ingénierie sociale » par co-construction entre acteurs ayant des objectifs différents. Autre bonne pratique, il est important d’interconnecter toutes les actions RSE et d’en mesurer les impacts eu égard de la finalité/mission de l’entreprise.  Chaque cas est unique, il n’y a pas de « modèle » préétabli à suivre…Et chaque acteur peut veiller à faire la promotion de la RSE, notamment en direction des créateurs-repreneurs d’entreprises, afin qu’ils puissent dès le départ « démarrer du bon pied » en pensant au long-terme !

Que l’on utilise des outils pédagogiques de sensibilisation (pour parler le même langage, montrer l’exemple et convaincre), des outils juridiques (statut de coopérative) ou des outils techniques (outils 2.0, indicateurs RSE), l’important est surtout de s’entourer (par exemple au moyen de réseaux d’entrepreneurs comme le CJD ou en collaborant avec les collectivités locales, les cci, etc.) et de se demander en quoi la RSE est stratégique pour son entreprise.  Puis, pour avancer, outre les réseaux d’entrepreneurs, s’engager dans des démarches d’audit, d’évaluations, de labels, selon les lignes directrices de l’iso 26000, développer des partenariats avec toutes les parties prenantes pour co-construire sa stratégie. Important aussi, désigner un chef de projet DD, afin de coordonner, suivre et structurer toutes les actions. Car une démarche RSE, bien menée, prend du temps sur la durée ! Tous les petits pas comptent…et c’est du bonheur ! Tout le monde peut déjà commencer en regardant ce qu’il fait en matière de RSE « sans le savoir ». Echanger avec d’autres parties prenantes permet de s’affranchir des craintes et de gagner en visibilité. Comme disait Gandhi, le DD c’est « commencer par se changer soi-même si on veut changer le monde ». Et la RSE justement, permet de « changer la façon de changer » en inventant un nouveau paradigme source de performance. Autrement dit, on se met à « changer le monde en faisant des bénéfices » ESG ! l Et l’iso 26000 s’adresse à toutes les organisations, quelles que soient leur taille et secteur d’activité. Elle constitue un cadre de travail commun et identique à toutes les structures et parties prenantes, un vrai support pour « mieux faire ». Le business plan classique est remplacé par un business case RSE qui permet de se différencier, d’innover et donc d’assurer sa pérennité.

Je terminerai ce long billet par quelques pratiques DD très concrètes qui ont été exposées lors de la dernière table-ronde « des entreprises d’avenir : quels modèles ? ». J’avoue que toutes ces pistes m’ont permis de repartir « gonflé à bloc ! ». En voici quelques-unes :

Obtenir le label « great place to work »; developer les “eco-gestes” par une approche bottom-up; mécénat de competences; analyse du cycle de vie; poser la question suivante aux salaries : “que vous faut-il pour être heureux au travail ? » ; innover et être en lien avec son écosystème de parties prenantes ; faire partie de réseaux professionnels pour partager et faire connaître ses pratiques (ex. escale, cjd, etc.) ; donner du sens à son épargne (microcrédit solidaire avec Babyloan, Micro-Don, etc.) ; changer de regard sur les autres ; prendre en compte les fragilités ; développer les talents et la diversité ; instaurer une gouvernance participative ; viser la neutralité carbone ; faire partie du club « 1% pour la Planète » ; se faire cautionner par des référentiels extérieurs (Afaq 26000, Lucie) ; adapter les salaires à la conjoncture ; mieux répartir les salaires ; assurer la participation et la propriété des salariés de leur entreprise (« tous dans le même bateau ») ; faire participer les salariés aux grands projets, etc.

 

Conclusion : devenons tous « entrepreneurs d’avenir, engagés collectivement au service d’un monde et d’une Société viables, durables et responsables. Nous avons les outils entre les mains. Il n’y a rien de si compliqué. Il faut juste « revenir aux fondamentaux » de la nature humaine et faire preuve de bon sens et d’ouverture d’esprit !

Si aux USA la RSE se limite encore souvent à des initiatives phlanthropiques, de nombreuses entreprises US se rapprochent des acceptions européennes en incluant tous les piliers du DD (Wall Mart, Cisco, Pepsi, Coca, Mac Donald's, etc...). L'iso 26000 va aussi aider à rapprocher les points de vue, même si les USA ne l'ont pas signé.

je vous soumets ici les résultats d'un brainstorming de plusieurs dirigeants américains sur leur vision de l'avenir des évolutions en matière de DD...instructif et réconfortant. L'approche systémique et la responsabilité globale sont mentionnés!

Et universités comme entreprises commencent à voir les liens entre engagements RSE, attractivité, compétitivité et performance...