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Pour José Bové et les Amis de la terre, l’huile de palme durable est une imposture

Pour José Bové et les Amis de la terre, l'huile de palme durable est une imposture

C’est un coup de gueule dûment argumenté que viennent de pousser dans les colonnes de nos confrères de Planète89 le député européen d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), très vite devenu le chef de file de l’opposition politico-écologiste à l’exploitation des gaz de schiste sur le territoire national mais qui n’a pas pour autant négligé les autres sujets qui fâchent, et l’association de protection de l’environnement. L’un et l’autre n’en démordent pas : à leurs yeux l’huile de palme, dont les dégâts sur les écosystèmes – notamment ceux observés en Indonésie – sont connus, est un redoutable fléau. Et peu importe qu’elle soit ou non certifiée durable.

Une manière d’assimiler les efforts consentis (de surcroît sur le tard) par Golden Agri-Resources, filiale du tristement célèbre conglomérat indonésien Sinar Mas, à un vulgaire greenwashing, même si Greenpeace, qui suit le dossier de très près, veut y croire. L’ONG est en revanche beaucoup plus critique envers Djakarta, coupable à ses yeux d’avoir le compas dans l’oeil en matière de lutte contre la déforestation.

« En Indonésie et en Malaisie, les forêts tropicales [...] ont fait place en quelques années à d’immenses monocultures de palmiers à huiles. Plus de six cents conflits opposent les entreprises de palmiers à huile aux communautés locales qui voient leurs forêts disparaître ou qui sont chassées de leurs terres », déplorent pour leur part M. Bové et Sylvain Angerand, responsable de la campagne Forêts tropicales aux Amis de la Terre, auteure d’un rapport édifiant sur les conséquences écologiques de la hausse de la demande mondiale d’huile de palme. L’un et l’autre voient aussi d’un mauvais oeil la décision déjà évoquée dans ces colonnes du Conseil régional du Languedoc-Roussillon d’accueillir à Port-la-Nouvelle (Aude) une usine d’importation d’huile de palme du groupe malaisien Sime Darby, leader mondial du secteur. Celle-ci « lui ouvrira en grand les portes du marché européen » et par voie de conséquence fragilisera davantage encore la biodiversité en Asie du sud-est, anticipent-ils.

« La certification ne garantit pas l’absence de déforestation »

M. Angerand était déjà monté au créneau il y a quelques semaines, estimant alors que l’appartenance de Sime Darby à la Table Ronde sur le Palmier à Huile Durable – l’entreprise l’a même co-fondée – n’est en aucune façon une preuve recevable d’éco-responsabilisation : « de nombreuses entreprises impliquées dans la déforestation en font partie et ont fait pression pour affaiblir les critères. Il est par exemple possible de raser des forêts si celles-ci ne représentent pas un intérêt majeur pour la conservation ». Il n’a évidemment pas changé d’avis depuis et regrette notamment qu’il demeure « possible d’utiliser dans les plantations de palmier à huile un pesticide neurotoxique, le paraquat, interdit en Europe ». Un impair dont l’explication résiderait dans le fait que « l’entreprise qui le commercialise, Syngenta, (soit) membre de la Table Ronde ». Celle-ci consisterait donc en un cercle d’entreprises n’ayant pas leur pareil pour protéger leurs intérêts, fussent-ils néfastes pour l’environnement, et se réfugiant derrière une certification qui « ne garantit pas l’absence de déforestation ».

L’arrivée de Sime Darby dans l’Hexagone poserait en outre un réel problème moral, l’entreprise venant d’acquérir deux cent mille hectares au Liberia, « un pays qui sort juste de la guerre civile et où les conflits fonciers sont nombreux ». « Déjà, des plaintes s’accumulent pour dénoncer des conditions de travail indignes et des salaires dérisoires », rapportent MM. Bové et Angerand, qui imputent, chiffres à l’appui, l’essentiel de la flambée des importations d’huiles de palme aux agrocarburants, lesquels n’ont décidément plus rien pour plaire : entre 1999 et 2009, la consommation européenne d’huile végétale a doublé, passant d’environ onze à vingt-deux millions de tonnes. Inexistants il y a dix ans, les agrocarburants absorbent aujourd’hui plus de neuf millions de tonnes d’huile végétale [...] Les industriels de l’agroalimentaire qui ne trouvent plus d’huile de colza ou de tournesol, utilisées comme agrocarburants, importent davantage d’huile de palme ».

Dans ces conditions peu importe que l’usine de Port-la-nouvelle ait vocation à produire de l’essence alternative ou de l’huile de palme alimentaire. Dans tous les cas l’environnement est le grand perdant. Une fois de plus.

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  • vtourisme

    Du coup on ne sait plus qui croire même un produit certifié durable est néfaste à l’environnement!