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Les vertus de la bière bio

Les vertus de la bière bio
La couleur et surtout le goût font foi : les bières issues de l'agriculture biologique ne sont pas des bières au rabais

On ne retracera pas la longue histoire de l’une des boissons les plus populaires du monde. Disons simplement que, depuis quelque temps, des bières labellisées « bios » sont venues mettre à mal le leadership des taverniers historiques du secteur. Une évolution que les puristes pourraient être tentés de déplorer mais qu’il convient plutôt de saluer. Explications.

Les chevaliers de l’Ordre du malt pourraient d’abord penser qu’il s’agit d’un sacrilège. Pas question pour nombre de buveurs plus ou moins invétérés, dans ce cas précis du moins, de s’acoquiner avec le diable vert, d’autant qu’ « ils » nous bassinent déjà quotidiennement avec leurs produits bios, leurs cinq fruits et légumes par jour, leur aversion quasi-primaire pour les fast-food et leur morale « écolo-alimentaire ».

Aucune atteinte au goût

La bière, la vraie – et ils doivent être une majorité à penser qu’il en est de même pour le vin – ne saurait être « bio ». La bière, la vraie, celle qui laisse des traces blanches sur la lèvre supérieure, celle qui se boit à la bouteille ou à la pinte, dans un bar ou sur le canapé devant un match de foot, est d’abord un breuvage synonyme de plaisir qui ne saurait déroger à ces sacro-saintes traditions qui ont assis sa popularité intemporelle. Qu’elle soit blanche, blonde, brune voire noire, la bière est un sérieux qui ne doit pas faire partie du savoir-faire de l’agriculture biologique, laquelle ne peut qu’intenter à sa saveur. Voilà pour l’a priori. La réalité est toute autre.

C’est que la « bière bio », qu’elle s’appelle Morgane, Saint-Julien ou plus prosaïquement BioBier, n’est pas de facto moins alcoolisée et ne fait objectivement pas moins vibrer les papilles des pupilles, papis, néophytes, amateurs et autres piliers des bars que ses soeurs dites « traditionnelles ». Elle n’est qu’issue de l’agriculture « bio », et jusqu’à preuve du contraire ce n’est pas encore un crime contre le goût.

Point d’entourloupe : une bière reste une bière, aussi le processus de production et les céréales cultivées sont sensiblement identiques, les égards pris avec l’environnement en guise de bonus. Certes, les géants industriels que sont Heineken et Kronenbourg voient leur hégémonie contestée par cette concurrence que d’aucuns jugeraient iconoclaste, mais il n’y a rien à redire tant les nouveaux dissidents de la fermentation s’emploient à ne pas contourner les règles de fabrication via par exemple l’addition d’ingrédients potentiellement « dénaturants ».

Les bières « bios » sont 100 % naturelles et vont de pair avec un recours aussi zélé que possible aux énergies renouvelables. Leur production se traduit aussi par une utilisation modérée des engrais et de l’eau. Il s’agit en d’autres termes d’obéir au précepte de l’agriculture biologique de ne pas déraisonnablement entretenir la pollution des nappes phréatiques.

Des bières défossilisées

Parce que les camions ne sont pas encore électriques, la distribution de ces bières demeure néanmoins gourmande en pétrole et donc trop émettrice de CO2 aux yeux des écocitoyens, coeurs de bière ou non, que nous sommes tous devenus.

Une alternative existe toutefois, les microbrasseries artisanales, qui sont aujourd’hui un peu plus de deux cents dans l’Hexagone et ne sont pas en reste sur le plan qualitatif.

François Bassout, un brasseur yvelinois de 26 ans qu’a interviewé Le Parisien en juin dernier, a lancé sa propre bière « bio ». Le secteur est porteur, et pour cause : comme celui qui a Free, celui qui en ces temps d’écologisation des moeurs participe à la préservation de l’environnement tout en produisant une boisson proche de faire l’unanimité a tout compris.

Cet autoentrepreneur, pour avoir restauré de vieilles cuves à lait et récupéré des brûleurs à paella (!) pour fabriquer certains ustensiles, est un pro du système D qui a poussé très loin la logique du développement durable. Il a justifié ainsi son virage vert, amorcé en Ardèche, où il a appris le métier chez un brasseur « bio » : « La bio, c’est une conviction ancrée en moi. D’un point de vue naturel, pour éviter d’utiliser des produits chimiques, mais plus généralement dans une optique de protection de la planète ».

Ils sont de plus en plus nombreux à penser comme lui et à concocter, en toute discrétion, loin des nuages de fumée sortis des brasseries fossiles, des bières « bios » déstandardisées qui ont leurs spécificités et supposent elles-aussi une consommation modérée. Surtout, elles n’ont absolument rien à envier aux fers de lance des leaders de la sphère houblonnière (NDLR : dont certains, à l’image de Kronenbourg, ont suivi le mouvement).

C’est même le contraire car encore une fois les procédés de fabrication sont les mêmes. Quant aux ingrédients, ils sont tous issus de l’agriculture la plus verte qui soit et n’ont donc pas été saupoudrés de pesticides. Ils sont plus coûteux à l’achat, mais l’écart n’est pas toujours immense à la vente. Dans ces conditions, et sachant que des bières estampillées « AB » ont investi les rayons des supermarchés spécialisés (Naturalia etc), il n’y a pas grand-chose à perdre à tenter le coup.

Crédit photo : zegreenweb
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