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Invasion des espèces exotiques : une réelle menace pour les écosystèmes et la santé

Invasion des espèces exotiques : une réelle menace pour les écosystèmes et la santé
Certaines espèces exotiques, telles que la jussie, sont tellement nocives pour la biodiversité et la santé qu’elles ont fait l’objet d’interdiction de commercialisation

Jussie, berce du Caucase, renouée du Japon, myriophylle… Introduites volontairement ou non ces plantes exotiques envahissent peu à peu les milieux naturels et sont un vrai danger pour les écosystèmes et la santé. Impliqué dans la préservation de la biodiversité, l’Institut Klorane, fondation pour la protection et la bonne utilisation du patrimoine végétal, a présenté le 10 mars dernier un vaste projet de communication visant à sensibiliser le grand public à ce fléau écologique.

Selon la Liste Rouge de l’Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN) et l’Institut Klorane, les espèces exotiques sont la troisième cause de déclin de la biodiversité dans le monde. Végétales ou animales, elles sont considérées comme ”invasives” lorsqu’elles sont implantées, accidentellement ou volontairement, dans une région dont elles ne sont pas originaires et où elles se développent très rapidement.

Des causes variées

Les premières espèces envahissantes ont été introduites en Europe dès… 1500, à une période au cours de laquelle les échanges d’espèces entre continents se sont intensifiés avec la découverte de l’Amérique. Du Nord au Sud, le phénomène d’invasion biologique n’épargne aujourd’hui plus aucun pays. Selon l’UICN, vertébrés, insectes, champignons, bactéries, algues et autres plantes seraient par ailleurs impliqués dans la moitié des extinctions d’espèces de ces quatre derniers siècles.

Introduites hors de leur territoire d’origine par l’homme, les plantes invasives poussent majoritairement sur les bords de route, les terrains nus, les chantiers et les cours d’eau. Leur croissance rapide, leur capacité d’adaptation et de multiplication végétative supérieure à celle des plantes indigènes ainsi que l’absence de prédateurs ou de parasites naturels ont favorisé leur prolifération.

Leur introduction survient le plus souvent accidentellement, en marge d’échanges commerciaux ou à la suite d’un transport de marchandises, par l’intermédiaire des graines qui se fixent sur les navires, les colis ou les véhicules. Elles peuvent cependant aussi, on l’a évoqué, être implantées de manière délibérée. A des fins alimentaires – le topinambour, cultivé comme légume pour ses tubercules riches en éléments minéraux, est un exemple parmi d’autres -  ou ornementales, dans les jardins, à l’image de la Pampa sud-américaine (couramment utilisée pour la constitution de collection botanique) ou, comme le myriophylle du Brésil, dans les aquariums. Il arrive enfin qu’elles s’implantent de manière naturelle, via la dispersion de graines par le vent, l’eau ou même les animaux.

Une pression croissante sur  la biodiversité, la santé et l’économie

La propagation de ces espèces aussi prolifiques qu’indésirables altère les écosystèmes et entraîne un déséquilibre des milieux.  Certaines  plantes ”colonisatrices” sont si nuisibles que leur commercialisation a d’ailleurs été interdite. Parmi elles, les jussies, plantes aquatiques à fleurs jaunes venues d’outre-Atlantique, très présentes dans le sud de la France mais qui ne sont plus autorisées à la vente depuis 2007.

Introduites depuis plus d’un siècle et demi dans l’Hexagone, elles peuvent se reproduire très rapidement par bouture. Une fois installées, les jussies envahissent bordures de cours d’eau, étangs et marais. Leurs fleurs, qui peuvent mesurer jusqu’à 5 cm de diamètre,  réduisent en outre les concentrations d’oxygène et mettent en péril la vie des poissons ainsi que le développement des autres plantes aquatiques locales.

Hormis leurs répercussions négatives sur la faune et la flore, les plantes exotiques envahissantes peuvent également être nocives pour la santé humaine. Le pollen d’ambroisie, originaire d’Amérique du Nord, constitue ainsi un puissant allergène. C’est au mois de septembre, au moment de la pollinisation qu’il est le plus virulent. Cette espèce qui compte parmi les plus dangereuses peut alors provoquer des rhinites, de l’urticaire et même des crises d’asthmes. Tout comme les jussies, l’ambroisie a fait l’objet d’arrêtés préfectoraux dans plusieurs départements de la région Rhône- Alpes, où sa destruction est désormais obligatoire. D’autres plantes de ce type peuvent provoquer des coupures, notamment les feuilles de l’herbe de la Pampa déjà citée. La berce du Caucase et le faux vernis du Japon (NDLR : lequel provient en réalité des régions du Sud de la Chine), elles, peuvent occasionner des brûlures cutanées en cas de contact avec la peau et/ou d’exposition au soleil.

Limiter leur propagation

S’il n’est pas possible d’éradiquer la totalité de ces plantes, il existe toutefois des moyens pour contrôler et limiter leur propagation. L’arrachage manuel ou mécanique voire le fauchage avant floraison, actions supervisées par les mairies et les Jardins botaniques, permettent en effet d’endiguer le phénomène.

De leur côté la Fédération des Conservatoires Botaniques et l’Institut Klorane recommandent de ne pas ramener d’espèce végétale ou animale de pays exotiques et appellent tous les citoyens à ne pas déverser les eaux d’aquarium dans la nature pour éviter que les résidus de plantes ne s’adaptent et se développent dans les milieux naturels.

L’Institut Klorane prône une réglementation ciblée afin de limiter voire d’interdire l’introduction de plantes invasives. Certaines mesures ont d’ores et déjà été prises au niveau local.  La ville de Sète a par exemple supprimé les plantes exotiques invasives de sa gamme horticole. Un programme a aussi été développé par le comité de l’Union Mondiale pour la Nature dans les départements de l’Outre-mer, qui abritent 49 des 100 espèces figurant parmi les plus envahissantes du monde. A l’échelle européenne, la Commission travaille enfin à l’élaboration d’un projet de gestion des espèces envahissantes. Il pourrait donner lieu à des mesures concrètes dès cette année.

Dans le cadre de sa campagne de communication,  l’Institut Klorane distribuera dès avril une brochure d’informations sur ce phénomène de plantes invasives aux pharmacies d’officine, aux écoles d’horticulture, aux jardineries et dans les Jardins et Conservatoires botaniques. Une initiative pédagogique à vocation éco-citoyenne qui se poursuivra durant le printemps sur le terrain, dans les écoles partenaires de l’événement.

Flickr - mikebaird
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