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Greenpeace apporte la preuve que les centrales nucléaires françaises ne sont pas inviolables

Greenpeace apporte la preuve que les centrales nucléaires françaises ne sont pas inviolables
La centrale de Nogent-sur-Seine (Aube) a été investie ce matin par des militants de Greenpeace

Et de deux ! Après les visite impromptues de parlementaires mercredi dernier sur les sites du Blayais (Gironde) et de Paluel (Seine-Maritime) et l’introduction de militants de Greenpeace dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) ce matin, le doute est-il encore permis ?

Ces deux « forfaits » devraient quoi qu’il en soit renforcer les convictions des anti-atome, pour qui le parc nucléaire français est loin d’être aussi fiable que le prétendent le gouvernement, Areva et consorts, comme en avaient déjà témoigné à leurs yeux « l’accident de Marcoule » et le dernier rapport de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), laquelle préconise notamment une amélioration « sans tarder » de la sécurité autour des réacteurs afin de mieux faire face à d’éventuels  phénomènes météorologiques hors norme.

Baptisée « Opéra », l’opération parlementaire de la semaine dernière est une grande première en France. Elle a été menée en collaboration avec l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) – qui se livre périodiquement à ce type d’exercices mais d’ordinaire en solo – et visait à jauger les compétences des services d’urgence pris au dépourvu. « Généralement époustouflants » lorsqu’ils sont avisés, ont rapporté les élus, ils ont cette fois eu quelques difficultés dans leur lutte contre les éléments contraires. Confrontés à une simulation de perte totale des alimentations électriques et diesel sur l’une des tranches de l’installation, les techniciens EDF de Paluel en sont même arrivés à la conclusion qu’il leur fallait repenser intégralement leur guide technique, d’où de sérieuses interrogations quant à l’efficacité des contrôles menés par l’ASN. « Clef d’un panneau d’alimentation électrique indisponible, cafouillages multiples, documents de procédures comportant des “inexactitudes”. Au final, les employés se sont bien tirés de l’exercice et des situations parfois burlesques auxquelles ont assisté les parlementaires, mais non sans sueurs froides », ont résumé nos confrères de Sud-Ouest.

Si leurs homologues du Blayais ont quant à eux « presque fait un sans faute », ils ont tout de même « tâtonné une demi-heure » avant de donner leur réponse alors qu’ils devaient faire face à une simulation de deux mesures différentes du niveau d’eau. Sénateur de la Haute-Marne, Bruno Sido a en outre eu « une impression mitigée » à la suite de la visite des galeries techniques souterraines et a évoqué des « fuites non-identifiées et non-traitées, un repérage insuffisant des tuyauteries, dont certaines très corrodées et des déchets divers traînant sur le sol ». De quoi là se poser des questions quant à la qualité de la formation sécuritaire des employés et à l’état général des installations hexagonales…

« Il n’est pas pertinent de limiter l’analyse des événements initiateurs aux seuls phénomènes naturels »

Quand bien même la direction d’EDF n’a pas perdu de temps pour faire savoir qu’elle a été immédiatement détectée, l’intrusion des militants de l’ONG, qui a fait la une de l’actualité ce matin, sème elle aussi le trouble. Ces derniers ont en effet réussi à l’aube à monter sur le dôme de l’un des deux réacteurs de l’unité de Nogent-sur-Seine, située à quatre-vingt-quinze kilomètres au sud-est de Paris, et à déployer une banderole triomphante.

Si le propos de l’ONG pour qui « la sûreté nucléaire n’existe pas » peut sembler excessif, force est néanmoins d’admettre que le risque d’intrusion humaine, quoi qu’exclu du champ de l’audit des centrales nucléaires commandité par le gouvernement (NDLR : et confié à Areva, au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies renouvelables (CEA) et à EDF) après l’accident de Fukushima 1 (Japon), est bien réel. « De simples militants, aux intentions pacifistes, ont réussi, avec peu de moyens, à atteindre le cœur d’une centrale nucléaire », a souligné l’association sur son site Internet. Et de citer le président de l’Institut de recherche sur l’Energie et l’Environnement du Maryland (Etats-Unis), selon lequel « il n’est pas pertinent de limiter l’analyse des événements initiateurs aux seuls phénomènes naturels (séisme et inondation) ». « Les risques d’origine humaine auraient dû, dans une démarche de révision globale, être intégrés dans cette analyse. Cela concerne a minima les causes accidentelles et devrait même inclure les actes de malveillance », a-t-il ajouté.

Convaincue que le caractère incomplet de l’audit réside dans la conscience des autorités françaises de la vulnérabilité des centrales nucléaires, Greenpeace a en tout cas frappé un très grand coup ce matin. Un coup qui ne devrait certes pas suffire à ébranler durablement le lobby nucléaire mais qui risque cependant fort de relancer le débat autour de la sécurité des installations nationales. Plus que jamais aujourd’hui, il apparaît tout sauf superflu.

Crédit photos : Wikimedia Commons – clicgauche / flickr – Vincent Desjardins
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  • Anonyme

     Stop au nucléaire !