NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Des énergies renouvelables pour tous d’ici quelques années : l’Afrique a raison d’y croire

En Afrique, près de 700 millions d’habitants sont privés d’électricité, soit plus des deux tiers de la population. L’électrification du continent africain constitue un enjeu capital pour son développement économique et social, à condition de faire appel aux énergies renouvelables. L’exemple du Gabon, pays électrifié à 80 % où les énergies renouvelables représentent 40 % du mix énergétique, montre que c’est possible.

Plus d’une vingtaine de maires francophones de grandes villes africaines (Dakar, Casablanca, Libreville, Abidjan, Kinshasa, etc.) se sont réunis à Paris le 17 avril dernier à l’initiative d’Anne Hidalgo, présidente de l’Association Internationale des maires francophones (AIMF). Objectif de ce rassemblement : lancer un appel à investissements pour opérer une “électrification durable” de l’Afrique d’ici 2025. À défaut de promesses de financement, les édiles ont acté au terme des discussions la création d’une Agence africaine pour l’électrification.

Contrairement aux programmes déjà existants, comme “Power Africa” piloté par les États-Unis, cette agence sera dirigée par les 54 États africains, qui coordonneront eux-mêmes les projets locaux pour faire passer de 25 à 100 % l’accès à l’électricité sur le continent en moins de 10 ans. Montant estimé pour financer le projet : 200 milliards d’euros, qui doivent être levés grâce à une subvention internationale évaluée à 4 milliards d’euros par an.

Nécessité d’une électrification durable

Si la somme peut paraître astronomique, l’enjeu ne l’est pas moins. La sous-électrification de l’Afrique constitue un handicap majeur à son essor économique et social. Car qui dit électricité dit accès à l’eau, développement de l’agriculture et de la productivité, mais aussi de la santé, de l’éducation et de l’emploi. Aujourd’hui, un Africain utilise en moyenne 1 000 kW/h, contre 7 000 à 14 000 kW/h pour un Occidental. En prévision du doublement de sa population d’ici 2050 (2,5 milliards d’habitants, soit un quart de l’humanité), l’Afrique doit impérativement s’électrifier au plus vite, mais aussi de manière durable pour éviter une catastrophe écologique d’envergure. Soleil, vent, eau, biomasse… Les énergies renouvelables ne manquent pas sur ce vaste continent pour produire une électricité propre, à faible coût et en quantité suffisante. Avec, à la clé, l’espoir d’une autonomie énergétique et, à terme, d’une plus grande indépendance économique.

La COP 21 dans le viseur’

Le 3 novembre dernier, le président du Parlement panafricain, Roger Nkodo Dang, a défendu le plan d’électrification durable de l’Afrique devant l’Assemblée nationale à Paris. Comme les sénateurs quelques jours plus tôt, les députés français ont manifesté leur soutien à cette initiative, tout comme Emmanuel Macron, le ministre de l’Économie. Mais l’engagement concret de la France et de la communauté internationale se mesurera véritablement à Paris du 30 novembre au 11 décembre, lors de la conférence internationale sur le climat (COP 21). Un accord financier constituerait un grand pas en avant pour sceller le plan d’électrification durable de l’Afrique. Et pour illuminer l’avenir d’un continent tout entier.

Sous l’impulsion d’Accrombessi, le Gabon mise sur la diversification de son mix énergétique

Avec un taux d’électrification proche de 80 %, le Gabon fait figure de bon élève de l’Afrique subsaharienne. Classé parmi les cinq premières nations africaines en matière de compétitivité énergétique, le pays d’1,7 million d’habitants vise une couverture intégrale de son territoire en électricité d’ici 2020. Pour y parvenir, il a choisi de diversifier son mix énergétique, constitué à environ 60 % d’énergies fossiles et 40 % d’énergies renouvelables (essentiellement hydraulique).

Réduisant en permanence sa dépendance vis-à-vis du pétrole, le pays devrait se doter de microcentrales solaires dans les prochaines années, produisant en moyenne 450 kWh et visant à assurer en électricité les zones les plus reculées. Le Gabon mise également sur la biomasse et le thermique, comme en témoigne l’ouverture en 2013 de la centrale thermique d’Alénakiri à Libreville. Des initiatives allant dans le sens d’une véritable diversification économique (et énergétique), selon la politique dirigée par Maixent Accrombessi, le directeur de cabinet d’Ali Bongo, artisan d’un Gabon durable. À plus long terme, le gouvernement entend mettre davantage à profit les énergies renouvelables, et en particulier un potentiel hydroélectrique considérable (entre 5 000 et 6 000 MW). D’ici là, il devrait continuer à exploiter son gaz, tout en développant ses capacités en distribution électrique.

Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !