Ce bilan dépasse largement le précédent record établi en 2023, lorsque environ 9 000 ours avaient déjà été éliminés. Une hausse spectaculaire qui illustre l’aggravation des tensions entre les humains et les plantigrades dans plusieurs régions du pays.
Des attaques de plus en plus fréquentes
Cette campagne d’abattage massive intervient dans un contexte marqué par une multiplication des incidents impliquant des ours.
L’an dernier, treize personnes ont perdu la vie après des attaques de plantigrades au Japon. Plusieurs autres habitants ont également été blessés dans différentes préfectures, parfois directement à proximité de zones habitées.
Face à cette situation, les autorités japonaises avaient même mobilisé l’armée dans certaines régions afin de soutenir les opérations de surveillance et de protection des populations.
Les rencontres entre ours et habitants deviennent désormais plus fréquentes, y compris dans des villes ou des villages autrefois relativement épargnés.
Le réchauffement climatique pointé du doigt
Les spécialistes expliquent en grande partie cette évolution par les conséquences du changement climatique.
Les ours trouvent de plus en plus difficilement leur nourriture habituelle dans les montagnes japonaises. Les glands, noix et autres ressources naturelles dont ils se nourrissent se raréfient sous l’effet des bouleversements environnementaux.
Poussés par la faim, les animaux descendent alors davantage vers les zones urbaines ou agricoles à la recherche de nourriture.
La disparition progressive des espaces naturels situés entre les montagnes et les zones habitées accentue également les risques de confrontation avec les humains.
Une population d’ours en forte hausse
Le phénomène s’explique aussi par l’augmentation importante du nombre d’ours dans l’archipel japonais. Selon plusieurs estimations, la population d’ours bruns aurait doublé en une trentaine d’années.
Cette expansion oblige les animaux à étendre progressivement leurs territoires, ce qui accroît mécaniquement leur présence à proximité des habitations.
Dans certaines régions rurales confrontées au vieillissement de la population et à l’abandon de terres agricoles, les ours trouvent également plus facilement des espaces où s’aventurer.
Transformer le problème en ressource économique
Face à cette situation, le gouvernement japonais cherche désormais à limiter le gaspillage des carcasses issues des opérations d’abattage.
Les autorités encouragent ainsi la consommation de viande d’ours dans certaines régions du pays. Cette stratégie vise à transformer un problème sécuritaire en opportunité économique, notamment pour les territoires ruraux les plus touchés par la présence des plantigrades.
Certains restaurants proposent déjà des spécialités à base de viande d’ours, parfois présentées comme des produits traditionnels ou touristiques.
Cette orientation reste toutefois controversée. Des associations de protection animale dénoncent l’ampleur des abattages et réclament davantage de solutions préventives pour limiter les conflits entre humains et faune sauvage.
Un équilibre de plus en plus difficile à trouver
Le Japon illustre aujourd’hui les conséquences complexes des bouleversements environnementaux sur la cohabitation entre l’homme et les animaux sauvages.
Entre protection des populations, préservation de la biodiversité et adaptation au changement climatique, les autorités japonaises se retrouvent confrontées à un défi particulièrement sensible.
Et au vu de l’évolution du climat ainsi que de la progression continue des populations d’ours, ces tensions pourraient encore s’intensifier dans les années à venir.