Des canicules de plus en plus précoces, une inaction persistante
La France vient de battre de nouveaux records de chaleur au tout début de l’été. Ces épisodes extrêmes, autrefois exceptionnels, deviennent aujourd’hui récurrents. Les canicules frappent durement les plus vulnérables : les personnes âgées, les foyers modestes vivant dans des logements mal isolés, ou encore les travailleurs exposés à l’extérieur.
Face à cette situation dramatique, les réponses politiques tardent ou, pire, régressent. La France n’est plus sur la trajectoire fixée pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Les experts alertent, les citoyens s’inquiètent, mais les décisions prises au plus haut niveau vont dans le sens inverse des engagements climatiques.
Une série de reculs environnementaux inquiétants pour le climat
Le Réseau Action Climat recense pas moins de 43 reculs écologiques actés au cours des six derniers mois. Parmi les décisions les plus emblématiques : la suspension de MaPrimeRénov’, l’un des leviers principaux pour aider les ménages à isoler leur logement ; la coupe des aides destinées aux véhicules électriques et aux vélos ; ou encore le soutien renouvelé aux modes d’élevage les plus industriels.
Ces mesures, loin de n’être que des ajustements techniques, ont des conséquences concrètes et immédiates. Moins d’aide à la rénovation, c’est plus de factures d’énergie pour les ménages. Moins de soutien aux mobilités propres, c’est plus de dépendance à la voiture thermique. Favoriser l’élevage industriel, c’est accélérer la perte de biodiversité et aggraver les pollutions.
Des effets néfastes sur l’économie, la santé et l’emploi
Contrairement à une idée reçue, reculer sur l’écologie ne profite pas à l’économie — bien au contraire. Ces décisions affaiblissent des secteurs clés comme le bâtiment durable, les énergies renouvelables ou les mobilités douces. Des milliers d’emplois sont menacés dans des filières qui, jusqu’ici, affichaient un fort potentiel de croissance.
La santé publique est elle aussi en jeu. La mauvaise qualité de l’air, l’exposition accrue aux fortes chaleurs et l’inaction face à la dégradation des écosystèmes contribuent à une hausse des maladies respiratoires, cardiovasculaires et des pathologies chroniques.
Quant au pouvoir d’achat, il est directement impacté. Les ménages les plus modestes, souvent les moins bien logés et les plus dépendants à la voiture, sont aussi les plus exposés aux conséquences de ces reculs politiques. Ce sont eux qui paient le prix de l’inaction.
Des choix politiques à rebours des attentes citoyennes
Alors que le discours politique laisse parfois entendre un désintérêt croissant des Français pour la question écologique, les sondages disent tout le contraire. 84 % des Français ont une opinion positive des énergies renouvelables, un chiffre qui monte à 94 % chez les riverains d’installations. De même, 84 % souhaitent des mesures pour encadrer l’élevage industriel, perçu comme nuisible à la santé et à l’environnement.
L’analyse des votes parlementaires montre cependant un net décalage entre les attentes des citoyens et les décisions des élus. La majorité des reculs ont été impulsés par l’extrême droite et la droite républicaine, mais le bloc central, souvent divisé ou passif, a permis leur adoption. Résultat : un affaiblissement continu de la politique climatique française, malgré l’urgence.
Un virage encore possible, mais à prendre dès maintenant
Les semaines à venir seront cruciales. Plusieurs textes sont en discussion, dont les projets de loi Duplomb et Gremillet, ainsi que les premières orientations du budget 2026, attendues à la mi-juillet. Ces échéances représentent une occasion de rectifier la trajectoire actuelle.
Il est temps pour les responsables politiques de sortir de la logique du court terme et du calcul électoral. L’argument d’une “écologie trop contraignante” ne tient plus face aux réalités du terrain et aux attentes massives de la population. Agir pour le climat n’est pas un luxe ou un sacrifice, c’est une nécessité pour préserver le quotidien des Françaises et des Français.
Pour une écologie au service de l’intérêt général et du climat
Loin d’être une lubie d’activistes, la transition écologique est une demande forte, ancrée dans la société française. En reculant sur l’environnement, les décideurs politiques affaiblissent non seulement notre capacité à affronter les défis climatiques, mais ils pénalisent aussi les citoyens dans leur santé, leur emploi et leur pouvoir d’achat.
Face à une opinion publique majoritairement favorable à une action ambitieuse, il est urgent de remettre l’écologie au cœur de l’intérêt général. Et de le faire sans attendre, car chaque recul aujourd’hui hypothèque un peu plus notre avenir collectif.