Les satellites mesurent désormais les émissions de méthane installation par installation

Les satellites mesurent désormais les émissions de méthane installation par installation
nvisible à l'œil nu, le méthane est pourtant l'un des principaux gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Son pouvoir de réchauffement est environ 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone sur une période de vingt ans. Réduire ses émissions constitue donc l'un des moyens les plus rapides de ralentir le changement climatique. Encore faut-il savoir précisément d'où elles proviennent.

Cette capacité de surveillance a longtemps reposé sur des déclarations des exploitants et sur des campagnes de mesure réalisées au sol. Depuis quelques années, une nouvelle génération de satellites bouleverse cette approche. Capables de détecter des panaches de méthane avec une précision inédite, ils permettent désormais d’identifier les émissions jusqu’à l’échelle d’une installation industrielle.

Une surveillance mondiale qui change d’échelle

Grâce aux progrès des capteurs embarqués et de l’imagerie hyperspectrale, plusieurs satellites peuvent désormais localiser des fuites provenant de puits pétroliers, de gazoducs, de décharges, de mines de charbon ou de grands sites industriels.

Le satellite européen Sentinel-5P fournit déjà une surveillance quotidienne de l’atmosphère à l’échelle mondiale. Plus récemment, MethaneSAT, développé avec le soutien de l’Environmental Defense Fund, et Carbon Mapper offrent une résolution beaucoup plus fine, capable de repérer des émissions ponctuelles et d’en estimer l’importance.

Ces données sont souvent rendues publiques. Elles permettent aux autorités, aux chercheurs mais aussi aux entreprises de détecter rapidement des fuites parfois inconnues et d’intervenir avant qu’elles ne représentent des pertes économiques ou environnementales importantes.

Un levier pour accélérer la réduction des émissions

Cette transparence modifie progressivement les pratiques. Les exploitants disposent désormais d’informations plus précises pour cibler leurs opérations de maintenance, tandis que les pouvoirs publics peuvent mieux contrôler le respect des réglementations.

La technologie présente toutefois certaines limites. Les conditions météorologiques, la couverture nuageuse ou la taille des émissions influencent encore la qualité des observations. Les satellites ne remplacent donc pas les mesures réalisées sur le terrain, mais les complètent efficacement.

Avec le développement de nouvelles constellations et l’amélioration continue des capteurs, la surveillance du méthane devrait gagner encore en précision dans les prochaines années. L’observation spatiale devient ainsi un outil essentiel pour suivre les engagements climatiques et réduire rapidement les émissions les plus faciles à éviter.