Restaurer la biodiversité des sols agricoles : un enjeu clé face à la sécheresse

Restaurer la biodiversité des sols agricoles : un enjeu clé face à la sécheresse
La sécheresse de plus en plus fréquente et les conditions climatiques extrêmes imposent de nouveaux défis à l’agriculture en France. L’un des enjeux majeurs pour assurer la résilience des sols agricoles face à ces événements climatiques est la restauration de leur biodiversité. Les sols agricoles, qui abritent une multitude de micro-organismes et d’espèces végétales, sont essentiels à la santé de nos écosystèmes agricoles. En 2025, la restauration de cette biodiversité devient une priorité pour améliorer la qualité des sols, augmenter leur capacité de rétention d’eau et réduire les risques de sécheresse.

La biodiversité des sols, un atout contre la sécheresse

Les sols agricoles en France ont subi une dégradation progressive au fil des années, principalement à cause de pratiques agricoles intensives et de l’utilisation de produits chimiques. La biodiversité des sols — qui comprend une variété de bactéries, champignons, vers de terre, racines et micro-organismes — joue un rôle fondamental dans la structure du sol, sa fertilité et sa capacité à retenir l’eau. Les sols riches en biodiversité sont plus capables d’absorber et de retenir l’humidité, ce qui les rend plus résilients en période de sécheresse.

En 2025, des études réalisées par l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) montrent que les sols restaurés biologiquement, avec une diversité de cultures et de rotations, retiennent jusqu’à 30 % d’eau en plus par rapport à des sols traités de manière conventionnelle. Ces sols plus sains sont également moins susceptibles de souffrir de l’érosion et du compactage, deux phénomènes aggravés par le manque d’eau.

Des pratiques agricoles pour restaurer la biodiversité des sols

Pour restaurer la biodiversité des sols agricoles, plusieurs pratiques sont mises en place par les agriculteurs et soutenues par les politiques publiques. Le maraîchage agroécologique et l’agriculture de conservation des sols sont des techniques efficaces qui favorisent la régénération des sols. Ces pratiques reposent sur la réduction du travail du sol, la couverture permanente des sols avec des cultures de couverture (comme les légumineuses) et l’introduction de pratiques telles que le compostage et le mulching.

Les cultures de couverture sont particulièrement importantes. Elles protègent le sol de l’érosion, retiennent l’humidité et enrichissent le sol avec des nutriments. En 2025, une étude menée dans la région de Provence-Alpes-Côte d’Azur a révélé que les agriculteurs qui utilisent des cultures de couverture sur 50 % de leurs parcelles ont observé une réduction de 25 % des besoins en irrigation.

Les politiques publiques pour soutenir la biodiversité des sols agricoles

La France a mis en place plusieurs dispositifs pour encourager les agriculteurs à restaurer la biodiversité des sols, notamment dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC). Des subventions sont accordées aux exploitations agricoles qui adoptent des pratiques favorables à la biodiversité. Par exemple, en 2025, la transition agroécologique bénéficie d’un financement supplémentaire de 3,5 milliards d’euros dans le cadre du plan “France 2030”, dont une partie est dédiée à la restauration des sols.

L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) soutient également les projets de reboisement, d’agriculture régénérative et de biodiversité sur les exploitations agricoles. Ces projets incluent la création de haies bocagères, de mares et de zones de biodiversité afin de favoriser la faune et la flore locales, tout en améliorant la qualité des sols et leur capacité à retenir l’eau.

Exemples de projets de restauration de la biodiversité des sols

Des projets exemplaires de restauration de la biodiversité des sols sont en cours dans différentes régions de France. Dans le Vaucluse, des agriculteurs ont intégré des systèmes de culture intercalaires, où des plantes comme la moutarde, les pois et le trèfle sont semées entre les cultures principales. Ces plantes fixent l’azote dans le sol et favorisent la rétention d’eau. En 2023, ces exploitations ont observé une augmentation de 20 % du rendement des cultures tout en utilisant 50 % moins d’eau.

En Bretagne, des projets de reconversion vers l’agriculture biologique ont permis de réintroduire des pratiques favorisant la biodiversité. En réduisant l’utilisation de produits chimiques et en pratiquant la rotation des cultures, les agriculteurs ont observé une nette amélioration de la qualité de l’eau dans les nappes phréatiques et une réduction des niveaux de nitrates.