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Réchauffement climatique : les conséquences sanitaires s’aggravent à l’échelle mondiale

Le changement climatique représente une menace croissante pour la santé des populations. Selon un nouveau rapport international publié dans la revue médicale The Lancet, les décès liés aux fortes chaleurs, les sécheresses et les phénomènes météorologiques extrêmes progressent plus rapidement que les mesures engagées pour y faire face. À l’approche de la COP31, les chercheurs appellent les États à reconnaître officiellement le réchauffement climatique comme une urgence sanitaire mondiale.

Dix ans après l’entrée en vigueur de l’accord de Paris sur le climat, les conséquences sanitaires du réchauffement continuent de s’amplifier. C’est le constat dressé par la dixième édition du rapport Lancet Countdown, publiée le 28 octobre 2026. Réalisée par 146 chercheurs issus de plus de 30 pays, cette étude internationale analyse les liens entre évolution du climat et santé humaine à partir de 54 indicateurs.

Les scientifiques observent que plusieurs risques sanitaires ont progressé plus rapidement entre 2016 et 2025 qu’au cours de la décennie précédente. Malgré les investissements dans les énergies renouvelables et le développement de politiques de prévention, les réponses apportées restent insuffisantes face à l’ampleur des changements observés.

La mortalité liée aux fortes chaleurs en nette augmentation

L’un des principaux enseignements du rapport concerne les conséquences des températures élevées sur la mortalité. Entre 2016 et 2023, les chercheurs estiment que la chaleur a été associée à une moyenne de 540 800 décès par an dans le monde, soit une augmentation de près de 36 % par rapport à la période 2006-2015.

L’année 2023 constitue un record, avec environ 710 000 décès liés à la chaleur. Selon les estimations scientifiques, plus de 70 % de cette mortalité serait attribuable au réchauffement provoqué par les activités humaines.

Les effets sanitaires dépassent toutefois les épisodes de canicule. L’augmentation des températures favorise également les sécheresses, fragilise l’accès à l’eau potable et menace les productions agricoles, avec des conséquences potentielles sur la nutrition et la propagation de certaines maladies.

En 2025, plus de la moitié des terres émergées de la planète ont connu au moins un mois de sécheresse extrême. Parallèlement, les précipitations particulièrement intenses concernent des surfaces de plus en plus importantes, accentuant les risques d’inondations et de dégradation des conditions sanitaires.

Des conséquences économiques et sociales importantes

Au-delà de la santé publique, le réchauffement entraîne des répercussions économiques considérables. Les fortes températures réduisent notamment les capacités de travail dans les secteurs exposés, comme l’agriculture, la construction et certaines activités industrielles.

Pour la seule année 2025, les pertes de revenus potentiels liées à la chaleur sont évaluées à 1 070 milliards de dollars à l’échelle mondiale. L’Afrique et l’Asie du Sud-Est figurent parmi les régions proportionnellement les plus touchées, en raison notamment de la place importante des activités exercées en extérieur.

Les conséquences sont également inégales selon les populations. Les personnes âgées, les jeunes enfants et les ménages disposant de ressources limitées présentent une vulnérabilité particulière face aux températures extrêmes. Dans les pays les moins équipés, les établissements de santé peuvent aussi rencontrer des difficultés pour répondre à l’augmentation des besoins.

Des progrès encore insuffisants face à l’ampleur du phénomène

Le rapport souligne néanmoins plusieurs évolutions positives. Les investissements mondiaux dans les énergies propres ont atteint 2 100 milliards de dollars en 2025. La diminution de la pollution atmosphérique liée aux combustibles fossiles dans certains pays contribuerait par ailleurs à éviter plusieurs centaines de milliers de décès chaque année.

Les systèmes de santé commencent également à intégrer davantage les risques climatiques dans leur organisation. Selon les chercheurs, 56 des 194 États membres de l’Organisation mondiale de la santé disposent désormais d’un plan national d’adaptation sanitaire au changement climatique, contre 14 en 2015.

Ces avancées restent cependant limitées. Les énergies fossiles représentent toujours plus de 80 % de l’approvisionnement énergétique mondial et la pollution atmosphérique qui leur est associée provoquerait environ 2,73 millions de décès par an.

Face à cette situation, les auteurs du Lancet Countdown demandent une mobilisation internationale renforcée. Ils proposent notamment la création d’un dispositif coordonné sous l’égide de l’OMS, destiné à intégrer les enjeux sanitaires dans les décisions climatiques et à améliorer le financement des mesures d’adaptation.

À quelques jours de l’ouverture de la COP31, prévue le 9 novembre 2026 en Turquie, cette nouvelle évaluation rappelle que les conséquences du réchauffement ne concernent plus seulement les équilibres environnementaux à long terme. Elles affectent déjà directement la santé, les conditions de vie et les économies de nombreux pays.

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