Chaque matin et chaque soir, les abords des écoles concentrent voitures, ralentissements et moteurs laissés en marche. Cette circulation expose les enfants à des polluants au moment même où ils entrent en classe ou retrouvent la cour. Pour réduire cette exposition, de plus en plus de villes transforment la rue scolaire en véritable outil de santé publique.
Éloigner la circulation pour réduire l’exposition
Les enfants sont particulièrement sensibles à la pollution de l’air, car leur système respiratoire est encore en développement. Or, de nombreuses écoles se trouvent à proximité d’axes fréquentés. Le dioxyde d’azote, principalement lié au trafic routier dans les grandes agglomérations, et les particules fines peuvent alors pénétrer dans les cours et les bâtiments.
Une expérimentation menée par Airparif dans 44 établissements parisiens a montré que les concentrations de dioxyde d’azote étaient en moyenne 36 % plus faibles dans les cours que dans les rues adjacentes. La distance avec la circulation et la présence de murs produisent donc un effet protecteur.
Les « rues scolaires » cherchent à renforcer cette protection. Leur principe consiste à interdire ou à limiter la circulation devant les établissements, temporairement aux heures d’entrée et de sortie ou de manière permanente. La rue peut ensuite accueillir des cheminements piétons, des stationnements pour vélos ou de nouveaux espaces végétalisés.
Repenser aussi les trajets jusqu’à l’école
Fermer quelques mètres de chaussée ne suffit pas toujours. Si les véhicules sont simplement reportés dans les rues voisines, la pollution se déplace sans réellement disparaître. Chaque projet doit donc tenir compte de la circulation du quartier, des besoins des riverains et de l’accès des personnes à mobilité réduite.
L’amélioration de l’air passe également par les trajets quotidiens. Des trottoirs continus, des pistes cyclables sécurisées et des itinéraires piétons agréables peuvent inciter davantage de familles à renoncer à la voiture. L’aménagement des abords de l’école devient alors le point de départ d’une transformation plus large : celle d’un quartier plus calme, plus sûr et plus respirable.
