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Les déchets médicaux : un gisement encore largement sous-exploité

Tri de déchets médicaux dans une installation de valorisation.

Des opérateurs trient différents flux de déchets issus d'un établissement de santé dans une plateforme spécialisée.

Seringues, blouses, champs opératoires, tubulures, poches de perfusion ou dispositifs médicaux à usage unique : les établissements de santé produisent chaque année des volumes considérables de déchets. Si les déchets infectieux font l’objet de filières strictement encadrées, une grande partie des déchets hospitaliers n’est pourtant pas contaminée. Faute de tri suffisamment précis ou de solutions de valorisation adaptées, ces matériaux finissent encore trop souvent en incinération.

Face à l’augmentation des besoins de santé et à la généralisation des dispositifs à usage unique, les hôpitaux cherchent désormais à mieux distinguer les déchets réellement à risque de ceux qui pourraient être recyclés ou réemployés. Une évolution qui ouvre de nouvelles perspectives pour l’économie circulaire.

Un potentiel de valorisation encore largement inexploité

Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) représentent une part relativement limitée des déchets produits par les établissements de santé. À l’inverse, emballages plastiques, cartons, métaux, verre ou certains dispositifs médicaux non souillés pourraient rejoindre des filières de recyclage classiques ou spécialisées.

Plusieurs établissements français expérimentent déjà de nouvelles pratiques. Les Hospices Civils de Lyon, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris ou encore le CHU de Bordeaux développent des programmes visant à améliorer le tri à la source et à réduire les volumes de déchets infectieux envoyés en traitement spécifique. Cette meilleure séparation permet non seulement de diminuer les coûts de gestion, mais aussi de récupérer davantage de matières valorisables.

En parallèle, des entreprises spécialisées développent des procédés capables de recycler certains plastiques médicaux, longtemps considérés comme non valorisables.

Concilier sécurité sanitaire et économie circulaire

La principale difficulté reste d’assurer une sécurité sanitaire irréprochable. Les erreurs de tri peuvent présenter des risques pour les personnels chargés de la collecte et du traitement. Les protocoles restent donc particulièrement exigeants et limitent encore les possibilités de valorisation de certains flux.

Les fabricants sont également appelés à repenser la conception des dispositifs médicaux. L’utilisation de matériaux plus facilement recyclables, la réduction des emballages ou le développement de solutions réutilisables lorsque cela est possible constituent plusieurs pistes déjà explorées en Europe.

Alors que les établissements de santé s’engagent dans des démarches de décarbonation, la gestion des déchets devient un levier d’action à part entière. Mieux trier, mieux recycler et limiter les déchets à la source pourraient permettre de réduire significativement l’empreinte environnementale du secteur sans compromettre les exigences de sécurité des patients.

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