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Pourquoi la majorité des déchets plastiques sont encore incinérés en France

Malgré le développement du tri sélectif et des filières de recyclage, une grande partie des déchets plastiques produits en France n’est toujours pas recyclée. Les limites techniques du recyclage, la complexité de certains emballages et l’augmentation continue de la production de plastique expliquent en grande partie cette situation.

Plus d’un déchet plastique sur deux est incinéré

Selon les dernières données disponibles, un peu plus de la moitié des déchets plastiques en France, soit 51,5 %, sont orientés vers des unités d’incinération avec valorisation énergétique. Environ 28 % sont encore enfouis, tandis que seulement 20,5 % sont effectivement recyclés.

Si la mise en décharge diminue progressivement au profit du recyclage et de la valorisation énergétique, les plastiques recyclés restent encore peu présents dans les nouveaux produits. En moyenne, les objets fabriqués à partir de plastique n’intègrent qu’une faible proportion de matière recyclée.

Les emballages plastiques restent difficiles à recycler

La situation est légèrement meilleure pour les emballages ménagers, mais elle demeure loin des objectifs fixés. Environ 30 % seulement des emballages plastiques utilisés par les Français sont recyclés pour produire de nouvelles matières plastiques.

Ce résultat place la France en retrait par rapport à plusieurs pays européens, où les taux de recyclage des emballages atteignent parfois entre 50 % et 60 %. Une part importante des emballages finit encore dans les ordures ménagères, est rejetée lors du tri ou est dirigée vers des installations d’incinération.

Des obstacles techniques persistants

Le recyclage du plastique consiste à broyer, laver puis transformer les déchets en granulés qui serviront à fabriquer de nouveaux produits. Toutefois, ce procédé ne fonctionne pas pour tous les emballages.

Les plastiques composés de plusieurs matériaux, les emballages multicouches, les résines mélangées ou encore certains colorants compliquent fortement le recyclage. Les barquettes colorées, par exemple, ne permettent pas toujours d’obtenir une matière suffisamment homogène pour fabriquer de nouveaux emballages identiques.

À ces contraintes techniques s’ajoute un facteur économique : les plastiques vierges, issus des ressources fossiles, restent souvent moins coûteux et plus faciles à utiliser que les matières recyclées.

Le tri reste indispensable, malgré ses limites

Si certains emballages ne disposent pas encore de filière de recyclage performante, ils sont néanmoins collectés dans les bacs de tri. Cette stratégie permet d’assurer un message simple auprès des consommateurs et d’alimenter les industriels en matière première afin de développer de nouvelles technologies de recyclage.

Le geste de tri demeure donc utile, même si tous les emballages déposés dans la poubelle jaune ne seront pas transformés en nouveaux produits.

Réduire la production, un enjeu majeur

Pour de nombreux spécialistes, le recyclage ne pourra pas, à lui seul, résoudre le problème de la pollution plastique. Plusieurs mesures ont déjà permis de réduire certains déchets à usage unique, comme l’interdiction des pailles, des sacs plastiques ou de certaines vaisselles jetables.

Parallèlement, les industriels sont encouragés à concevoir des emballages plus simples, plus légers et plus facilement recyclables. Mais ces efforts restent limités face à une production mondiale de plastique qui continue d’augmenter.

Selon les projections de l’OCDE, la production mondiale de plastique pourrait presque tripler d’ici 2060 si les tendances actuelles se poursuivent. Dans ce contexte, la réduction des emballages à la source apparaît de plus en plus comme un levier complémentaire indispensable au recyclage pour limiter durablement la pollution plastique.

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