ZeGreenWeb

Les biointrants de nouvelle génération changent-ils réellement la protection des cultures ?

Agriculteur appliquant un biointrant sur une culture

Les biointrants s'appuient sur les mécanismes naturels des écosystèmes pour protéger les cultures.

La réduction de l’usage des pesticides ne repose plus uniquement sur la recherche de nouvelles molécules chimiques. Depuis quelques années, une autre approche gagne du terrain dans les exploitations agricoles : celle des biointrants. Longtemps cantonnés à quelques productions spécialisées, ces produits issus du vivant connaissent une accélération portée par les avancées en microbiologie, en biotechnologies et par l’évolution de la réglementation européenne. Leur promesse est séduisante : protéger les cultures en s’appuyant sur les mécanismes naturels des plantes et des micro-organismes plutôt que sur des traitements de synthèse.

Le marché s’élargit rapidement, mais ces solutions peuvent-elles réellement répondre aux attentes des agriculteurs confrontés aux maladies, aux ravageurs et aux aléas climatiques ?

Des solutions inspirées du fonctionnement naturel des écosystèmes

Les biointrants regroupent une grande diversité de produits : micro-organismes bénéfiques, champignons, bactéries, extraits végétaux, phéromones ou encore biostimulants capables de renforcer les défenses naturelles des plantes. Contrairement aux pesticides conventionnels, leur objectif n’est pas toujours d’éliminer un organisme nuisible, mais de rétablir un équilibre biologique favorable aux cultures.

En France, plusieurs filières les utilisent déjà à grande échelle. La confusion sexuelle, qui consiste à diffuser des phéromones pour empêcher la reproduction de certains insectes ravageurs, est largement déployée dans les vignobles. Des bactéries comme Bacillus thuringiensis sont employées depuis plusieurs décennies contre certaines chenilles, tandis que des champignons ou des micro-organismes sont testés pour améliorer la résistance des cultures aux épisodes de sécheresse.

Les industriels investissent également dans une nouvelle génération de biointrants plus ciblés, capables d’agir sur le microbiote des sols ou des racines afin d’améliorer l’absorption des nutriments et la résilience des plantes.

Une transition prometteuse, mais encore semée d’obstacles

Malgré leur essor, les biointrants ne constituent pas une solution universelle. Leur efficacité dépend souvent des conditions climatiques, du type de culture ou encore de la qualité des sols. Là où un produit chimique offre généralement un résultat rapide et prévisible, une solution biologique demande parfois davantage d’observation et une adaptation des pratiques agricoles.

Leur développement suppose également un important travail de recherche. Les interactions entre les plantes, les micro-organismes et leur environnement restent encore imparfaitement connues, ce qui explique pourquoi de nombreuses solutions sont toujours en phase d’expérimentation.

Pour autant, la dynamique est bien engagée. Le plan national Écophyto, les investissements de l’INRAE ou encore les stratégies européennes en faveur du biocontrôle encouragent le développement de ces alternatives. Sans remplacer totalement les produits phytosanitaires, les biointrants pourraient progressivement devenir l’un des principaux leviers d’une protection des cultures plus diversifiée, capable de concilier performance agricole et préservation des écosystèmes.

Quitter la version mobile