La qualité de l’air dans les transports publics fermés, notamment les métros et certains réseaux ferroviaires souterrains, fait l’objet d’une attention croissante. Les voyageurs et les personnels d’exploitation peuvent être exposés à des concentrations importantes de particules fines issues du freinage, de l’usure des rails ou du confinement des espaces. Longtemps peu étudiée, cette pollution intérieure devient un sujet de santé publique pour les opérateurs de transport et les collectivités.
Des niveaux de pollution parfois supérieurs à l’air extérieur
Plusieurs études menées dans les réseaux de transport souterrains ont mis en évidence des concentrations élevées de particules métalliques et de particules fines. À la RATP, des campagnes de mesure ont montré des niveaux de particules supérieurs à ceux observés en surface dans certaines stations du métro parisien.
Ces particules proviennent principalement des systèmes de freinage, du contact roue-rail et des poussières accumulées dans les tunnels. Leur composition diffère de celle des pollutions routières classiques, avec une présence plus importante de métaux comme le fer ou le cuivre.
Les personnels travaillant dans les espaces souterrains sont particulièrement exposés, ce qui conduit les opérateurs à renforcer les dispositifs de surveillance.
Des solutions techniques progressivement déployées
Face à ces constats, plusieurs réseaux investissent dans l’amélioration de la ventilation et des systèmes de filtration. À la SNCF comme à la RATP, des travaux ont été engagés pour moderniser certains équipements et limiter l’accumulation de particules dans les stations les plus fréquentées.
Des expérimentations portent également sur l’évolution des matériaux de freinage afin de réduire les émissions à la source. À Londres, le réseau du London Underground teste plusieurs solutions de captation des poussières dans les tunnels.
Ces démarches montrent que la question de la qualité de l’air ne concerne pas uniquement les espaces extérieurs, mais aussi les infrastructures de mobilité du quotidien. Leur prise en compte devrait s’intensifier dans les politiques de santé environnementale.
