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Catastrophes naturelles dans les Outre-mer : les entreprises se mobilisent

Cyclone Chido à Mayotte, Batsirai et Freddy à La Réunion, ouragan Fiona en Guadeloupe… face à l’intensification des catastrophes naturelles en Outre-mer, de nombreuses entreprises se mobilisent aux côtés des ONG et des pouvoirs publics. Certaines interviennent pour rétablir, dans l’urgence, des infrastructures vitales – électriques, télécoms, routières. D’autres, solidement implantées localement, comme CMA CGM ou GBH, ont structuré leur réponse aux catastrophes, entre soutien logistique et aide directe aux victimes.

Fin mars 2026, à l’initiative de la Croix-Rouge, des ONG ont lancé un portail consacré à la prévention des catastrophes naturelles dans les Caraïbes. Baptisé « Caribbean-Risks.org », le site vise à renforcer la préparation des populations face aux ouragans, séismes et éruptions volcaniques, dans un contexte où le changement climatique intensifie les événements extrêmes.

Des Outre-mer particulièrement exposés

Ce portail concerne la Martinique et la Guadeloupe, mais tous les départements d’Outre-mer insulaires sont fortement exposés à ces risques. L’événement le plus marquant depuis 2020 reste le cyclone Chido, qui a dévasté Mayotte en 2024. En 2022, l’ouragan Fiona a durement frappé la Guadeloupe et plus légèrement la Martinique. La Réunion a subi un cyclone par an : Batsirai en 2022, Freddy en 2023, Belal en 2024, Garance en 2025.

Face à la violence des phénomènes et à l’ampleur des dégâts, les chaînes de solidarité se mettent en place. ONG et pouvoirs publics coordonnent les opérations d’urgence et de reconstruction. Moins médiatisées, de nombreuses entreprises y jouent un rôle déterminant. Dans l’urgence, cette contribution peut s’avérer décisive et sauver des vies.

Rétablir les infrastructures critiques

Parmi les acteurs du secteur privé, les opérateurs de réseaux sont en première ligne, notamment pour l’électricité et les télécoms. Dans l’océan Indien, EDF et Enedis anticipent ainsi les coupures en envoyant des techniciens sur place avant l’arrivée des cyclones. Une fois la tempête passée, ils agissent pour rétablir au plus vite le courant.

La remise en service rapide des communications (téléphone et Internet) est également essentielle pour coordonner les secours et informer les habitants. Opérateur historique, Orange intervient sur la plupart des catastrophes en Outre-mer : ses équipes déploient d’abord des solutions temporaires, puis s’attachent à réparer les antennes et les réseaux mobiles. Les techniciens de SFR se sont également distingués par leur efficacité après les cyclones Chido à Mayotte et Garance à La Réunion.

Dans la même logique, les groupes de BTP, comme Bouygues ou Vinci, interviennent en urgence pour sécuriser les routes endommagées et les rouvrir. Face aux bâtiments touchés, ils sécurisent les structures endommagées mais réparables. Ils anticipent également la reconstruction à venir.

CMA-CGM : la logistique au service de l’urgence

Certaines entreprises ancrées dans les Outre-mer ont structuré des dispositifs de réponse aux catastrophes. C’est le cas de l’armateur CMA CGM. Sa fondation a pour mission de mobiliser les capacités du groupe pour soutenir logistiquement les opérations de secours des ONG et des pouvoirs publics.

Ainsi, après le passage de Chido à Mayotte, sa filiale CEVA Logistics a affrété en urgence 12 vols depuis Paris, pour livrer 990 tonnes de marchandises. L’armateur a également déployé un pont maritime de huit navires, qui a acheminé 1 600 conteneurs en deux mois, dont 3,5 millions de litres d’eau et 1 500 tonnes de denrées humanitaires.

GBH, mobilisé à chaque crise

Autre acteur présent dans l’ensemble des Outre-mer, le groupe Bernard Hayot (GBH) s’est aussi distingué après Chido. « Chaque fois qu’une catastrophe survient dans un territoire où nous sommes implantés, nous nous impliquons », résume son directeur général Stéphane Hayot. À Mayotte, le groupe a d’abord déployé des cliniques mobiles et débloqué un million d’euros d’aide d’urgence pour les agriculteurs. Il a ensuite investi deux millions d’euros dans un programme de reconstruction agricole, fondé sur des systèmes de récupération et de stockage d’eau.

Dans les Antilles, les filiales de GBH intègrent la gestion des catastrophes dans leur stratégie. En cas d’ouragan, les magasins Carrefour distribuent gratuitement eau, denrées alimentaires et produits de première nécessité. Des plans de continuité éprouvés leur permettent de rouvrir rapidement avec une offre essentielle. Lors de l’ouragan Fiona en Guadeloupe en 2022, GBH a par ailleurs débloqué 100 000 euros pour les populations sinistrées des communes les plus touchées.

Ce soutien dépasse le cadre ultramarin. En 2021, après le séisme en Haïti et l’éruption du volcan La Soufrière à Saint-Vincent, les filiales Carrefour de Martinique et de Guadeloupe ont contribué au transport de l’aide. Enfin, en février 2026, après le passage du cyclone Gezani à Madagascar, GBH a acheminé des dizaines de palettes d’aide d’urgence vers les zones les plus touchées.

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