Le changement climatique modifie les conditions de travail et les obligations des employeurs

Le changement climatique modifie les conditions de travail et les obligations des employeurs
La première année de mise en œuvre de la CSRD a marqué un tournant pour de nombreuses entreprises européennes. Après l’effort initial de conformité, une phase plus pragmatique s’ouvre. Les organisations réalisent que le reporting extra-financier ne se limite pas à produire des données, mais qu’il transforme en profondeur les processus internes, la gouvernance et la manière de piloter la performance globale.

Des données plus complexes à produire que prévu

La collecte des informations environnementales, sociales et de gouvernance révèle souvent des lacunes dans les systèmes d’information existants. Les entreprises découvrent que certaines données n’ont jamais été structurées, ou qu’elles sont dispersées entre différents services. La fiabilité, la traçabilité et la cohérence deviennent des enjeux centraux, notamment lorsque les indicateurs doivent être audités.

Cette première année met également en lumière la dépendance aux fournisseurs et aux partenaires. La chaîne de valeur devient un périmètre incontournable du reporting, obligeant les entreprises à engager un dialogue inédit avec leurs écosystèmes. Le reporting n’est plus un exercice interne, mais un processus collectif qui mobilise l’ensemble des acteurs économiques.

Du reporting à un nouvel outil de pilotage stratégique

Une fois la phase de conformité passée, les entreprises commencent à exploiter les données produites. Les indicateurs extra-financiers deviennent des outils d’aide à la décision, permettant d’identifier des risques, des inefficiences et des opportunités de transformation. Le reporting évolue vers un instrument de pilotage, au même titre que les données financières.

Cette évolution change le rôle de la RSE au sein des organisations. Les directions RSE passent du statut de producteurs de données à celui de partenaires stratégiques des directions générales. La CSRD agit ainsi comme un accélérateur de maturité. Elle révèle que le reporting durable n’est pas une fin en soi, mais un levier pour transformer les modèles économiques, renforcer la résilience et aligner la performance financière avec les enjeux environnementaux et sociaux.