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Le changement climatique redéfinit en profondeur les limites de l’assurabilité

Installation économique endommagée par un événement climatique

La répétition des événements climatiques remet en cause l’assurabilité de certaines activités

Inondations répétées, incendies, sécheresses, tempêtes ou submersions marines transforment la cartographie des risques économiques. Pour le secteur de l’assurance, ces événements ne relèvent plus de l’exceptionnel, mais d’une nouvelle normalité. Certaines activités, autrefois considérées comme assurables à des conditions standard, deviennent de plus en plus difficiles à couvrir. Ce basculement interroge le fonctionnement même des mécanismes de mutualisation des risques et fragilise des pans entiers de l’économie.

Des risques climatiques de plus en plus fréquents et plus coûteux

La multiplication des sinistres liés aux aléas climatiques déséquilibre les modèles actuariels traditionnels. Dans certaines zones, la fréquence et l’intensité des événements rendent les indemnisations récurrentes, ce qui alourdit fortement les charges pour les assureurs. Les secteurs exposés aux aléas naturels, comme l’agriculture, le tourisme littoral, la logistique ou certaines industries implantées en zones inondables, voient leurs primes augmenter, leurs franchises s’alourdir, voire leurs contrats se restreindre.

Face à ces évolutions, les assureurs réévaluent leurs portefeuilles de risques. Les activités jugées trop vulnérables ou insuffisamment adaptées deviennent progressivement non assurables dans des conditions économiquement viables. Cette situation crée un effet domino pour les entreprises concernées, qui se retrouvent confrontées à des obstacles d’investissement, de financement ou d’exploitation en l’absence de couverture assurantielle.

Une recomposition des modèles économiques et territoriaux

La montée des zones non assurables modifie les choix d’implantation et de développement des activités économiques. Les entreprises intègrent désormais la dimension assurantielle dans leurs stratégies d’adaptation, en relocalisant certaines activités, en renforçant leurs infrastructures ou en investissant dans des dispositifs de prévention. L’assurance ne joue plus seulement un rôle de compensation financière, mais devient un signal économique sur la soutenabilité des modèles face au climat.

Ce basculement pose également des enjeux de solidarité territoriale et sociale. Lorsque certaines activités ne peuvent plus être assurées, ce sont parfois des emplois, des filières et des territoires entiers qui se trouvent fragilisés. Les pouvoirs publics sont amenés à repenser les mécanismes de partage des risques, entre marché, régulation et intervention publique. À mesure que le changement climatique s’intensifie, la frontière entre ce qui est assurable et ce qui ne l’est plus devient un indicateur clé de la transformation en cours de l’économie.

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