Quand le Covid-19 signe le grand retour de la couture

Quand le Covid-19 signe le grand retour de la couture

D’après une enquête Hubside, la couture a inspiré de nombreux Français pendant le confinement. Un engouement qui ne fait que commencer, à en croire l’explosion des ventes de machines à coudre. De quoi donner lieu à une nouvelle façon de consommer, espèrent certains observateurs.

C’est une activité qui plaît « à tous les Français, même les 8-10 ans », s’enthousiasme Marie-Thérèse, employée dans la boutique de vente et de réparation de machines à coudre Nouvelle couture, à Quimper. « Tout de suite après le confinement, nos stocks ont été vidés en très peu de temps », fait-elle savoir.

L’exemple de Marie-Thérèse est loin d’être un cas isolé. Selon un sondage réalisé par le service de création de sites web Hubside, la couture fait partie des activités qui ont été les plus plébiscitées par les Français durant la crise du coronavirus. Près de 9 % des personnes interrogées disent avoir été inspirés par la couture durant le printemps confiné.

Un engouement qui perdure jusqu’à présent et qui pourrait bien trouver traverser l’hiver, tant la couture semble avoir trouvé une place de choix dans les loisirs des Français, y compris chez les plus jeunes. Dès que le gouvernement s’est mis à conseiller « vivement » le port du masque, puis à l’imposer à certains endroits, les tutoriels et autres modes d’emploi de confection se sont multipliés sur Internet.

Sur YouTube, certaines vidéos ont atteint jusqu’à quatre millions de vues en quelques semaines. Sur Instagram, la confection de masques artisanaux est devenue l’un des sujets les plus populaires. Sur Facebook, les groupes de couturiers bénévoles ont rivalisé avec ceux qui prétendaient profiter de la pénurie pour fixer des prix exorbitants.

Se confectionner une pièce unique

Les idées originales ne se sont pas fait attendre. Certains ont proposé des modes d’emploi pour fabriquer des masques à partir de serviettes en papier. D’autres ont voulu détourner de leur usage premier des bonnets de soutien-gorge ou de vieilles chaussettes.

Côté mode, la créativité était également au rendez-vous. Débutants ou chevronnés, les fabricants ont proposé d’assortir les masques aux vêtements, au maquillage… Des parents ont fabriqué des masques avec du tissu Batman ou la Reine des neiges pour leurs enfants, tandis que les plus audacieux mélangeaient les tissus en dentelle aux chapeaux de paille.

Très vite, les Français ont donné libre cours à leur passion en confectionnant leurs propres vêtements maison. « Pendant le confinement, les gens ont appris à consommer autrement. Au lieu d’aller faire les boutiques tous les samedis et claquer de l’argent pour des vêtements qu’ils vont porter seulement deux-trois mois, ils préfèrent s’offrir une pièce unique », croit savoir Catherine, vendeuse chez Fievée, une boutique auxerroise proposant des cours de couture.

Comment expliquer cet intérêt soudain pour une si vieille tradition ? Les réponses sont multiples. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour sur la plateforme Hubside, qui sert de vitrine à de nombreux couturiers et couturières passionnés, dont certains en ont même fait leur métier. C’est notamment le cas de Pascale, qui a quitté son métier d’iconographe dans la presse magazine pour lancer son atelier de création dans la mode pour enfant.

Explosion des ventes de machines à coudre

« C’est une passion, de créer. À la fin, on se retrouve avec des choses qu’on a réalisées soi-même. Quand on fait des vêtements pour les petits enfants, ils sont heureux », confie de son côté Patricia, qui tente d’expliquer le succès inattendu des cours proposés par Fievée depuis la rentrée. L’engouement pour la couture a conduit de nombreux Français à vouloir réparer leur vieille machine ou à s’en procurer une toute neuve. Si bien que les boutiques doivent faire face à une vague de demandes qu’elles n’ont jamais connue jusqu’à présent.

Une ferveur qui n’est pas pour leur déplaire, comme l’explique Laure Médinvilla, gérante d’une boutique de machine à coudre Singer à Toulouse : « Après le confinement, on pensait que la réouverture serait tranquille. Pas du tout ! ». Et de poursuivre : « Si cela pouvait changer nos façons de consommer, ce serait bien… ».