LVMH, entre tradition centenaire et exigences environnementales

LVMH, entre tradition centenaire et exigences environnementales

Moët & Chandon, Hennessy, Ruinart, Veuve Clicquot, Mercier, Krug… Les plus vieilles maisons de France du leader du luxe LVMH, ont beau avoir été fondées il y a plusieurs siècles, elles sont aujourd’hui à l’avant-garde de l’innovation technologique et des exigences environnementales.

C’est une petite révolution dans l’univers feutré du champagne. La société Moët Hennessy, appartenant à la maison mère LVMH, vient d’annoncer qu’elle arrêtera « fin 2020 » l’utilisation des herbicides dans tous ses vignobles de Champagne et, en 2021, dans ceux de la région de Cognac. L’information a été révélée par le PDG de la société, Philippe Schaus, à l’occasion du salon Wine Paris-Vinexpo, le 12 février.

« Fin 2020 en Champagne, nous allons complètement arrêter les herbicides, et nous allons construire un nouveau centre de recherche et développement d’une valeur de 20 millions d’euros », a déclaré le dirigeant à l’AFP. « Pour le cognac, nous arrêterons un an plus tard », a-t-il ajouté en expliquant que les herbicides seront remplacés par le désherbage mécanique grâce notamment à des tracteurs électriques et des robots.

“L’environnement n’intéressait alors pas grand monde”

LVMH, le numéro un mondial du luxe, est coutumier du fait. « Nous avions compris que le développement ne pouvait être que durable », aime à rappeler Bernard Arnault lorsqu’il évoque l’engagement environnemental précoce du groupe LVMH.

A l’issue du premier Sommet de la Terre, organisé à Rio de Janeiro en 1992, Sylvie Bénard proposait déjà la création de la Direction de l’environnement de LVMH. « L’environnement n’intéressait alors pas grand monde. Il ne s’agissait pas pour nous de suivre une mode », ajoute le patron du groupe, pas peu fier d’avoir immédiatement soutenu l’idée visionnaire de Mme Bénard.

Aujourd’hui, les problématiques sociétales et environnementales sont au coeur des préoccupations des entreprises qui doivent soigner leur image via une solide politique RSE. Les différentes marques du groupe LVMH, malgré leur ancienneté, deviennent pionnières en la matière.

Dans 150 ans, les meilleurs vins de France

« C’est une étape, pour la vingtaine de maisons du groupe, pour la plupart nées aux 18e et 19e siècles et qui portent le développement durable dans leurs gènes », a souligné M. Schaus. La branche vins et spiritueux du groupe LVMH réunit en effet 25 maisons parmi les plus célèbres et traditionnelles au monde, dont Moët & Chandon (fondée en 1743), Hennessy (1765), Veuve Clicquot (1772), Krug (1843), Mercier (1858) ou encore Ruinart, la plus ancienne, fondée en 1729. Vieilles de plusieurs siècles, leur histoire ne fait manifestement que commencer. « Notre objectif est de faire en sorte que dans 150 ans on fasse encore les meilleurs vins en France », lance Philippe Schaus.

Le fleuron de l’industrie française devrait avoir les moyens de ses ambitions. Le groupe LVMH a en effet annoncé des résultats record pour 2019. Le résultat opérationnel courant s’est établi à 11,5 Mrd€ (+ 15 %), pour un chiffre d’affaires de 53,67 Mrd€. Avec une hausse de 6 % de son chiffre d’affaires (en organique) et de son résultat opérationnel courant à respectivement 5,57 Mrd€ et 1,72 Mrd€, la contribution de la branche vins et spiritueux n’a pas été négligeable. La marge opérationnelle de la branche ressort à 31 %, soit près de dix points au-dessus de la marge opérationnelle du groupe (à 21,4 %).

Alors que le cognac Hennessy est en train de devenir « première marque mondiale de spiritueux premium » grâce à une croissance en volume de 6 %, la branche vins et spiritueux continue de donner le la en matière d’engagement écologique. Ainsi, Ruinart a présenté sur le salon Paris-Vinexpo un étui éco-conçu qui a demandé deux ans de recherche et développement.

Des innovations disruptives

L’écrin proposé par la maison LVMH n’utilise aucun plastique, mais uniquement du papier issu d’arbres provenant de forêts européennes éco-gérées. « Avec cet étui seconde peau, la maison Ruinart confirme son rôle pionnier en Champagne, et son ambition en termes de responsabilité sociale et environnementale. Ce projet disruptif incarne notre engagement pour un développement plus durable sur l’ensemble des étapes d’élaboration et de commercialisation de nos produits, depuis la conduite de la vigne jusqu’à l’expérience de consommation », a expliqué Frédéric Dufour, président de Ruinart.

LVMH s’appuie sur un comité scientifique et a signé un partenariat avec l’Unesco pour participer à son programme scientifique intergouvernemental « L’homme et la biosphère ». Via son programme LIFE (LVMH Initiatives for the Environment), le groupe s’est fixé quatre objectifs: l’objectif produits, soit l’amélioration de la performance environnementale de tous les produits du groupe, prenant en compte l’intégralité de leur cycle de vie. L’objectif filières, ces dernières devront être encore plus attentives à la traçabilité et à la conformité des matières premières utilisées. L’objectif CO2 avec comme objectif une réduction des émissions de 25 % d’ici la fin 2020, et l’objectif sites : réduire de 10 % au moins l’un des indicateurs tels que la consommation d’eau, celle d’énergie ou encore la production de déchets.