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Une étude annonce une « hécatombe de coraux » dans la Grande Barrière

C’est une véritable hécatombe de coraux dont se fait l’écho la revue scientifique Nature. Selon une étude publiée le jeudi 18 avril, les dégâts provoqués par la vague de chaleur 2016 sur la Grande barrière de corail auraient été jusqu’à présent sous-estimés. On estime en effet que le célèbre récif australien aurait perdu près de 30% de ses coraux lors de la vague de chaleur qui s’est abattue sur le pays entre mars et novembre 2016.

Le corail qui sert d’habitat à une vaste variété de créatures marines aurait donc été fortement touché par les deux épisodes caniculaires engendrés par le réchauffement climatique qui se traduit par une hausse globale des températures des océans. Les coraux à branches, qui servent d’abris aux poissons juvéniles, seraient les plus menacés alors que les coraux lisses, moins utiles à la biodiversité marine, résistent mieux à la variation des températures.

Ce sont dans les coraux de la partie septentrionale de la Grande Barrière qu’ont eu lieu les « décès catastrophiques » à mettre sur le compte de la période de blanchissement de 2016. « Ce dépérissement corallien a provoqué des changements radicaux dans la variété des espèces dans des centaines de récifs individuels, où des communautés récifales matures et diversifiées se transforment en systèmes plus dégradés, où seules quelques espèces endurantes survivent », explique le scientifique Andrew Baird.

Le blanchissement des coraux est un phénomène de dépérissement qui entraîne une décoloration de ces « superorganismes » marins. Concrètement, des facteurs comme la hausse des températures brisent la relation symbiotique qui unit coraux et algues : lorsque leur environnement est perturbé, les coraux expulsent les algues qui sont pourtant essentiels à leur énergie et leur couleur.

Les auteurs responsables de l’étude relayée par la revue Nature appellent donc à renforcer les mesures de protection des coraux survivants. Cette dernière population est estimée à environ un milliard d’individus. « C’est ceux-là qui vont réalimenter et ré-habiter des récifs altérés », estime Terry Hugues, co-auteur de l’étude et directeur du Centre d’excellence pour les études sur les récifs coralliens de l’Université James Cook.

Les efforts pour lutter contre le réchauffement climatique, et donc l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris, sont à ce titre plus important que jamais. « Nous avons eu quatre épisodes de blanchissement [1998, 2002, 2016 et 2017, ndlr] sur la Grande Barrière avec une hausse globale des températures de 1°C. Si nous continuons avec nos émissions comme si de rien n’était, je ne crois pas que la Barrière y survivra », déplore M. Hugues.

La Grande Barrière de Corail est un récif situé en Australie, au large des côtes de l’État du Queensland. Ce célèbre récif inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO mesure plus de 2.600 kilomètres de long, pour une superficie totale de 344.400 kilomètres carrés. Connu pour être visible depuis l’espace, ce récif est la plus grande structure créée par des organismes vivants du monde. Véritable joyau de la nature, la Grande Barrière est cependant menacée par les effets du réchauffement climatique, comme beaucoup d’écosystèmes tropicaux.

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