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Le grizzly retiré de la liste des espèces protégées : une fausse bonne idée ?

Situé dans le Nord-Ouest du Wyoming, aux États-Unis, le parc national de Yellowstone est le plus ancien parc national du monde. Et probablement un des plus emblématiques. Fréquenté chaque année par plus de 3 millions de visiteurs du monde entier, il est célèbre pour ses incroyables phénomènes géothermiques (geyser, sources d’eau chaude…) ainsi que pour la richesse de sa faune (ours noir, bisons, loups, coyotes, orignaux, cerfs…). C’est au cœur de cet écosystème, un des derniers relativement intacts des zones tempérées, que réside le grizzly. Si l’espèce a longtemps été considérée comme « en danger », sa population semble aujourd’hui avoir regagnée en vitalité. À tel point que le grizzly du Yellowstone et des régions avoisinantes vont être retirés de la liste des espèces en danger.

L’annonce a été faite fin juin par le secrétaire américain de l’intérieur et fait suite à une proposition de l’administration du président Barack Obama qui remonte à mars 2016. Conforté par l’avis positif émis par le Service américain de la pêche et de la faune sauvage (USFWS), le précédent résident de la Maison Blanche avait en effet décidé de faire retirer le grizzly de Yellowstone des espèces à protéger car en danger de disparition.

Il faut dire que la population de grizzly s’est particulièrement bien reconstituée au cours des 50 dernières années. En 1975, constatant qu’il ne reste que 136 individus au sein du parc Yellowstone, l’USFWS milite pour la mise en place de mesures de protection visant à reconstituer une base solide pour la population de cet emblématique ours brun. Aujourd’hui, on estime que plus de 700 grizzlys vivent dans le parc et dans les États voisins (Montana, Idaho…). Soit largement plus que l’objectif de 500 que s’était fixé l’USFWS.

« Cet accomplissement marque l’un des grands succès de conservation en Amérique, la culmination de décennies d’efforts importants et d’engagements des États, des tribus, du pouvoir fédéral et de partenaires privés », s’est félicité le ministre Ryan Zinke, originaire du Montana.

Les chasseurs et éleveurs de bétail de l’Ouest américain, ont salué la décision du secrétaire américain de l’intérieur. Ces groupes de pression étaient en effet mobilisés en faveur du retrait des mesures de protections fédérales envers le grizzly. Ils estiment notamment que l’augmentation de la population d’ours représente une menace pour les troupeaux et les animaux prisés pour la chasse (comme les élans ou les cerfs) mais également pour les humains.

Les organismes de protection de l’environnement ont en revanche dénoncé le retrait du grizzly de la liste des espèces menacées, estimant que cette décision ruine des décennies d’effort et de progrès. Malgré la reconstitution de sa population, le grizzly reste en effet vulnérable en raison de l’effet du réchauffement climatique (diminution de son habitat naturel, raréfaction de sa principale source de nourriture…).

De plus, l’organisation WildEarth Guardians estime que le nouveau statut du grizzly encouragerait les chasseurs de trophée à traquer les individus qui s’aventureront en dehors des limites administratives du parc national, là où ils ne seront plus protégés.

« La lutte pour le grizzly est lancée. Nous nous opposerons à toute tentative de retirer ces ours de la liste des espèces protégées », a notamment tweeté l’ONG Western Environmental Law Center.

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