Archive for the ‘Uncategorized’ Category

Réintroduction du lamantin : la Guadeloupe persiste

Vendredi, novembre 10th, 2017

Le lamantin est un mammifère aquatique herbivore, souvent qualifié de “vache des mers”, qui pèse entre 450 et 500 kilos. Il est considéré au niveau mondial comme une espèce en danger : l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) l’a d’ailleurs classé dans sa tristement célèbre liste rouge. Un programme tente depuis quelques années de le réintroduire dans les eaux de la Guadeloupe. Plusieurs échecs récents faisaient craindre un abandon de ce projet. Mais il n’en est rien : deux nouveaux spécimens venus du Mexique devraient succéder à Junior et Kaï.

“Le projet va être orienté sur des lamantins élevés en zoo mais qui sont nés en milieu naturel”, explique Maurice Anselme, directeur du Parc national de la Guadeloupe, confirmant ainsi l’existence de discussions avec le Mexique pour l’obtention de deux mâles et deux femelles.

Nés en captivité dans des bassins naturels, ces quatre lamantins pourraient bien se révéler plus “adaptables” aux eaux de la Guadeloupe que Junior et Kaï. Ces deux individus, qui sont nés et ont été élevés dans un bassin couvert du zoo de Singapour, ont été réintroduits dans la baie du Grand Cul-de-Sac Marin en 2016. Après le décès de Junior en novembre 2016, Kaï est tombé gravement malade en juillet dernier.

L’animal devait d’ailleurs participer à un programme de reproduction dans un bassin semi-ouvert mais “on n’arrive pas à tenir les délais de l’Europe sur le protocole initial”, déplore Maurice Anselme qui envisage éventuellement de renvoyer l’animal “soit dans un zoo européen, soit dans le zoo de Singapour”.

C’est la raison pour laquelle l’Union Européenne, qui finance le projet à hauteur de 3,5 millions d’euros jusqu’en 2020, a donné son accord à une réorientation du projet : l’objectif est désormais de réintroduire le lamantin, sans envisager pour l’instant sa reproduction.

Si les discussions avec le Mexique aboutissent, les lamantins devraient d’abord être placés dans un bassin de “pré-lâcher” : cet enclos naturel d’un hectare, délimité par des filets de sécurité, devrait permettre aux animaux de s’adapter aux conditions guadeloupéennes tout en étant facilement suivis par les vétérinaires du parc. Le partenariat n’étant pas éligible dans le cadre des financements européens, le Parc National de la Guadeloupe a lancé un appel au mécénat dans les médias locaux.

En attendant, Kaï ne pourra quitter la Guadeloupe que lorsqu’il sera en mesure de “supporter le voyage”.

Le grizzly retiré de la liste des espèces protégées : une fausse bonne idée ?

Vendredi, juillet 14th, 2017

Situé dans le Nord-Ouest du Wyoming, aux États-Unis, le parc national de Yellowstone est le plus ancien parc national du monde. Et probablement un des plus emblématiques. Fréquenté chaque année par plus de 3 millions de visiteurs du monde entier, il est célèbre pour ses incroyables phénomènes géothermiques (geyser, sources d’eau chaude…) ainsi que pour la richesse de sa faune (ours noir, bisons, loups, coyotes, orignaux, cerfs…). C’est au cœur de cet écosystème, un des derniers relativement intacts des zones tempérées, que réside le grizzly. Si l’espèce a longtemps été considérée comme “en danger”, sa population semble aujourd’hui avoir regagnée en vitalité. À tel point que le grizzly du Yellowstone et des régions avoisinantes vont être retirés de la liste des espèces en danger.

L’annonce a été faite fin juin par le secrétaire américain de l’intérieur et fait suite à une proposition de l’administration du président Barack Obama qui remonte à mars 2016. Conforté par l’avis positif émis par le Service américain de la pêche et de la faune sauvage (USFWS), le précédent résident de la Maison Blanche avait en effet décidé de faire retirer le grizzly de Yellowstone des espèces à protéger car en danger de disparition.

Il faut dire que la population de grizzly s’est particulièrement bien reconstituée au cours des 50 dernières années. En 1975, constatant qu’il ne reste que 136 individus au sein du parc Yellowstone, l’USFWS milite pour la mise en place de mesures de protection visant à reconstituer une base solide pour la population de cet emblématique ours brun. Aujourd’hui, on estime que plus de 700 grizzlys vivent dans le parc et dans les États voisins (Montana, Idaho…). Soit largement plus que l’objectif de 500 que s’était fixé l’USFWS.

“Cet accomplissement marque l’un des grands succès de conservation en Amérique, la culmination de décennies d’efforts importants et d’engagements des États, des tribus, du pouvoir fédéral et de partenaires privés”, s’est félicité le ministre Ryan Zinke, originaire du Montana.

Les chasseurs et éleveurs de bétail de l’Ouest américain, ont salué la décision du secrétaire américain de l’intérieur. Ces groupes de pression étaient en effet mobilisés en faveur du retrait des mesures de protections fédérales envers le grizzly. Ils estiment notamment que l’augmentation de la population d’ours représente une menace pour les troupeaux et les animaux prisés pour la chasse (comme les élans ou les cerfs) mais également pour les humains.

Les organismes de protection de l’environnement ont en revanche dénoncé le retrait du grizzly de la liste des espèces menacées, estimant que cette décision ruine des décennies d’effort et de progrès. Malgré la reconstitution de sa population, le grizzly reste en effet vulnérable en raison de l’effet du réchauffement climatique (diminution de son habitat naturel, raréfaction de sa principale source de nourriture…).

De plus, l’organisation WildEarth Guardians estime que le nouveau statut du grizzly encouragerait les chasseurs de trophée à traquer les individus qui s’aventureront en dehors des limites administratives du parc national, là où ils ne seront plus protégés.

“La lutte pour le grizzly est lancée. Nous nous opposerons à toute tentative de retirer ces ours de la liste des espèces protégées”, a notamment tweeté l’ONG Western Environmental Law Center.

États-Unis : le Parc national des Everglades en danger

Mercredi, mars 22nd, 2017

Le fragile écosystème des Everglades, Parc national américain situé au Sud de l’État de Floride, est gravement mis en péril en raison des effets du réchauffement climatique. Montée du niveau des océans, pollution des espaces côtiers, période de sécheresse et augmentation de la fréquence des tempêtes ont rendu encore plus urgente la nécessité de protéger le plus grand marécage des États-Unis.

Situé sur les comtés de Miami-Dade, Monroe et de Collier, le Parc national des Everglades renferme le plus vaste milieu naturel subtropical des États-Unis. Envahi par la mangrove, ce territoire vieux de 6.000 à 8.000 ans couvre tout le Sud de la Floride sur une longueur de 200 kilomètres et une largeur de 80 kilomètres. Il s’agit d’un espace sauvage qui renferme une faune très variée : le million de touristes qui visitent le parc chaque année peuvent en effet tomber à tout instant sur les nombreux crocodiles, alligators, ibis, pélicans, flamants, pumas, ratons laveurs, lynx ou encore lamantins qui y ont élu domicile.

Contrairement à de nombreux autres parcs nationaux américains, les Everglades ont été classés pour des raisons de protection d’un écosystème fragile plus que pour des impératifs géographiques. Le Parc national peut en effet être considéré comme un lent système mouvant de rivières alimentées par des cours d’eau comme le Kissimmee et le lac Okeechobee. Si la présence de l’homme dans la région date de plusieurs milliers d’années, le début de l’urbanisation et de l’agriculture date de la fin des années 1948. Depuis près de 70 ans, les écosystèmes des Everglades souffrent de l’impact négatif de l’activité humaine : leur restauration est ainsi devenue un des objectifs majeurs des politiques du sud de la Floride.

C’est au début des années 2000 que le Congrès des États-Unis lance un plan de restauration des Everglades baptisé Comprehensive Everglades Restoration Plan. L’objectif est de “préserver, restaurer et protéger l’écosystème sud-floridien tout en répondant aux besoins de la région relatifs à l’eau”. Il apparait cependant que depuis son lancement, ce chantier de réhabilitation n’a que peu progressé.

“Notre objectif était d’en avoir accompli la quasi-totalité en 20 ans. Nous sommes presque au bout de ces 20 ans et aucun projet n’a été achevé”, estime Steve Davis, spécialiste des zones humides à la Fondation Everglades. “Nous avons altéré l’écosystème dans les années 1940 et 1950 lorsque nous ne connaissions pas les risques. Aujourd’hui, nous devons le réparer”, précise Bob Johnson, hydrologue du Service des parcs nationaux.

Il s’avère en effet que l’activité humaine a petit à petit freiné l’écoulement de l’eau douce depuis le lac Okeechobee. Le phénomène a été amplifié ces dernières années en raison de la construction d’une digue protégeant les millions d’habitants venus s’installer dans cette région des ouragans, ainsi que par la culture de la canne à sucre qui assèche les marais.

“Si nous ne trouvons pas le moyen de stocker davantage d’eau, nous ne pourrons pas surmonter les problèmes qui vont surgir. Nous ne pourrons pas faire face à de longues périodes de sécheresse suivies d’abondantes pluies”, estime M. Johnson.

Des projets de loi prônant l’acquisition de 240 kilomètres carrés de terres au sud du lac Okeechobee (pour y construire un réservoir d’eau douce de 454 millions de litres d’eau) ont notamment été déposés auprès du Sénat et de la Chambre des représentants de Floride. La mesure se heurte cependant au scepticisme d’une dizaine d’industriels qui ne veulent pas vendre leurs terrains et remettent en doute les études scientifiques sur lesquelles s’appuie le projet.

Le niveau de consommation d’énergie de l’UE repasse sous le niveau de 1990

Jeudi, février 23rd, 2017

Serions-nous déjà en train de bénéficier des conséquences des transitions énergétiques lancées ces dernières années par les États membres de l’Union Européenne? C’est en tout cas ce que laissent penser les chiffres publiés lundi 20 février par l’Office de statistiques européen : en 2015 la consommation intérieure brute d’énergie de l’UE serait repassée sous son niveau de 1990.

Les statistiques d’Eurostat sont formelles : les volumes d’énergie consommés par les pays membres de l’UE en 2015 se sont élevés à 1.626 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep). Il s’agit d’une baisse globale de 11,6% par rapport au pic de consommation de 2006 et un volume en diminution de 2,5% par rapport à l’année 1990 (année de référence, prise en compte par la majorité des politiques énergétiques européennes).

Les bons élèves en termes de réduction de la consommation énergétique sont les pays baltes : en 2015, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie ont respectivement enregistrés des baisses de consommation de 57%, de 45% et de 37% par rapport à leurs niveaux de 1990. L’Irlande, l’Espagne et l’Autriche ont en revanche vu leur consommation intérieure augmenter respectivement de 38%, 35% et 33%.

“Bonne nouvelle: la consommation d’énergie sous les niveaux de 1990. Mauvaise nouvelle: la dépendance de l’UE aux importations de combustibles fossiles augmente”, a cependant contrasté Miguel Arias Canete, commissaire européen à l’Action pour le climat.

Car si la consommation intérieure brute d’énergie a baissé, la dépendance aux importations de combustibles fossiles polluants (charbon, pétrole, gaz naturel…) s’inscrit à la hausse. En 2015, trois tonnes de ressources fossiles étaient en moyenne importées pour une tonne produite. En 1990 ce ratio était de une pour une.

Les combustibles fossiles sont donc encore une source d’énergie majeure pour les pays de l’UE : ils représentaient, selon Eurostat, une part de 73% du mix européen en 2015. Soulignons cependant que cette part s’élevait à 83% en 1990.

Les pays les moins dépendants aux combustibles fossiles sont à l’heure actuelle le Danemark (4%), l’Estonie (17%), la Roumaine (25%) et la Pologne (32%). Le Royaume-Uni a en revanche vu sa dépendance augmenter de manière drastique en passant de 2% en 1990 à 43% en 2015. Eurostat souligne enfin les bonnes performances de 3 États membres qui sont tributaires pour moins de 50% de combustibles fossiles dans leur consommation d’énergie : la Suède (30%), la Finlande (46%) et la France (49%).

Dans le cadre de son engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique, l’UE s’est engagée à réduire sa consommation d’énergie de 20% d’ici l’horizon 2020. Il s’agit d’atteindre une consommation d’énergie primaire (volume énergétique potentiel contenu dans les combustibles) de 1.483 Mtep et une consommation finale (énergie consommée) de 1.086 Mtep.

2015, année record en termes de concentration de CO2 dans l’atmosphère

Jeudi, novembre 3rd, 2016

2015 a été une année record en termes de pollution atmosphérique. C’est ce qu’indiquent les chercheurs de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), une agence de l’ONU basée à Genève, dans leur bulletin annuel sur les gaz à effet de serre. Les quantités de dioxyde de carbone (CO2) présents dans l’atmosphère terrestre ont en effet augmenté l’année dernière. Pire la concentration de CO2 a dépassé toute l’année la barre symbolique de 400 parties par million (ppm).

“La barre des 400 ppm avait déjà été atteinte auparavant par le CO2, à certains endroits et durant certains mois de l’année, mais jamais encore à l’échelle du globe et pour une année entière”, explique l’OMM, en rappelant que le CO2 issu de la combustion des matières fossiles ou du déboisement est le principal responsable du réchauffement climatique.

L’OMM indique également que le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (NO2), deux autres gaz à effet de serre, ont également atteint des pics en 2015. Les concentrations de NO2 dans l’atmosphère représentent désormais 121% de leurs niveaux préindustriels.

“Le coup d’accélérateur dans la croissance du CO2 a été favorisé par l’épisode El Nino. Le phénomène a déclenché des sécheresses dans les régions tropicales et a réduit la capacité d’absorption du CO2 par les forêts et les océans”, expliquent les chercheurs en charge de la rédaction du bulletin de l’OMM.

Le secrétaire général de l’OMM estime que la lutte contre le CO2 est la seule et unique solution pour enrayer le réchauffement climatique. “Le monde bouge dans la mauvaise direction”, estime-t-il en insistant sur le manque de “volonté politique” des dirigeants des grandes puissances mondiales. La publication du bulletin de l’OMM intervient d’ailleurs à quelques semaines de l’ouverture des négociations de la COP22, qui se déroulera du 7 au 18 novembre à Marrakech, au Maroc.

La hausse de la teneur en CO2 de l’atmosphère est une tendance qui devrait se poursuivre cette année encore. Les concentrations en CO2 “demeureraient supérieures à 400 ppm pour toute l’année 2016 et ne redescendraient pas en-dessous de ce seuil pour les nombreuses générations à venir”.

“Avec la signature de l’Accord de Paris sur le climat, l’année 2015 a marqué l’avènement d’une nouvelle ère marquée au sceau de l’optimisme et de l’action pour le climat, mais elle fera aussi date dans la mesure où les concentrations records  de gaz à effet de serre annoncent une nouvelle réalité climatique”, estime M. Taalas.

Les espèces invasives listées par la Commission Européenne

Mercredi, août 17th, 2016

La Commission Européenne a publié pour la première fois une liste des 37 espèces considérées comme “invasives”. Ragondin, grenouille-taureau, tortue de Floride, écureuil gris, Frelon asiatique, jacinthe d’eau, baccharis halimifolia, élodée… L’objectif est d’éradiquer ou de mieux contrôler ces espèces qui provoquent des dégâts dans les écosystèmes européennes.

Les espèces exotiques considérées comme invasives sont les plantes et les animaux qui se sont développés en dehors de leur habitat d’origine. Soit de manière naturellement, soit parce qu’ils ont été transportés par l’homme. Selon les chiffres publiés par la Commission Européenne, entre 10 et 15% des 12.000 espèces qui sont arrivées en Europe peuvent être considérées comme nocives pour les écosystèmes du Vieux Continent.

“Nous agissons pour pallier un problème qui ne peut pas être ignoré, car cela nous coûte plus de 12 milliards d’euros par an”, a déclaré Karmenu Vella, commissaire européen à l’Environnement. La présence de ces espèces nocives se traduit en effet par des dépenses en soins de santé, des pertes en termes de récoltes ou de stockages, des dégâts sur les infrastructures…

Concrètement, les espèces animales et végétales listées par la Commission Européenne ne pourront plus être conservées, transportées, reproduites ou relâchées intentionnellement sur le territoire de l’Union Européenne. De plus, les États membres ont également l’obligation de prendre des mesures pour contrer la propagation de ces espèces animales ou végétales.

La Commission espère que la publication de cette première liste permette soit de prévenir le développement des espèces invasives, soit de favoriser leur détection pour freiner de nouvelles invasions. Il s’agit également d’encadrer de manières plus strictes les espèces installées sur le sol européen.

Concernant l’éradication des espèces listées, la décision finale appartient aux États membres. Une des alternatives prévues par la réglementation européenne est la capture des animaux afin de les loger dans des zoos jusqu’à la fin naturelle de leur existence. Du côté des particuliers, les possesseurs d’une espèce animale considérée comme invasive doivent attendre leur décès et ne pas favoriser leur reproduction. Les vendeurs disposent de deux ans pour écouler leurs stocks.

Sur les 37 espèces listées par la Commission, 27 sont présentes sur le territoire français.

Le photovoltaïque, avenir énergétique de Gaza ?

Mercredi, août 10th, 2016

Et si l’énergie solaire était la solution aux pénuries d’électricité qui frappent continuellement le territoire palestinien de Gaza? C’est en tout cas ce que pensent les autorités de cette bande de terre de 41 kilomètres, située sur la côte orientale de la mer Méditerranée. Face à un réseau électrique alimenté par une unique centrale électrique endommagée par les guerres, l’Autorité de l’énergie à Gaza compte miser de plus en plus sur le photovoltaïque.

Dans un territoire qui pâtit d’incessantes coupures d’électricité, en raison de ses moyens de production limités mais également du sévère blocus israélien, les Gazaouis placent beaucoup d’espoir dans l’énergie renouvelable. Un espoir d’autant plus légitime que cette région du Moyen-Orient est notamment caractérisée par son fort taux d’ensoleillement.

De fait, depuis quelques années, les toits se peuplent de panneaux solaires et les magasins dédiés à cette ressource énergétique émergent à la vitesse grand V. Un phénomène auquel a décidé de prendre part l’Autorité de l’énergie. “Des écoles, des hôpitaux et des institutions publiques ont été équipés en panneaux solaires et d’autres projets sont lancés pour tenter de résoudre, au moins en partie, la crise de l’électricité”, explique Raëd Abou al-Hajj, chargé du solaire au sein de l’Autorité de l’énergie à Gaza.

Après une période de ralentissement en raison des restrictions imposées par Israël, l’importation de panneaux solaires est aujourd’hui repartie de plus belle. 10.000 logements pourraient être équipés de panneaux photovoltaïques, précise d’ailleurs Raëd Abou al-Hajj.

“Tous les jours, l’électricité est coupée pendant des heures, il faut brancher des générateurs qui coûtent cher en carburant et qu’il faut souvent réparer pour garder les ampoules et les ventilateurs de l’élevage allumés 24 heures sur 24″, explique Nahed Abou Assi, éleveur de volailles qui envisage de se tourner vers l’énergie solaire.

Un choix déjà effectué par Daoud Tarazi, qui a équipé sa station-service et sa maison de cellule solaire. “Avec 12 heures d’électricité par jour, la nourriture pourrissait dans le réfrigérateur et les appareils électroménagers tombaient tout le temps en panne. Et ce n’était plus possible de travailler avec 18 heures de coupure d’électricité par jour”.

Désormais, son énergie ne lui coûte plus rien, alors qu’il dépensait auparavant 1.350 euros pour faire fonctionner ses générateurs. Et les coupures de courant ne sont plus qu’un mauvais souvenir “à Gaza, des jours sans soleil, il y en a seulement cinq ou six par an”.

Mohammed Atallah, entrepreneur et membre de la corporation des professions de l’énergie renouvelable, rappelle qu’au-delà de ses avantages économiques et environnementaux, l’énergie solaire est également “plus sûre”. Générateurs et bougies ont en effet été responsables de plus de 24 morts ces dernières années à Gaza.

Et si l’homme consomme toutes les matières fossiles?

Mercredi, juin 1st, 2016

Que se passera-t-il lorsque l’homme aura consommé toutes les réserves d’énergies fossiles actuellement à sa disposition? C’est à cette question que des scientifiques de la revue Nature Climate Change ont tenté de répondre dans une étude publiée le 23 mai dernier. Et le résultat n’est pas loin de ressembler à un des scénarios catastrophes dont les scénaristes hollywoodiens ont le secret.

Les énergies fossiles, qui se présentent sous la forme de pétrole, de gaz naturel ou de charbon, sont extraites du sous-sol terrestre par l’homme afin d’être utilisées comme combustible ou carburant. Ces sources d’énergies polluantes se sont formées au fil des siècles par la décomposition de matières végétales et organiques : les stocks ne sont donc pas illimités et mettent des siècles à se reformer.

Selon l’étude publiée par Nature Climate Change, la combustion de l’ensemble des réserves d’énergies fossiles connues pourrait entrainer une hausse des températures terrestres de près de 10°C. Il apparait en effet que la combustion des réserves connues de gaz, de pétrole et de charbon contribuerait à ajouter plus de 5.000 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, et notamment de dioxyde de carbone, dans l’atmosphère terrestre.

Ce qui pousserait le mercure à augmenter en moyenne de 9,5°C par rapport au niveau pré-industriel, dépassant ainsi de 5 fois la limite que s’est fixée la communauté internationale en décembre dernier, au moment de signer l’accord de Paris sur le climat.

Ce scénario catastrophe pourrait s’avérer être une réalité d’ici la fin du 22ème siècle si nos sociétés continuent de consommer les matières fossiles au rythme actuel. À ce moment là, nous aurons rejeter dans l’atmosphère 10 fois plus de gaz à effet de serre que ce que nous en avons émis depuis le début de l’industrialisation.

“Il est pertinent de savoir ce que se passera si nous n’agissons pas pour freiner le changement climatique”, estime Kasia Tokarska de l’université de Victoria, au Canada, auteure principale de cette étude.

L’avis des scientifiques diverge quant à la quantité de gaz à effet de serre à ne pas dépasser pour rester sous la barre des 2°C d’augmentation d’ici la fin du siècle. Pour les experts du Giec, l’hypothèse haute est située à hauteur de 2.000 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, alors que l’ONU place cette limite à 1.000 milliards). Une chose fait cependant l’unanimité : la hausse des températures impactera fortement la planète (sécheresse, canicule, hausse du niveau de la mer…).