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Yosemite Park : welcome to the cocktail California

Yosemite Park : welcome to the cocktail California
Le parc national de Yosemite, une apologie de la nature...

Gros plan sur le parc national de Yosemite, visité chaque par année par 2,5 millions de touristes, ce qui fait de lui l’un des sites naturels les plus appréciés des Etats-Unis. Il faut dire qu’un tel mélange de beautés vaut beaucoup plus que le coup d’oeil.

Bon d’accord, vadrouiller sur la côte ouest des Etats-Unis n’est pas à la portée de toutes les bourses. Et depuis un certain 11 septembre 2001, pour les plus « roots » d’entre nous, l’impérieuse nécessité de raser une barbe d’une semaine injustement cataloguée talibane se fait parfois sentir lors des contrôles à l’aéroport…

Ceux qui, toutefois, ont les moyens de traverser l’Atlantique seraient inspirés d’inscrire « Yosemite » sur leur feuille de route. Car la west coast ce n’est pas « que » les rues de San Francisco, les grattes-ciel de Los Angeles, les merveilleuses attractions du non moins merveilleux monde de Mickey, les studios d’Hollywood, les palmiers de Beverly Hills et le Grand Canyon.

La west coast, c’est aussi un florilège de contrées (un peu) moins connues, beaucoup plus dépaysantes et au moins autant appréciables. Parmi elles, le Yosemite, à l’est de la Californie, dans les montagnes du Nevada, classé parc national en 1890 et auquel il convient d’adresser un gros « big up ».

Au patrimoine mondial de l’humanité

Car comme aiment le dire les « djeuns », ce parc naturel de haute montagne envoie du lourd et procure à ceux qui ont eu la bonne idée de s’y attarder, moyennant la modique somme de vingt dollars par véhicule l’entrée pour sept jours, un sentiment d’apaisement qui, l’été, pour peu que la glacière soit à portée de pas, compense sans peine la sensation de chaleur (parce que souvent, dans la vallée de Yosemite, le soleil donne).

À cheval sur le comté de Mariposa et celui de Tuolumne, Yosemite Park s’étend sur 3079 km2, dont 94 % ont été classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1984. Il est également parcouru par quelque 2 500 kilomètres de cours d’eau, enjolivé par une centaine de lacs de cirque d’origine glaciaire et bonifié par des dizaines de cascades (dont quelques-unes dépassent les deux cents mètres de hauteur) qui font aussi de lui un superbe spécimen de mastodonte aquatique.

Les touristes, qui ont le choix entre dix-huit campings, ne peuvent visiter que 36 km2 du parc, soit à peine plus d’1% de sa superficie totale. Une proportion que d’aucuns trouveraient regrettable mais qui est cependant amplement suffisante pour se faire une idée de sa beauté et s’en imprégner. Ladite surface, traversée par la parfois débordante Merced River, à 1 220 mètres d’altitude, est entre autres peuplée de séquoias, dont un – miracle de la nature – frappé naguère par la foudre qui a ouvert un passage dans le tronc que traversent allègrement les voitures, fussent-elles Fiat Uno ou grosse Cadillac fraîchement sortie des 60’s.

Elle offre aussi une vue sur les montagnes de granit de la Sierra Nevada (aux caractéristiques géologiques difficiles à vulgariser mais quoi qu’il en soit uniques au monde), notamment sur son point culminant, le mont Lyell (3997 mètres), sur le Mont Clark (3 780 mètres), le Petit Peak (3 539 mètres) et son faux jumeau le Price Peak (3 515 mètres).

En matière de populations, les Amérindiens Miwoks et Païutes tenaient le haut du pavé il y a quatre mille ans. Leur quiétude a été perturbée à partir de 1848 et la découverte d’or en Californie. Sous l’impulsion des Amérindiens, une guerre a éclaté trois ans plus tard. Elle s’est soldée par la victoire des aventuriers, lesquels ont parqué les irrévérencieux sédentaires à Fresno, en Californie, avant que ceux-ci ne reviennent dans la vallée de Yosemite. Les touristes sont arrivés quelques années plus tard, et le premier hôtel a vu le jour dès 1856. Dans le dernier quart du XIXe siècle, les arbres ont commencé à être coupés et l’élevage a été introduit dans les prairies. Pour la petite histoire, une chapelle, qui aux dernières nouvelles se porte bien, a même été construite en 1879.

Un environnement menacé

Gigantesque et décidément merveilleuse réserve naturelle, Yosemite Park abrite une faune et une flore hétéroclites qui évoluent en fonction de l’altitude. Quelque 80 espèces de mammifères, dont trente-neuf de rongeurs et dix-sept de chauve-souris (!) vivent dans les 3 000 km2 de la réserve. Des castors de montagne aux cerfs en passant par les marmottes et les ours noirs (figures emblématiques du parc), il y en a pour presque tous les goûts. Attention toutefois à ces derniers, jadis nourris par les hommes – ce qui est aujourd’hui chaudement déconseillé – et qui aujourd’hui ont une fâcheuse tendance à manifester leur présence en tapant sur les vitres des voitures. Une batterie de panneaux annonce la couleur, judicieuse initiative qui, néanmoins, n’atténue pas forcément l’effet de surprise.

Les principaux prédateurs du parc que sont le renard gris, le lynx roux, le coyote et le puma, sont eux plus difficiles à croiser, ce qui ne sera pas pour déplaire aux visiteurs les plus prudents. On trouve aussi 135 espèces d’oiseaux, dont l’énigmatique grand duc d’Amérique et l’étincelant faucon pèlerin, douze espèces d’amphibiens et vingt-deux espèces de reptiles.

Seuls les poissons, malgré les nombreuses étendues d’eau, n’ont pas survécu aux conditions climatiques. Les périodes de glaciation ayant été pour eux « éliminatoires », la plupart ont été introduits par l’homme mais ne subsistent aujourd’hui que quelques truites farios et saumons de fontaine. Reste qu’il faut vraiment le faire exprès pour ne pas croiser quelques-uns des membres du gotha visuel du monde animal.

Avec 1 280 kilomètres de sentiers et une ribambelle d’étangs, Yosemite Park a de quoi satisfaire les randonneurs, les cyclistes et les pêcheurs. Les amateurs d’équidés, eux, ont la possibilité de faire des balades à cheval. Quant aux sportifs, ils peuvent pratiquer le ski de fond l’hiver, l’alpinisme, le rafting et le canyoning. Enfin, parce que définitivement toute cette affaire est rondement menée, un village propose une batterie de services (poste, supermarché, douches, distributeurs de billets).

Le tableau serait plus formidable encore si certaines espèces n’étaient pas menacées, si la vallée de Yosemite n’était pas surplombée par un nuage de pollution atmosphérique l’été – l’interdiction de la circulation automobile est cependant une solution que la région du Pacifique ouest, propriétaire du parc national, n’a pas formellement écartée – et si le réchauffement climatique ne concourait pas, là-bas comme ailleurs, à la fonte des glaciers. Confronté à l’insupportable rengaine des incendies chaque été, Yosemite a aussi été fermé six semaines en 1997 en raison d’inondations catastrophiques.

Aussi les autorités californiennes n’excluent-elles pas de fermer le parc et d’en faire officiellement ce qu’il est déjà : un sanctuaire naturel. Si jamais, d’aventure, ceux qui peuvent le faire sont invités à en profiter.

Crédit photo 2 : Flickr - kdinuraj
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  • daniel d

    Cet article au titre magnifique sent le vécu, je ne me trompe pas ???