Réduire la pollution dans 9 grandes villes françaises permettrait d’économiser 5 milliards d’euros par an.
Selon l’Institut de veille Sanitaire (InVS), la diminution de la pollution atmosphérique dans neuf grandes agglomérations françaises ferait économiser pas moins de 5 milliards d’euros par an, tout en rallongeant l’espérance de vie et en sauvant 3 000 vies. Le constat éloquent dressé dans les villes de Bordeaux (Gironde), Le Havre (Seine-Maritime), Lille (Nord), Lyon (Rhône), Marseille (Bouches-du-Rhône), Paris, Rouen (Seine-Maritime), Strasbourg (Bas-Rhin) et Toulouse (Haute-Garonne), qui comptent plus de 12 millions d’habitants, fait froid dans le dos.
Les municipalités précitées ont participé au projet européen Aphekom, qui évalue l’impact sanitaire et économique de la pollution atmosphérique dans les zones urbaines et dont les conclusions ont été révélées en mars 2011. Après avoir réétudié les niveaux de particules et d’ozone, largement supérieurs aux seuils recommandés par l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), l’InVS a pu détailler l’impact de la pollution en termes d’hospitalisation et de coût économique.
Un énième constat accablant pour les émissions de gaz à effet de serre
Les résultats de l’analyse des particules fines en l’absence de pics de pollution laissent pantois. L’espérance de vie des personnes âgées de 30 ans pourrait en effet augmenter de 3,6 à 7,5 mois selon la ville. 360 hospitalisations liées à des problèmes cardiaques et plus de 630 hospitalisations respiratoires pourraient en outre être évitées chaque année en réduisant les émissions de particules fines.
L’Europe travaille actuellement sur une révision des directives continentales relatives à la qualité de l’air. Une nécessité absolue puisque l’étude, qui s’étalait sur la période 2004- 2006, a relevé que les pics d’ozone ont dépassé entre 81 et 307 fois les normes en vigueur selon les villes. Au-delà de la portée écologique d’un réajustement qui pourrait servir grandement la lutte contre le réchauffement climatique, ce que l’on pourrait assimiler à une « peste noire » moderne est devenu une véritable plaie sanitaire dans l’Hexagone. Et pendant ce temps-là, les « zones d’actions prioritaire pour l’air » (ZAPA) se font toujours attendre…
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