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A travers des clichés saisissants, Mandy Barker tente d’alerter le public sur la pollution marine. Actuellement présentée à Londres (Grande-Bretagne), l’exposition SOUP apporte un éclairage artistique mais non moins préoccupant sur les dommages environnementaux perpétrés par les particules plastiques.
On le sait, les matières plastiques sont présentes dans tous les océans. Selon l’organisation Oceaneye, elles constituent de surcroît 90% de leurs déchets inorganiques, soit 100 millions de tonnes de rebuts. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) estime quant à lui que 6,5 millions de tonnes supplémentaires de plastiques y sont déversées chaque année. Par ailleurs, la densité de ces détritus peut atteindre jusqu’à six fois celle du plancton, et certaines espèces marines les confondent même avec de la nourriture, ce qui peut leur être fatal.

Par son travail, la photographe Mandy Barker souhaite alerter sur ce désastre écologique, « en stimulant une réponse émotionnelle du visiteur qui combine la contradiction entre l’attraction de l’esthétique au premier regard et la prise de conscience écologique au second ». Depuis deux ans, elle met en scène des débris plastiques retrouvés sur des plages du monde entier. Mme Barker fait aussi régulièrement référence au Garbage Patch, cet immense « continent de déchets » qui dérive dans le nord du Pacifique et a été découvert par Charles Moore à la fin des années 1990. Parfois surnommé « la soupe plastique », il a donné son nom à l’exposition.

« Le plastique ne se décompose jamais, mais se dégrade en petits fragments ayant une influence néfaste sur la vie marine et a fortiori sur la nôtre », a rappelé la photographe – qui s’est lancée dans ce projet après avoir vu un cliché d’une carcasse d’albatros pleine de débris plastiques – au site London Photography. Les légendes de ses photos, elles, dévoilent les « ingrédients » plastiques qui ont été nécessaires à leur mise en scène. Quant au fond noir des clichés, il évoque « une mer profonde, présentant les objets émergeant comme des créatures vues du dessous alors que dans le même temps, ils servent de métaphore aux profondeurs inconnues de ce vaste problème mondial qu’est la pollution ». Mme Barker souhaite créer une véritable « histoire » de ces déchets, depuis leur provenance jusqu’à leur arrivée sur les plages, et illustrer « les statistiques perturbantes de ces plastiques dispersés qui n’ont aucune frontière ».
« Des prix et mes expositions ont permis à mon travail d’être vu par une large audience dans le monde. Cela m’a permis de poursuivre mon but, provoquer une conscience écologique au travers d’interprétation visuelle », se réjouit la photographe. Qui, toutefois, combattra des moulins à vent si les pouvoirs publics s’obstinent à ne pas prendre la mesure du problème…

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