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« Sortir du cliché amis des poissons contre amis des pêcheurs ». Constituant 80% de la flotte totale, les pêcheurs artisanaux de France ont décidé de s’unir pour défendre leurs droits, à Paris et à Bruxelles, aux côtés de Greenpeace et du WWF. Les deux camps sont conscients de ce que peut être une pêche durable et comptent bien se faire entendre.
Le président du Syndicat des petits métiers du Languedoc-Roussillon Frédéric Reste, le patron pêcheur du Nahikari de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) Anne-Marie Vergez et la présidente de l‘Association des ligneurs de la Pointe de Bretagne Gwen Pennarun se sont rencontrés hier à Paris pour signer une Déclaration de la petite pêche artisanale française. Afin de faire entendre sa voix, le secteur de la pêche artisanale s’est accordé avec Greenpeace et le WWF.
Un rapprochement motivé par son absence de toutes les instances décisionnaires, comme l’a rappelé MmeMarie Vergez .

L’alliance de la pêche et des ONG pour un développement durable
Les pêcheurs artisanaux sont bien placés pour parler de surpêche, qui n’épargne aucune mer ni aucun océan et menace déjà gravement certaines espèces, certaines devenues emblématiques comme le thon rouge, en particulier en Méditerranée et dans l’Atlantique Nord. Ils sont par ailleurs conscients de ce que peut être une pêche artisanale durable.
Avec ses collègues de l’Association des ligneurs de la Pointe de Bretagne et du Syndicat des petits métiers du Languedoc-Roussillon, Mme Verguez a présenté une déclaration commune des petits métiers de la pêche « attachés à la protection de l’environnement marin, condition nécessaire à la continuité de notre activité ». En pleine négociation de la difficile, mais nécessaire réforme de la Politique commune de pêche (PCP) à Bruxelles, les pêcheurs artisanaux ont en outre souligné qu’ils pratiquent depuis déjà longtemps une pêche durable, contrairement aux grands chalutiers, dont les filets provoquent d’importants dommages collatéraux sur la biodiversité .
C’est la PCP européenne telle qu’elle est aujourd’hui qui ne s’inscrit pas dans la même logique environnementale. Et pour cause : elle a avant tout été instaurée pour faciliter la gestion et l’organisation des pêcheries industrielles. Les petits pêcheurs souhaitent à travers sa refonte « mettre fin à la course aux poissons », mais sans concessions de pêche transférables. Selon Greenpeace, ce système ne ferait en effet que réguler la capacité de pêche par le marché et réserver d’un autre côté les droits de pêche à quelques grands armateurs. La finalité serait plutôt de se baser sur des critères environnementaux, sociaux et territoriaux pour déterminer les ressources disponibles. Partagé par les associations de protection de la nature, leur avis sera-t-il enfin pris en compte ?

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