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Une grande partie des sites français protégés par Natura 2000 seraient dégradés ou menacés

Une grande partie des sites français protégés par Natura 2000 seraient dégradés ou menacés
53,2%, des zones spéciales de conservation et des zones de protection spéciale seraient menacées de dégradations…

Un huitième du territoire terrestre français est actuellement couvert par le réseau écologique européen Natura 2000. L’Hexagone compte très exactement 384 Zones de protection spéciale (ZPS, dévolues aux oiseaux) et 1 369 Zones spéciales de conservation (ZSC, qui concernent les habitats naturels et les autres espèces animales). Une enquête de France Nature Environnement (FNE) a néanmoins révélé que 34,1% de ces ZPS et 19,1% des ZSC sont actuellement dégradées ou menacées par des projets d’infrastructures néfastes.

FNE, fédération qui regroupe 3 000 associations de préservation de l’environnement, a recensé plusieurs éléments et actions de nature à mettre en péril le principe de protection des sites : des évènements accidentels ou malveillants (incendies, braconnage, dragage en mer, manœuvres militaires etc.), certaines pratiques agricoles (à travers l’utilisation de pesticides notamment), les conséquences écologiques de plusieurs « loisirs » comme la chasse ou des sports dits « de nature », le développement urbain, la création d’infrastructures de transports ou encore une mauvaise gestion de l’eau.

L’impact néfaste de ces activités humaines serait particulièrement prononcé en Aquitaine, dans le Languedoc-Roussillon et en Provence-Alpes-Côtes-d’Azur (PACA). Les altérations concerneraient néanmoins tout le pays, y compris son domaine marin. FNE a par ailleurs dressé une liste des espèces menacées par ces dégradations : le vison d’Europe, l’outarde canepetière (une espèce d’oiseau unique, en voie d’extinction mais que l’on trouve encore dans le sud de la France et en Espagne) ainsi que des espèces rares de plantes comme la violette de Rouen (Seine-Maritime), qui pourrait ne pas survivre à deux projets de construction routiers.

De mauvaises évaluations des impacts écologiques

La fédération n’en est pas à sa première enquête sur les sites protégés par Natura 2000. « On avait déjà alerté lors de nos précédentes évaluations sur un certain nombre de dégradations et on espérait que ces constats serviraient d’électrochocs, mais malheureusement la tendance se maintient », a ainsi déploré Benoît Hartmann, porte-parole de FNE, alors que 40% des ZSC et 57% des ZPS ayant fait l’objet de rapports en 2004 et 2006 sont aujourd’hui encore concernées par des dégradations.

Selon le groupement, le problème vient principalement du fait que la procédure d’évaluation d’incidences n’est pas toujours appliquée de façon rigoureuse. Il a en effet pu constater des absences d’évaluation d’incidences dans le cadre de certains projets, de mauvaises identifications des enjeux sur quelques évaluations, des absences d’études de solutions alternatives ou encore des non-respects des cahiers des charges durant les travaux.

Face à ces lacunes, FNE demande aux pouvoirs publics de revoir les études quant à l’impact environnemental des projets d’infrastructures en cours ou déjà concrétisés, étant entendu que la violation des directives du réseau est passible d’amendes.  La France a d’ailleurs été condamnée par la Cour européenne de Justice le mois dernier pour ne pas avoir pris les mesures nécessaires à la protection du grand hamster d’Alsace. Le rapport de FNE, lui, est un nouvel avertissement. En attendant peut-être, si les choses restent en l’état, des sanctions plus sévères des autorités européennes.

Crédits photos : flickr – didier.bier / laurent.breillat
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  • gaga

    Bravo, si mtn même les espaces protégés arrivent à être dégradés, on ne s’en sortira jamais !