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Une entreprise de Brest se lance dans le recyclage et la revalorisation des mégots

Mes mégots de cigarette sont un des fléaux de notre époque. On estime en effet que ce ne sont pas moins de 137.000 mégots qui se retrouvent dans la nature chaque seconde au niveau mondial. En plus d’un temps de décomposition particulièrement long (il faut en moyenne 12 ans pour qu’un mégot se dégrade complètement), les mégots contiennent des substances chimiques véritablement toxiques pour l’environnement. Les filtres usagés sont donc une plaie pour la santé de notre planète mais également pour les budgets des municipalités.

Une entreprise française basée dans le Finistère a décidé de s’attaquer à ce problème : elle a mis au point un processus permettant de débarrasser les mégots de la quasi-totalité (entre 90 et 100%) de leurs 4.000 substances chimiques, avant de les recycler afin de leur trouver une utilité moins nocive pour l’environnement dans leur seconde vie.

“Nous sommes la seule entreprise en France à recycler des mégots de cigarettes”, se félicite Bastien Lucas, créateur de l’entreprise MéGo qui a revalorisé plus de 9,5 millions de filtres (4 tonnes de mégots) depuis sa création il y a deux ans.

Les mégots sont dans un premier temps broyés afin que soient séparés les résidus de cendre, le tabac et le papier des filtres. Le processus MéGo se concentre ensuite sur ces derniers : ils traversent dans un second temps plusieurs bains en circuit fermé afin d’être lavés, séchés, broyés puis réassemblés par thermocompressage. Les plaques d’acétate de cellulose obtenues sont ensuite utilisées par l’entreprise pour fabriquer du mobilier urbain comme des bancs.

“Si votre matériau est abimé, si quelqu’un a gravé, s’est acharné dessus, on n’a plus qu’à le broyer à nouveau, pour pouvoir à nouveau le thermocompresser et créer une nouvelle plaque”, explique Estelle Chabard, une étudiante en ingénierie des matériaux actuellement en stage dans les locaux de MéGo.

Grâce à un partenariat développé avec les villes de Paris, Castres, Nantes, Grenoble ou encore Plougonvelin (dans le Finistère), MéGo collecte ses mégots aux quatre coins de France mais également en Belgique. Au niveau local, l’initiative a non seulement permis de débuter un travail pour changer les mentalités mais contribue également à nettoyer les rues.

“On avait énormément de mégots par terre et notamment sur la plage. Je ne vais pas vous dire que c’est parfait mais c’est nettement mieux et je pense que dans la tête des gens, ça y est, on commence à réfléchir”, reconnait Christine Calvez, adjointe au développement durable de la commune, qui verse 220 euros à MéGo chaque trimestre pour la collecte des déchets de ses cendriers.

Dans un rapport publié en 2017, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que les mégots représentent entre 30 et 40% de la totalité des déchets collectés annuellement le long des littoraux et dans les zones urbaines. En plus d’être responsable de la mort de 7 millions de personnes chaque année dans le monde, le tabac est donc également devenu une source de pollution majeure.

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